Alimentation

12 octobre 2018 08:37; Act: 12.10.2018 08:53 Print

Meilleur choix dans la date pour réduire le gaspillage

Les industriels sont invités à clarifier les dates de péremption. La pratique permettrait d'éviter 20% du gaspillage alimentaire.

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Une pétition intitulée #ChangeTaDate a été lancée à destination des industriels et distributeurs pour qu'ils clarifient leurs dates de péremption. (Photo: DR/ Twitter)

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Les dates de péremption, mises en place pour prévenir tout risque sanitaire, suscitent la confusion chez certains consommateurs au point de contribuer à 20% du gaspillage dans les foyers, et certains appellent à les réformer.

«A consommer de préférence avant» (date de durabilité minimale, DDM), «à consommer jusqu'au» (date limite de consommation, DLC): ces formulations ne sont-elles pas dépassées, s'interroge Rose Boursier-Wyler, de l'application mobile «Too Good To Go»?

Cette appli anti-gaspillage, qui vise à «sauver» à prix réduit des repas qui seraient sinon jetés à la poubelle, a décidé de s'attaquer au problème de la «crédibilité» et de la «légitimité» de ces mentions, règlementées au niveau européen.

Une pétition, intitulée #ChangeTaDate, vient d'être lancée à destination des industriels et des distributeurs pour «qu'ils clarifient leurs dates de péremption», explique sa fondatrice, Lucie Basch.

Alors que la France célèbrera mardi la 5e journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire, «Too Good to Go» organisait jeudi à Paris une table-ronde avec différents acteurs de la chaîne alimentaire.

Avec pour objectif d'écrire une «feuille de route» pour le gouvernement qui doit, dans le cadre de la loi Alimentation votée dernièrement, publier un rapport dans un an sur l'harmonisation de ces dates.

Dans les années 1950-1960, les intoxications alimentaires font encore des milliers de morts en France: dès que le pays «retrouve son autosuffisance alimentaire», explique Jean-Charles Catteau, consultant indépendant, l'Etat décide de réglementer. Malgré la levée de boucliers des industriels de l'agro-alimentaire, les dates de péremption sont appliquées en 1984... et parfois apposées sur des produits non-périssables!

- consommateur «conditionné» -

Mais «le consommateur est tellement conditionné par ces dates» qu'il finit par être «piégé» et ne fait plus appel au bon sens pour savoir si un produit est périmé ou pas, estime M. Catteau, pour qui il faut «les repenser».

Un avis rendu par la Commission européenne en 2011 avait évalué à 20% le gaspillage alimentaire des foyers dû à une mauvaise compréhension de ces dates. Concrètement, comment sont-elles définies?

«Dans nos laboratoires, nous faisons des tests de vieillissement accéléré pour voir comment le produit se comporte», explique Claire Meunier, de chez Coca-Cola, en tenant compte de trois critères: la dimension sanitaire (absence de bactéries), la qualité (le goût) et les propriétés intrinsèques (vitamines, minéraux). Mais «pourquoi certains produits sont-ils en DDM et d'autres en DLC? Pourquoi, quand on mange un yaourt après la date, n'est-on pas malade?», interroge Anne Legentil, pour l'association Familles rurales.

Loin d'être supprimées, ces dates doivent apporter «une véritable information» aux consommateurs, dit-elle. D'où l'idée de les simplifier et d'utiliser la traduction de l'anglais «best before» («meilleur avant»), comme le préconise également Carrefour qui, dès 2014, a modifié ou supprimé les dates de consommation de 500 de ses produits à marque propre (MDD).

- «recréer de la valeur» -

Par exemple, «on a allongé la DLC de cinq à dix jours sur certains produits frais ou d'épicerie, tel le yaourt qui est passé de 23 à 30 jours, et enlevé la DDM sur d'autres», comme le vinaigre, le sel ou le sucre, explique Bertrand Swiderski, directeur RSE du groupe.

Et qu'on ne dise pas à ce cadre dans la distribution que l'allongement des dates de péremption réduit «la rotation des produits»: «c'est un faux problème», réplique-t-il. «Allonger les dates de péremption, c'est lutter contre le gaspillage, c'est recréer de la valeur tout au long de la chaîne alimentaire», estime-t-il.

Autre piste de réflexion: que faire d'un aliment une fois ouvert? «Qui se souvient de quand il a ouvert son pot de sauce tomate avant de le mettre au frigo?», lance Mme Legentil, qui milite pour que les industriels «laissent un espace sur l'étiquette pour que le consommateur y écrive» la date d'ouverture du produit.

Mais «ceci a un coût d'amortissement qui se répercutera forcément à un moment ou un autre dans la chaîne alimentaire», souligne M. Catteau. De toutes les façons, conclut Mme Legentil, «ce combat ne se fera qu'au niveau des citoyens».

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • cAlebute le 12.10.2018 10:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    miaou

    Excellente contrepèterie.

  • constate que le 12.10.2018 09:54 Report dénoncer ce commentaire

    la majorité des gens me désole

    quand tu vois certaines personnes balancer un yogourt un jour après la date de péremption, alors qu'en fait, on peut le manger en tout cas jusqu'à 2 semaines après la-dite date... en fait, tant que le couvercle n'a pas gonflé ou que le yogourt n'a pas viré "acide", il est consommable.... et c'est même foutrement bon pour votre flore intestinale. si vous tombez malade (gastro) c'est que votre pauvre corps est trop "aseptisé" par la merde que vous mangez habituellement (merci l'industrie agroalimentaire!)

  • Abby le 12.10.2018 11:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bon sens

    Jai pas besoin dune date imprimée sur un emballage pour savoir si le contenu est encore bon ou pas! Il suffit de regarder, sentir et dans le doute de goûter .... la ou ça frise le ridicule cest sur les denrées comme le sucre, riz pâtes !

Les derniers commentaires

  • chris wegi jr le 12.10.2018 14:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    y a tellement de marge...

    ça fait 7 ans que je bosse en grande surface ça fait 7 ans que je mange du peri data presque tout les jours, et je suis en bien meilleur santé que ceux qui se nourissent de plats industriels.... mais avec une date valable!

  • Elena le 12.10.2018 11:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Clap clap clap

    Bravo cest placé ;)

  • James le 12.10.2018 11:42 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    data

    Parfois nos yaourts dépassent la date de péremption et alors ? Pas dintox.Certains dentre nous exagèrent.Bref...

  • Paul Ussion le 12.10.2018 11:34 Report dénoncer ce commentaire

    Qui fixe les durées de conservation ?

    Il ne faut pas accuser les producteurs ou les distributeurs avec certaines de ces dates absolument folkloriques et débiles. En Suisse c'est l'oeuvre de fonctionnaires qui éditent des directives de durée de conservation des aliments, directives largement approuvées par des politiques ! Il faut donc s'attaquer aux vrais responsables !

  • Jérôme Bolomey le 12.10.2018 11:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bon sens ?

    Est-ce que le bon sens a également une date de péremption ? Toujours vouloir trouver un coupable: que les consommateurs prennent et assument leur responsabilité !!!!!