Pays-Bas

15 mars 2017 05:41; Act: 16.03.2017 03:26 Print

Geert Wilders est-il le «Trump néerlandais»?

Le Parti pour la liberté du député populiste a échoué mercredi à battre les libéraux du Premier ministre Mark Rutte.

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Au parlement depuis près de 20 ans, Geert Wilders, qui réfute l'étiquette extrême droite, est une épine dans le pied de ce qu'il appelle «l'élite» politique. (Mardi 14 mars 2017) (Photo: AFP)

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Souvent comparé à Donald Trump, le député néerlandais anti-islam Geert Wilders, dont le «Parti pour la liberté» a longtemps dominé les sondages, a échoué mercredi à battre les libéraux du Premier ministre Mark Rutte.

Après avoir été crédité de 36 sièges, Geert Wilders a remporté 19 sièges aux législatives néerlandaises, selon les sondages à la sortie des urnes. Ce score ne lui permet pas de conquérir le pouvoir comme l'a fait, il y a quatre mois, Donald Trump auquel il est souvent comparé.

Si les deux hommes partagent la même blondeur ébouriffée, le même amour de Twitter et la même rhétorique xénophobe, les différences entre les deux restent nombreuses. Au parlement depuis près de 20 ans, Geert Wilders, qui réfute l'étiquette extrême droite, est une épine dans le pied de ce qu'il appelle «l'élite» politique.

Prêt à participer à une coalition

Jeudi, il s'est dit prêt à participer à une coalition gouvernementale, bien que l'ensemble des autres partis aient exclu une telle collaboration, se positionnant déjà en vue des longues négociations qui vont débuter. Il avait remporté en 2010 sa plus grande victoire depuis sa création quatre ans plus tôt, avec 24 sièges.

Geert Wilders entend rester une voix difficile à ignorer, lui qui est parvenu à «politiser (...) des choses qui ont longtemps été assez taboues aux Pays-Bas, parler de liberté de religion et des droits des réfugiés», analyse l'experte Monika Sie.

A 53 ans, l'élu peroxydé se considère en effet en croisade contre «l'islamisation» des Pays-Bas et compare le Coran à «Mein Kampf» d'Adolf Hitler. «Je ne dis pas que tous les musulmans sont mauvais ou sont des terroristes, cela serait ridicule», a-t-il affirmé récemment à l'AFP. «Mais je crois que dans tous les pays où l'islam est la religion dominante, on peut observer un manque de liberté, de démocratie, d'Etat de droit...»

Fasciné par la politique

Dans son programme politique, qui tient sur une page A4, il promet d'interdire l'accès du pays aux immigrés musulmans et de fermer les mosquées. Et il a saisi l'opportunité de la crise diplomatique qui a éclaté le week-end dernier avec Ankara pour appeler à nouveau à fermer les frontières.

Ses propos virulents lui ont façonné une renommée internationale, jusqu'aux listes noires d'Al-Qaïda - il vit sous protection policière permanente.

Passé maître dans l'art d'utiliser les médias en les accusant de partialité, adoré ou détesté, il divise un pays qui se targue d'une longue tradition de tolérance multiculturelle. Né en 1963 à Venlo (sud-est), il grandit dans une famille catholique, entouré d'un frère et deux soeurs.

C'est dans les années 1980 qu'il s'intéresse à la politique, a récemment rapporté son frère Paul au magazine allemand Der Spiegel: «il n'était pas vraiment de gauche ou de droite, ni xénophobe (...) Mais il était fasciné par le jeu politique, les luttes pour le pouvoir et l'influence».

Son dégoût pour l'islam semble s'être développé lentement. Il passe du temps en Israël, où il est témoin des tensions avec les Palestiniens. Il est bouleversé par l'assassinat en 2002 du populiste Pim Fortuyn, dont il est l'héritier politique direct, et du réalisateur anti-islam Theo van Gogh deux ans plus tard. «Je me souviens de mes jambes qui tremblaient sous le choc», rapporte-t-il dans un livre en 2012. «J'ai ressenti de la colère, pas de la peur.»

Discrimination

Au fil des années, son ton se durcit. Il a été condamné pour discrimination l'année dernière après avoir promis «moins de Marocains» aux Pays-Bas. Ce procès a renforcé sa visibilité, quelques mois après le Brexit et l'élection de Donald Trump. Il était d'ailleurs invité à la Convention républicaine et les donations pour sa campagne viennent principalement de l'activiste américain David Horowitz, dont la fondation lui a versé 130'000 euros en 2015 et 2016.

Longtemps assez proches, Geert Wilders et Mark Rutte sont opposés depuis que le Parti pour la Liberté a quitté en 2012 le gouvernement de Mark Rutte, qui a promis de ne plus jamais collaborer avec lui.

Certains voient Geert Wilders comme une figure isolée. Son parti est officiellement une association avec un seul membre: lui-même. Sa sécurité limite ses contacts avec le monde extérieur.

«Son monde est devenu très petit», remarque son frère : «parlement, événements publics et son appartement». «Il ne peut aller nulle part ailleurs.»

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • jean cerien le 15.03.2017 08:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    rien à voir

    Non il n'est pas le Trump des pays-bas ! il est sur la scène politique depuis très longtemps ! ce n'est pas un self made man mais un pur produit du système à l'image de marine Le pen

  • Un bonhomme le 15.03.2017 08:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Merci M. Wilders

    Cet homme est d'un courage admirable, il a osé dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas quitte à être mis au ban de l'élite politique pour avoir parlé de sujets tabous sur à propos desquels les partis traditionels font la politique de l'autruche dans tout notre monde occidental. De tout coeur avec vous monsieur Wilders ! En espérant que votre mouvement marque le début d'un "réveil européen".

  • Potin le 15.03.2017 08:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Charlie ?

    Ce que je retiens de l'article c'est qu'il ne peut plus sortir de chez lui, dans son pays. Voilà ce qui nous attend à tous si nous continuons à vouloir sauver le monde..

Les derniers commentaires

  • Cyrius le 15.03.2017 20:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Non

    Non, c'est Le Trump Néeanderlalais !

  • Roger Rabbit le 15.03.2017 19:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Super Geert

    Ce mec est génial, si les hollandais ont du bons sens, il doivent voter Geert.

  • fred k. le 15.03.2017 09:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pas de langue de bois

    Il a raison. C'est la realpolitik en action. Il faut faire face à l'islam politique qui veut dominer les débats et la politique des pays.

  • Eilly le 15.03.2017 09:48 Report dénoncer ce commentaire

    Faudrait arrêter les gars

    Donc s'il gagne les élections, on va aussi avoir droit à un article par jour sur sa vie, comme pour Trump ?

  • Anne Sophie le 15.03.2017 09:35 Report dénoncer ce commentaire

    Difficile mais pas impossible

    Le parti de Geert Wilders est le seul à défendre, entre autres, l'identité nationale. Par conséquent, il lui sera difficile de gagner les élections même si une part de lélectorat lui restera fidèle