Japon

09 avril 2019 08:42; Act: 09.04.2019 15:38 Print

Ghosn: «C'est une histoire de complot, de trahison»

Dans une vidéo qu'il a faite juste avant sa nouvelle arrestation, Carlos Ghosn clame son innocence et se dit victime d'un complot des dirigeants de Nissan.

Sur ce sujet
Une faute?

«Je suis innocent» a clamé Carlos Ghosn dans une vidéo diffusée mardi et enregistrée avant son arrestation le 4 avril, accusant de nouveau des dirigeants de Nissan de «complot» et «trahison», mais sans livrer de noms.

«Ce n'est pas une histoire de cupidité, de dictature d'un homme. C'est une histoire de complot, de conspiration, de trahison», déclare en anglais l'ancien PDG de Renault-Nissan dans ce message tourné la veille de son interpellation, ont précisé ses défenseurs.

«Je suis innocent, voilà mon premier message. Ce n'est pas nouveau, vous l'avez déjà entendu de moi: je suis innocent de toutes les accusations portées contre moi», insiste Carlos Ghosn en préambule de la vidéo diffusée pendant une conférence de presse de son avocat.

«Nous déposerons un recours»

L'expression «toutes ces accusations» porte sur les motifs pour lesquels il est déjà inculpé et non sur les raisons pour lesquelles il a de nouveau été arrêté (détournement de fonds via Oman), car il ignorait auparavant quelles seraient les nouvelles accusations exploitées par les procureurs, a précisé son avocat principal, Junichiro Hironaka.

Ce dernier a par ailleurs annoncé son intention de déposer mercredi un recours devant la Cour suprême pour obtenir la remise en liberté de son client.

«Il est clair que Carlos Ghosn ne peut pas détruire de preuves ni s'enfuir, c'est pour cela qu'il avait été libéré sous caution (le 6 mars), donc on ne peut pas dire que cela a changé et l'arrêter sous ce prétexte», a plaidé Junichiro Hironaka.

«Si la procédure via la Cour suprême n'aboutit pas, nous déposerons un recours contre une éventuelle nouvelle extension de sa garde à vue», au moment de l'échéance de la période en cours, soit le 14 avril, a-t-il encore dit.

«Le mot-clé: conspiration»

«Ce n'est pas pour éviter qu'il parte ou détruise des preuves, mais pour faire pression sur lui de façon extrême» que Carlos Ghosn a été interpellé, a martelé Junichiro Hironaka, estimant que «les procureurs essaient par des méthodes cruelles de le faire plier pour obtenir des aveux».

Interrogé sur le départ précipité de Carole Ghosn du Japon après l'arrestation de son mari, Junichiro Hironaka a avancé qu'«elle avait peur pour sa sécurité» à cause, selon lui, des méthodes des procureurs, mais Junichiro Hironaka a précisé lui avoir conseillé «de répondre en tant que témoin» aux sollicitations de la justice.

Sans s'exprimer sur le fond des accusations faute d'avoir accès au dossier, selon son défenseur, Carlos Ghosn a surtout réitéré ses accusations d'un «complot» à son encontre, déjà brandies à plusieurs reprises dans les interviews accordées à la presse. «La conspiration est un mot-clef et ce sera un élément de notre défense», a prévenu Me Hironaka.

«Des dirigeants de Nissan ont joué des jeux malsains», estime l'ex-patron déchu de tous ses mandats. «Il y avait la peur que dans la prochaine étape de l'alliance, l'autonomie de Nissan soit menacée», souligne-t-il, rappelant que lui-même avait «toujours été un farouche défenseur de cette autonomie».

En revanche, ses avocats ont décidé de couper un passage de la vidéo («30-40 secondes») où Carlos Ghosn citait nommément ceux qui, selon lui, sont à l'origine de ce «complot», «en raison de risques légaux de livrer les identités réelles de personnes», a expliqué Junichiro Hironaka. Ce dernier dit refuser «d'imiter les mauvaises méthodes de Nissan et du bureau du procureur qui font fuiter des noms dans la presse».

Quatre inculpations

L'interpellation surprise le 19 novembre de Carlos Ghosn à Tokyo a précipité la fin de carrière de celui qui pilotait la plus importante alliance automobile mondiale, Renault, Nissan et Mitsubishi Motors.

Libéré début mars sous caution moyennant le paiement d'une caution d'un milliard de yens (8 millions d'euros), le patron naguère tout-puissant a été de nouveau arrêté jeudi dernier à son domicile de Tokyo.

Le Franco-Libano-Brésilien, âgé de 65 ans, se trouve depuis au centre de détention de Kosuge (nord de la capitale), où il avait déjà passé plus de 100 jours.

Cette fois, le parquet le soupçonne d'avoir transféré des fonds de Nissan à une société «de facto contrôlée par lui», via un distributeur de véhicules du constructeur japonais à l'étranger. Il s'agit du sultanat d'Oman, selon une source proche du dossier.

Carlos Ghosn est déjà sous le coup de trois inculpations: deux pour déclarations inexactes de revenus sur les années 2010 à 2018, dans des documents remis par Nissan aux autorités financières, et une pour abus de confiance. Il est notamment accusé d'avoir tenté de faire couvrir par la compagnie des pertes sur des investissements personnels lors de la crise économique de 2008.

(nxp/afp)

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 72 heures est automatiquement désactivé en raison du très grand nombre de messages que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • L.u. le 09.04.2019 10:03 Report dénoncer ce commentaire

    Mwouais...

    Cahuzac avait aussi hurler son innocence ...

  • the Taker le 09.04.2019 09:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pour i

    Bon là il est dans la phase déni bientôt l'acceptation..

  • Jason Matry le 09.04.2019 09:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ah bon...

    Mais bien sûr monsieur Ghosn... Quelle honte !

Les derniers commentaires

  • Guillaume le 09.04.2019 13:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Mort de rire

    Et pendant ce temps-là, la marmotte elle emballe le chocolat

  • Le welche libéral-PLR le 09.04.2019 13:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    gars en jeans

    Tu es un Geijin, mec. C'est comme ça.

  • CL le 09.04.2019 13:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Réaliste et pragmatique

    Si le pouvoir financier veut votre peau, vous n'avez aucune chance. A n'importe quel endroit de la planète et même si vous avez les meilleurs défenseurs. S'ils arrivent à faire plier des gouvernements, imaginez un homme seul. Peu importe l'influence ou sa richesse. Aucune chance. Vous pensez quoi? Que par exemple les manifs antipollution auront de l'effet?

  • Dubayboy le 09.04.2019 13:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est une victime.

    Le monde est un vaste complot de toute manière. Lui a été victime aussi! C'est claire comme de l'eau, il fallait bien que quelqu'un paie pour couvrir les autres malhonnêtes de l'entreprise.

  • Pierre Albert le 09.04.2019 11:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et si

    Il avait raison Carlos?