Birmanie

25 juin 2019 14:11; Act: 25.06.2019 15:53 Print

Harcelé au travail, un jeune gay se suicide

Opprimé par ses collègues homophobes, un Birman s'est donné la mort provoquant la protestation de la communauté LGBTQ dans le pays.

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La communauté LGBTQ naissante en Birmanie a appelé mardi à dépénaliser l'homosexualité et lutter contre le harcèlement après le suicide d'un jeune gay qui a raconté sur Facebook le calvaire infligé par des collègues homophobes dans l'université où il travaillait.

Les relations homosexuelles restent illégales en Birmanie, aux termes des lois héritées de l'époque coloniale, et même si le premier festival LGBT a été autorisé l'an dernier, les groupes militants dénoncent l'homophobie et les discriminations persistantes dans ce pays socialement conservateur.

Bibliothécaire de 26 ans

Kyaw Zin Win, bibliothécaire à l'Université impériale birmane, s'est suicidé à l'âge de 26 ans après avoir posté un dernier message sur Facebook, adressé à sa famille et à ses amis. Il dénonce un pays «où les supérieurs oppriment ceux qui sont sous leurs ordres» et raconte comment ses collègues l'ont harcelé.

Selon lui, ses chefs l'ont obligé à révéler son homosexualité et diffusaient des captures d'écran montrant des messages sur des chats pour montrer que ses collègues se moquaient de lui.

Les posts du jeune homme sur Facebook ont été partagés des milliers de fois, accompagnés de commentaires indignés. «Les mots peuvent tuer (...), c'est un meurtre», écrit ainsi Hein Aung Thu. L'université a indiqué à l'AFP enquêter sur l'affaire. Lundi, elle a publié un communiqué pour transmettre ses sincères condoléances après cet événement «tragique», précisant avoir rendu visite à sa famille.

Rassemblement organisé

Le harcèlement au travail est très fréquent en Birmanie, a déclaré Hla Myat Tun, co-directeur de Colors Rainbow, un groupe LGBTQ, expliquant que son organisation recevait de nombreux appels de jeunes en quête de soutien psychologique. Les militants LGBTQ comptent organiser un rassemblement cette semaine à la mémoire de Kyaw Zin Win et réclamer la dépénalisation de l'homosexualité ainsi qu'une loi contre les discriminations.

Les autorités birmanes avaient autorisé pour la première fois un rassemblement LGBTQ dans un parc public l'année dernière et environ 12.000 personnes y avaient participé. Galvanisés par ce succès, les organisateurs avaient décidé cette année d'appeler officiellement «Pride» la première parade nautique gay qui s'est déroulée en janvier dans le cadre d'un festival LGBTQ, bien que les conditions ne soient pas encore réunies pour une véritable parade au grand jour dans les rues de Rangoun.

(nxp/afp)