Liban

14 décembre 2019 20:41; Act: 14.12.2019 22:36 Print

Heurts entre police et jeunes anti-contestation

Des affrontements entre les forces de l'ordre et des jeunes provenant d'un quartier tenu par le Hezbollah ont éclaté samedi à Beyrouth.

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L'ex-ministre et universitaire libanais soutenu par le puissant mouvement chiite Hezbollah, Hassan Diab, a été désigné premier ministre jeudi, après une journée de consultations parlementaires. (Jeudi 19 décembre 2019) Des dizaines de jeunes partisans du Hezbollah et d'Amal, les deux partis chiites du pays, ont attaqué vers minuit des camps de manifestants antigouvernementaux dans le centre la capitale. (17 décembre 2019) Ces affrontements ont fait au mois 23 blessés, qui ont été hospitalisés, selon la défense civile. (17 décembre) Des consultations parlementaires lundi au Liban pour permettre d'avancer vers la formation d'un gouvernement ont de nouveau été repoussées, provoquant une nouvelle soirée d'affrontements. (16 décembre 2019) Les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc contre les manifestants samedi soir à Beyrouth. (Liban, 15 décembre 2019) Les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc contre les manifestants samedi soir à Beyrouth. (Liban, 15 décembre 2019) Des dizaines de jeunes hostiles au mouvement de contestation au Liban ont lancé samedi des pierres et des pétards sur la police anti-émeute à Beyrouth. (Samedi 14 décembre 2019) Les banques et les écoles sont fermées au Liban, alors que les manifestations contre le pouvoir se poursuivent. (Mardi 12 novembre 2019) La Banque mondiale a appelé mercredi le Liban à former un nouveau gouvernement dans les plus brefs délais. Un mouvement de contestation inédit contre la classe politique en est à son 21e jour. (6 novembre 2019) Les protestations anti-gouvernement ont rassemblé des milliers de personnes dimanche dans plusieurs villes du Liban, comme ici dans la capitale Beyrouth. (Dimanche 3 novembre 2019) Des milliers de manifestants se sont rassemblés samedi soir à Tripoli, grande ville du nord du Liban, pour une mobilisation sous le signe de l'union. (Samedi 2 octobre 2019) Au 13e jour de la révolte, le Premier ministre libanais Saad Hariri et son gouvernement ont démissionné, déclenchant des scènes de liesse. (Mardi 29 octobre 2019) Le Premier ministre libanais Saad Hariri annonce qu'il va démissionner. Sa décision fait suite au soulèvement populaire sans précédent qui touche le pays depuis deux semaines. (29 octobre 2019) Le Premier ministre libanais Saad Hariri a été reçu mercredi par le roi Salmane d'Arabie Saoudite lors de sa première visite à Ryad depuis la crise en novembre déclenchée par l'annonce dans le royaume de sa démission sur laquelle il était ensuite revenu. (Mercredi 28 février 2018) Le premier ministre libanais Saad Hariri, représentant le camp sunnite soutenu par l'Arabie saoudite, a réussi à former un gouvernement avec le Hezbollah pro-iranien, suite à un compromis en 2016. Le président libanais Michel Aoun (ici au centre) venait alors d'être élu grâce au soutien massif du puissant Hezbollah, allié de l'Iran chiite, grand rival régional de l'Arabie saoudite. Or, le premier ministre libanais, qui a les passeport libanais et saoudien, est connu pour ses accointances avec Riyad où il est né et où il a des intérêts économiques. Ici, un poster de l'homme fort du royaume saoudien, le jeune prince Mohammed ben Salmane en pleine rue libanaise, à Tripoli. Saad Hariri (ici avec le roi saoudien Salmane) n'est pas revenu de son voyage en Arabie saoudite depuis deux semaines. Beyrouth estime que son premier ministre y est retenu contre son gré. Il faut dire que le premier ministre libanais a créé la surprise en annonçant le 4 novembre, depuis Riyad, sa démission qui a pris de court tout le monde et fait craindre une escalade des tensions entre les rivaux saoudien et iranien dans la région. Dès le lendemain, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, accuse l'Arabie saoudite d'avoir contraint Saad Hariri à la démission dont l'annonce coïncide avec l'arrestation de dizaines de princes, de ministres et d'hommes d'affaires dans une purge «anti-corruption» sans précédent en Arabie saoudite. Devant l'émotion suscitée dans le pays par la démission brutale de son premier ministre, Saad Hariri réagit: «Je suis libre ici, si je veux voyager demain, je voyage». Pour tenter de résoudre la crise, le président français Emmanuel Macron annonce avoir «invité» Saad Hariri à venir «avec sa famille» en France. L'Elysée précise que celui-ci devrait arriver à Paris «dans les prochains jours». Dépêché en Arabie saoudite, le chef de la diplomatie française annonce le lendemain que Saad Hariri a «accepté l'invitation» de la France.

Une faute?

Des dizaines de jeunes hostiles au mouvement de contestation au Liban ont lancé samedi des pierres et des pétards sur la police anti-émeute. Les forces de l'ordre ont répliqué avec des tirs de gaz lacrymogènes dans le centre de Beyrouth.

Appel au calme

Des incidents similaires ont eu lieu dans la capitale et d'autres villes du Liban ces dernières semaines. Ils ont incité vendredi le chef du puissant mouvement chiite du Hezbollah à lancer un appel au calme à ses partisans, opposés au mouvement de contestation du pouvoir.

Samedi, des jeunes venus d'un quartier central de Beyrouth, considéré comme un bastion du Hezbollah et du parti chiite Amal, ont tenté d'investir des tentes de la contestation aux abords de la place des Martyrs, épicentre des manifestations antipouvoir déclenchées le 17 octobre. C'est sous ces tentes, relativement vides lorsqu'ils sont arrivés, que sont habituellement organisés des débats.

La police anti-émeute est intervenue pour repousser les jeunes, qui ont lancé des pierres et de gros pétards sur les forces de l'ordre, en faisant des doigts d'honneur. La police a répliqué en tirant des gaz lacrymogènes, les contraignant à battre en retraite, a constaté un photographe de l'AFP. Ces dernières semaines, les accrochages se sont multipliés lors des manifestations contre la classe politique, accusée de corruption et d'incompétence, qui se tenaient généralement dans le calme.

Heurts en soirée

Samedi soir, d'autres heurts ont éclaté dans la capitale, entre la police et des manifestants antipouvoir, à l'entrée d'une avenue menant au Parlement et bloquée par les forces de sécurité.

Des manifestants ont tenté de forcer ce barrage, mais la police a chargé pour les éloigner, avant de tirer des gaz lacrymogènes et de frapper à coups de matraque des contestataires, selon des images retransmises en direct par la chaîne de télévision locale LBC.

Les manifestants ont renversé de lourdes jardinières, jeté des pierres sur la police et scandé des slogans hostiles aux forces de sécurité mais aussi au président du Parlement Nabih Berri, chef du parti Amal, selon les images de la LBC. L'armée et la police ont déjà eu recours à la force à plusieurs reprises cette semaine pour disperser des contestataires.

La Croix-Rouge libanaise a annoncé sur Twitter avoir transporté dix blessés vers des hôpitaux et soigné 33 personnes sur place.

(nxp/ats)