Algérie

22 février 2019 18:18; Act: 22.02.2019 19:52 Print

Heurts lors de manifs anti-Bouteflika

Des heurts ont éclaté vendredi à Alger entre la police et des centaines de manifestants qui protestent contre le 5e mandat que brigue Abdelaziz Bouteflika.

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Des heurts ont éclaté vendredi à Alger entre la police et des centaines de manifestants se dirigeant vers la présidence de la République. Les protestataires, opposés à un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, ont été contraints de refluer, a constaté l'AFP.

Repoussés une première fois par des tirs de gaz lacrymogènes, les manifestants, bloqués par un cordon de police interdisant l'accès aux rues menant à la présidence, ont répliqué par des jets de pierres et de projectiles divers contre les policiers.

La police a chargé et réussi à repousser plus loin les manifestants dont certains continuaient de jeter des pierres en direction des forces de sécurité, a constaté une journaliste de l'AFP. Quelques manifestants ont été interpellés.

Manifestations interdites depuis 2001

Plus tôt dans l'après-midi, des centaines de personnes ont défilé dans le centre d'Alger où toute manifestation est officiellement interdite depuis 2001 et où la police intervient généralement immédiatement pour empêcher la moindre tentative de rassemblement.

Plusieurs cortèges se sont formés à partir de différents points de la ville, à l'issue de la grande prière hebdomadaire musulmane, répondant à des appels en ce sens lancés ces derniers jours sur les réseaux sociaux.

«Ni Bouteflika, ni Saïd»

«Pas de 5e mandat», «Ni Bouteflika, ni Saïd» (frère du chef de l'Etat, souvent perçu comme son successeur potentiel), ont scandé les manifestants, jeunes pour la plupart. «Ouyahia, dégage!», chantent également les manifestants, en référence au Premier ministre Ahmed Ouyahia.

Sur la place de la Grande-Poste, en plein centre d'Alger, des manifestants ont escaladé la façade du siège du Rassemblement national démocratique (RND), le parti de M. Ouyahia, et en ont décroché, sous les hourras, un grand portrait du chef de l'Etat. La photo a été lacérée et piétinée une fois à terre, sans que la police, déployée en nombre, n'intervienne.

D'autres manifestations, d'ampleurs variables, ont également eu lieu dans plusieurs autres villes d'Algérie contre un cinquième mandat brigué par le chef de l'Etat de 81 ans. Le plus important s'est déroulé à Annaba, à environ 400 km à l'est d'Alger.

Au pouvoir depuis 1999

La presse algérienne a aussi fait état de protestations à Oran, deuxième ville du pays, à environ 400 km à l'ouest d'Alger, à Tiaret et Relizane (respectivement 200 et 250 km au sud-ouest de la capitale) et à Sétif (200 km au sud-est d'Alger).

Au pouvoir depuis 1999, M. Bouteflika a annoncé le 10 février dans une lettre-programme à la Nation qu'il briguerait un cinquième mandat lors de la prochaine présidentielle, mettant fin à des mois d'interrogations sur ses intentions. Le président algérien a subi un accident vasculaire cérébral (AVC) en 2013 qui a affecté sa mobilité.

(nxp/afp)