Liban

18 juin 2011 15:38; Act: 18.06.2011 15:50 Print

Heurts meurtriers entre alaouites et sunnites

L'armée s'est déployée en force samedi à Tripoli, grande ville du nord du Liban, après des affrontements armés meurtriers entre musulmans chiites alaouites et sunnites.

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L'armée libanaise s'est déployée dans les rues de Tripoli. (Photo: AFP)

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Ces affrontements ont suivi un rassemblement contre le régime en Syrie, en proie à une contestation inédite.

Des dégâts importants ont été occasionnés dans les quartiers sensibles de Bab al-Tebbaneh et Jabal Mohsen, où les heurts nocturnes avaient éclaté après une manifestation de centaines de personnes contre le pouvoir de Bachar al-Assad.

Les habitants sont sortis le matin pour évaluer les dégâts dans ces quartiers pauvres, où sunnites et alaouites, une branche de l'islam chiite, se sont souvent affrontés.

L'armée, en charge du maintien de la sécurité au Liban, s'est déployée massivement dans la zone après les heurts, menant des perquisitions pour selon elle «arrêter les hommes armés et rétablir l'ordre». Les soldats étaient postés dans les rues et des patrouilles circulaient dans les quartiers.

Parmi les sept personnes tuées dans les combats à l'arme automatique et aux roquettes RPG figurent un soldat libanais, un responsable d'un parti alaouite et un garçon sunnite de 14 ans, selon un dernier bilan de sources médicales. Vingt-cinq personnes ont été blessées.

Protestations contre le président syrien, un alaouite

Juste avant les affrontements, quelque 600 personnes s'étaient rassemblées vendredi à Tripoli pour protester contre le régime de M. Assad, lui-même alaouite, qui tente depuis le 15 mars d'écraser le mouvement pro-démocratie.

Le premier ministre libanais Najib Mikati, originaire de Tripoli, qui vient de former son gouvernement après cinq mois de blocage, a déclaré vendredi soir que «la paix civile est une ligne rouge» à ne pas franchir. M. Mikati se trouvait dans la ville portuaire au moment des affrontements.

Ces dernières années, Tripoli a été le théâtre de heurts entre les partisans sunnites de l'ancien premier ministre Saad Hariri, aujourd'hui dans l'opposition, et ceux alaouites fidèles au camp mené par le Hezbollah chiite, désormais majoritaire au gouvernement avec ses alliés.

(ats)