Etats-Unis

05 mai 2012 08:50; Act: 05.05.2012 18:27 Print

Hillary Clinton attendue au Bangladesh

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, est arrivée samedi pour une difficile mission au Bangladesh.

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Mme Clinton est la première responsable américaine à se rendre dans le pays depuis 2003. (Photo: Keystone)

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«Nous exhortons tous les acteurs politiques au Bangladesh à travailler ensemble pour le bien du pays», a déclaré Mme Clinton à des journalistes à l'issue de discussions à Dacca avec la ministre des Affaires étrangères, Dipu Moni. «Dans une démocratie forte, tout le monde doit ramer dans la même direction parce qu'on est tous dans le même bateau. Nous voulons voir réussir le Bangladesh», a-t-elle ajouté.

La secrétaire d'Etat américaine est arrivée samedi en fin d'après- midi au Bangladesh, où la violence et une répression en cours contre les partis d'opposition laissent planer la menace d'une nouvelle instabilité politique.

Mme Clinton, qui doit signer un nouvel accord de partenariat avec Dacca, est la première responsable américaine à se rendre dans le pays depuis 2003, date à laquelle le secrétaire d'Etat de l'époque, Colin Powell, avait effectué une visite.

«Grand potentiel»

Les récentes tensions politiques, marquées par des grèves et des manifestations, ont éclaté après la disparition mi-avril d'une figure régionale de l'opposition, Ilias Ali. Ses partisans affirment qu'il a été enlevé par les forces de sécurité.

Quatre personnes sont mortes au cours de son arrestation et des militants des droits de l'homme affirment qu'une dizaine d'autres, la plupart du milieu politique, ont également «disparu». Mme Clinton a évoqué la question de ces disparitions avec Mme Moni et souligné la nécessité pour les partis de régler leurs différends au sein du parlement et non dans la rue.

«Il est important que dans ce pays doté d'un si grand potentiel et qui a prouvé sa capacité à poursuivre la voie démocratique (...), chacun prenne au sérieux la moindre disparition, la moindre violence contre des militants, la moindre oppression de la société civile», a- t-elle déclaré lors d'une conférence de presse.

A l'issue de la conférence, Mme Clinton s'est ensuite entretenue avec le premier ministre, Mme Sheikh Hasina. Elle devait ensuite rencontrer le leader du parti d'opposition, le parti nationaliste du Bangladesh (BNP), Mme Khaleda Zia. Ces deux femmes, qui se vouent une farouche inimitié personnelle, dominent la vie politique depuis des décennies.

Sujet épineux

Après un rassemblement à Dacca la semaine dernière et une série d'explosions ayant visé un bâtiment gouvernemental, la police a arrêté plusieurs figures du BNP. En dépit des violences, les Etats- Unis voient le Bangladesh comme une nation à majorité musulmane démocratique et modérée et comme un partenaire dans la lutte contre le terrorisme.

Sujet épineux, Hillary Clinton devrait rencontrer dimanche le prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus, un ami personnel du couple Clinton qui s'était estimé victime d'une vendetta orchestrée par le pouvoir après avoir été forcé à démissionner de sa banque de microcrédit, la Grameen Bank, l'an dernier.

Ce pionnier de la microfinance avait été notamment accusé par le premier ministre de «sucer le sang des pauvres». A Dacca, le gouvernement a estimé que la visite de Mme Clinton allait permettre un renforcement des liens entre les deux pays.

Mme Moni a estimé que les relations avaient «mûri» au cours des ans mais elle a jugé que les liens commerciaux pourraient être améliorés, plaidant notamment pour un abaissement des tarifs douaniers des exportations vers les Etats-Unis, son plus gros marché.

(ats)