Déchéance de nationalité

24 décembre 2015 18:39; Act: 24.12.2015 18:41 Print

Hollande rebaptisé «François Le Pen» en Italie

Le journal communiste italien «Il Manifesto» a rebaptisé le président français avec le nom de famille des dirigeants du FN pour protester contre sa décision de maintenir la déchéance de nationalité dans la réforme constitutionnelle.

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Le choix de François Hollande de conserver dans son projet de révision constitutionnelle la déchéance de nationalité pour terrorisme des binationaux nés français, avec l'espoir de s'allier la droite qui réclamait cette mesure, a suscité la consternation à gauche. Et pas seulement en France. En Italie, le quotidien de gauche «Il manifesto» va jusqu'à comparer François Hollande à la famille Le Pen en titrant «François Le Pen» en une de son édition de jeudi, avec la photo du président de la République en couverture.

Cette volonté d'inscrire la déchéance de nationalité, approuvée dans les sondages par une majorité de Français, peut sembler en effet contraire aux valeurs défendues par la gauche. Martine Aubry, maire de Lille (nord) et figure historique du Parti socialiste, a ainsi dénoncé «une remise en cause du droit du sol» et «la suspicion» jetée «sur un grand nombre de Français», dont environ 3,5 millions sont binationaux.

«A force de vouloir couper l'herbe sous le pied» à l'extrême droite qui a été la première à réclamer cette mesure, «on risque d'appliquer son programme», s'est indignée sur la radio France Inter Cécile Duflot, députée écologiste et ex-ministre de François Hollande, annonçant qu'elle voterait contre le texte.

Le Parlement sera saisi début février de cette réforme annoncée par le président au lendemain des attentats du 13 novembre, et qui comprend aussi l'inscription du régime de l'état d'urgence dans la Constitution.

En maintenant dans le projet entériné mercredi par le Conseil des ministres l'extension de la déchéance de nationalité aux binationaux nés français (jusqu'à présent seuls les binationaux naturalisés encouraient cette peine), le président socialiste fait preuve de «cohérence», s'est de son côté félicité jeudi le quotidien de droite Le Figaro.

(20 minutes/afp)