IVG en Argentine

27 février 2019 22:26; Act: 02.03.2019 08:37 Print

Une césarienne sur une enfant relance le débat

Une fille de onze ans, violée par un membre de sa famille, a dû subir une césarienne après s'être fait refuser un avortement. Le sujet reste sensible dans la société.

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Une petite fille lors de manifestation en faveur de l'avortement en 2018. (Photo: AFP)

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La césarienne pratiquée sur une fillette de 11 ans violée par le mari de sa grand-mère, a relancé le débat sur l'avortement en Argentine. L'accès à l'IVG y reste très limité.

«Je veux que vous m'enleviez ce que le vieux m'a mis dans le ventre», avait réclamé la fillette, dans sa plainte auprès de la justice de la province de Tucuman (nord). La fillette et sa mère avaient alors formulé une demande d'avortement.

Mais la procédure a tardé 7 semaines, des médecins invoquant l'objection de conscience. Il est fréquent en Argentine que les autorités fassent traîner les dossiers jusqu'à ce que l'avancement dans la grossesse soit tel, qu'il rende impossible un avortement.

Nombreux abus

A 23 semaines de grossesse, les médecins ont jugé que la fillette était en danger et qu'il fallait pratiquer non pas un avortement, mais une césarienne. «La volonté de l'enfant aurait dû être prise en compte. Il y avait deux raisons (pour autoriser) l'avortement», a regretté l'avocate de la famille, Cecilia De Bono.

La législation argentine prévoit effectivement que la justice peut autoriser une interruption de grossesse dans des circonstances extraordinaires de viol, ou de péril pour la mère.

«Par voie basse, ce n'était pas possible. Son corps n'est pas suffisamment développé pour (supporter) une grossesse de 23 semaines, et s'il l'avait été, les conditions psychologiques n'étaient pas réunies, du fait des nombreux abus qu'elle a subis», selon la gynécologue, Cecilia Ousset, qui a participé à l'intervention à l'hôpital Eva Peron de Tucuman.

«Torture»

Le foetus de cinq mois a été extrait vivant du ventre de sa mère, mais ses chances de survie sont quasi-nulles, estiment les médecins.

«L'Etat est responsable de la torture de Lucia», a dénoncé l'organisation féministe #NiUnaMenos, en pointe dans la mobilisation pour le droit à l'avortement. Le gouvernement de la province de Tucuman, dont dépend la juridiction qui n'a pas autorisé l'avortement, s'est justifié en disant avoir mis en oeuvre «les procédures nécessaires pour sauver les deux vies».

En 2018, un projet de loi octroyant le droit à l'avortement jusqu'à la 14e semaine a été adopté à la chambre des députés, mais rejeté par le sénat, sous la pression de l'Eglise. Au pays du pape François, la population est divisée sur la question de l'avortement et un débat passionné oppose deux camps fortement mobilisés.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Francis le 27.02.2019 23:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Contre la stupidité, Dieu lui-même lutte en vain

    C'est révoltant. Sous le faux pretexte doctrinaire de sauver un embryon sans pensée consciente, ces fanatiques ont fini par torturer inhumainement deux enfants dont l'un jusqu'à mort car en conduisant à un avortement à 23 semaines c'est comme s'ils avaient commandité un meurtre.

  • Roar le 27.02.2019 23:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tristesse

    11 ans. Et l'église là au milieu qui a encore son mot à dire, et pire, des gens qui l'écoutent.

  • Lysa le 27.02.2019 22:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Cruauté

    Impensable faire subir encore un traumatisme à une gamine innocente violée. L'IVG est un choix qui doit appartenir à chacun. Il faut littéralement interdire d'interdire l'IVG.

Les derniers commentaires

  • Val le 28.02.2019 08:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Horrible

    C'est tout simplement scandaleux !

  • Schnifoutz le 28.02.2019 03:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Triste

    Quelle horreur... cette petite a été violée par un membre de sa famille et elle doit se battre pour qu'on interrompe cette grossesse ?! J'espère ne lire aucun commentaire de défenseur anti IVG par ici.

  • Roar le 27.02.2019 23:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tristesse

    11 ans. Et l'église là au milieu qui a encore son mot à dire, et pire, des gens qui l'écoutent.

  • Francis le 27.02.2019 23:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Contre la stupidité, Dieu lui-même lutte en vain

    C'est révoltant. Sous le faux pretexte doctrinaire de sauver un embryon sans pensée consciente, ces fanatiques ont fini par torturer inhumainement deux enfants dont l'un jusqu'à mort car en conduisant à un avortement à 23 semaines c'est comme s'ils avaient commandité un meurtre.

  • Mace windu le 27.02.2019 23:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pfff toujours la même rengaine

    Vive la religion...