Affaire Griveaux

19 février 2020 08:43; Act: 19.02.2020 08:43 Print

«Elle n'a pas été ravie de découvrir les vidéos»

Impliqués dans l'affaire Griveaux, l'artiste russe et sa compagne ont été inculpés puis remis en liberté sous contrôle judiciaire ce mardi.

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Le couple a été mis en examen et n'a pas le droit de se rencontrer pendant la durée de la procédure judiciare.

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Piotr Pavlenski et sa compagne Alexandra de Taddeo, au coeur du scandale des vidéos à caractère sexuel ayant poussé Benjamin Griveaux à renoncer à la mairie de Paris, ont été mis en examen mardi par un juge d'instruction parisien et placés sous contrôle judiciaire.

Déjà condamné en 2019 pour avoir incendié en octobre 2017 la façade d'une succursale de la Banque de France place de la Bastille, à Paris, l'activiste a assumé à sa sortie du tribunal la diffusion des vidéos de l'ancien porte-parole du gouvernement.

«Je pensais que la France était un pays de liberté»

«Bien sûr, je suis content d'avoir fait ça», a-il déclaré mardi soir, à sa sortie du tribunal. Pour ce faire, un site internet, désormais inaccessible, avait été créé ad hoc. «Je pensais que la France était un pays de liberté, ce n'est pas du tout le cas», a-t-il dénoncé.

Il a justifié son geste en dénonçant l'«hypocrisie» de Benjamin Griveaux, qui «a utilisé sa famille en se présentant en icône pour tous les pères et maris de Paris» selon lui. La jeune femme et son compagnon sont mis en examen pour «atteinte à l'intimité de la vie privée» et «diffusion sans l'accord de la personne d'un enregistrement portant sur des paroles ou images à caractère sexuel et obtenues avec son consentement ou par elle-même».

Sous la menace d'une incarcération - réclamée par le parquet - dans une autre information judiciaire ouverte mardi matin concernant des violences avec arme commises le 31 décembre, il a finalement été remis en liberté en début de soirée.

Dans cette procédure, le magistrat instructeur n'a pas questionné le Russe de 35 ans et l'a convoqué dans quelques jours pour cet interrogatoire, a-t-on appris de source judiciaire. C'est à l'issue de celui-ci qu'une décision sera prise concernant d'éventuels mise en examen et placement en détention provisoire, requis par le parquet.

Silencieux

Piotr Pavlenski, dont l'une des «performances» choc a été de se coudre les lèvres en soutien au groupe contestataire Pussy Riot, avait été interpellé et placé en garde à vue samedi après-midi, initialement pour le dossier des violences avant d'être interrogé par les enquêteurs à partir de dimanche sur ces vidéos de 2018. Alexandra de Taddeo avait été placée en garde à vue samedi soir dans l'affaire Griveaux, quelques heures après le dépôt d'une plainte contre X.

Celle-ci, âgée de 29 ans, reconnaît être à l'origine la destinataire des vidéos incriminées mais elle nie toute implication dans leur diffusion. «Elle les a gardées, pas pour les diffuser sur un site internet, elle les a gardées pour les garder», a déclaré son avocate Noémie Saidi-Cottier après la mise en examen de sa cliente.

Elle ne veut pas être vue comme une victime

Dans «Le Parisien», l'avocate précise: «Elle explique l'avoir conservée pour se protéger. Mais elle n'a jamais été dans une logique de vengeance à son égard. (...) Elle connaissait le projet de site Internet de son compagnon, mais elle n'a pas participé à cette diffusion ni donné son accord. Elle n'a pas été informée en amont et n'a pas été ravie de le découvrir.»

Selon une source proche du dossier, elle aurait également en sa possession d'autres vidéos de Benjamin Griveaux. Piotr Pavlenski et Alexandra de Taddeo ont par ailleurs l'interdiction de se rencontrer pour le moment, dans le cadre de leur contrôle judiciaire.

Me Saidi-Cottier explique la jeune femme a assuré qu'elle avait pardonné à son compagnon. «Elle comprend sa démarche et la soutient. Elle aime l'homme, mais elle aime aussi l'artiste. (...) C'est une femme qui ne veut pas être vue comme une victime.»

(nxp/20 minutes/afp)