«Momo Challenge»

05 novembre 2018 23:44; Act: 06.11.2018 10:58 Print

Il accuse WhatsApp de la mort de son fils

Un homme dont le fils s'est suicidé après avoir joué à un jeu macabre a porté plainte contre YouTube, WhatsApp et l'Etat français.

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Accessible par la messagerie instantanée WhatsApp, le «Momo Challenge» menace ses participants en les incitant à commettre des actes dangereux pouvant aller jusqu'à la mort. (Photo: Twitter)

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Un père de famille a porté plainte lundi dans l'ouest de la France pour «mise en danger de la vie d'autrui» contre YouTube, WhatsApp, un site de rencontres pour adolescents et l'État français, après le décès de son fils de 14 ans mi-octobre. Le procureur de la République de la ville de Rennes (ouest), Nicolas Jacquet, a confirmé ce dépôt de plainte auprès de la gendarmerie.

Retrouvé mort dans sa chambre chez ses parents, pendu avec sa ceinture de kimono, Kendal, bien inséré dans la vie et plein de projets, ne se serait pas suicidé selon sa famille mais aurait été pris au piège via le jeu sur internet «Momo Challenge». Accessible par la messagerie instantanée WhatsApp, ce jeu macabre menace ses participants en les incitant à commettre des actes dangereux pouvant aller jusqu'à la mort.

«J'accuse YouTube, Whatsapp et rencontre-ados.com de ne pas protéger les jeunes», a dit à l'AFP René Gattino. «J'estime que l'État n'a pas pris suffisamment en compte les dangers que représentent ces sites pour les jeunes». «Quand ça vous tombe dessus, on ne comprend pas. (...) On se croyait tranquilles à la campagne. Mais internet, c'est partout et on ne le sécurise pas», a-t-il dénoncé. En dépit de son âge, il explique ainsi avoir pu s'inscrire lui-même sur rencontre-ados.com. Par ces démarches, la famille veut avant tout alerter l'opinion pour éviter, dit-elle, d'autres drames de même nature.

Des défis de plus en plus dangereux

«L'enquête et notamment les investigations techniques se poursuivent activement pour tenter de déterminer les circonstances exactes du décès», a précisé à l'AFP le procureur.

Avant la rentrée scolaire, un député du parti présidentiel La République En Marche (LREM) Gabriel Attal, devenu récemment secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale, avait adressé une question au ministre de l'Intérieur pour l'alerter sur les dangers du «Momo Challenge». Il pointait la «pression psychologique sur les plus jeunes», qui «les met en danger en les obligeant à réaliser des défis de plus en plus dangereux».

En 2017, la police française avait mis en garde sur les risques d'un jeu similaire, le «Blue whale Challenge», qui poussait les jeunes à relever pendant 50 jours des défis chaque fois plus dangereux jusqu'à la dernière étape : le suicide.

(nxp/afp)