France

29 décembre 2008 13:37; Act: 29.12.2008 13:42 Print

Il décède faute de place à l'hôpital

Un homme de 56 ans, victime samedi soir d'un malaise cardiaque dans la banlieue sud de Paris, est décédé après avoir dû patienter six heures faute de place dans un service de réanimation, en pleine polémique sur les moyens des hôpitaux en France.

Une faute?

Les services de secours ont cherché en vain auprès de 27 hôpitaux de la région parisienne une place dans un service de réanimation qui pourrait pratiquer une coronarographie, a déclaré à l'AFP un responsable du Samu.

Par défaut, l'équipe a amené le patient dans le service d'urgences d'un hôpital disposant de matériel de réanimation mais n'étant pas en mesure de faire une coronarographie, un examen des artères coronaires.

Ce n'est que six heures plus tard qu'une place s'est libérée pour cette intervention à l'hôpital Lariboisière, à Paris, mais le patient est décédé à son arrivée.

Interrogée par l'AFP, une porte-parole de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris a indiqué que dimanche à 16H00, comme la veille à la même heure, cinq places de réanimation étaient disponibles en région parisienne.

Le principal syndicat des médecins urgentistes Amuf a déclaré que «tous les services d'urgence sont saturés» en région parisienne et affirmé que plusieurs lits ont été fermés faute de personnel.

Pour l'Amuf, qui a lancé début décembre une grève symbolique pour dénoncer un manque de moyens, «la sécurité des patients n'est plus assurée dans les hôpitaux en région parisienne pendant cette période de fêtes».

Les syndicat FO a affirmé avoir souligné «depuis plus d'un an les problèmes à l'hôpital public» dus, selon lui, au manque de recrutements pour la mise en place de la semaine de travail de 35 heures.

Ce nouveau drame intervient également en pleine polémique sur l'hôpital après la mort mercredi d'un enfant dans un établissement parisien en raison d'une erreur sur le produit qui lui a été injecté.

Il précède de quelques semaines l'examen au Parlement d'un projet de loi «hôpital, patients, santé, territoires», alors que la politique hospitalière du gouvernement est de plus en plus contestée par les syndicats, mais aussi par des dirigeants hospitaliers.

(afp)