Rappeur au tribunal

01 juin 2011 09:49; Act: 01.06.2011 09:54 Print

Il disait vouloir égorger Marine Le Pen

Un rappeur de banlieue parisienne, Sébastien Gozlin, alias «Cortex», a comparu mardi devant le tribunal correctionnel de Paris pour injures après avoir menacé Marine Le Pen.

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«Cortex» n'est pas un rappeur labellisé mais s'autoproduit comme nombre de jeunes artistes, avec une diffusion principalement sur Internet. (Photo: dr)

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Dans cette vidéo, diffusée sur mars sur Internet, le rappeur ne chantait pas mais parlait à la caméra et insultait Marine Le Pen, la menaçant notamment de «l’égorger» et de se faire «baiser dans des tournantes». Marine Le Pen, alors en campagne pour le deuxième tour des régionales dans le Nord-Pas-de-Calais, s'était alors affirmée «imperméable à ce type d'intimidation qui, au contraire, renforce sa détermination à défendre les Français». «Ces gens-là ne peuvent pas tout se permettre», avait-elle indiqué. «Les injures, bon! Mais la menace de "tournante", je trouve cela infâme. Au-delà de moi-même, je défends toutes les femmes françaises qui sont victimes d'actes infâmes et abjects».

«Cortex» n'est pas un rappeur labellisé mais s'autoproduit comme nombre de jeunes artistes, avec une diffusion principalement sur Internet. «Je suis un artiste», s'est-il justifié mardi, à la barre du tribunal correctionnel de Paris, avant d'ajouter: «Elle fait de la provoc, je fais de la provoc, en même temps ça fait de la pub».

«Vous avez voulu vous faire de la pub»

Sébastien Gozlin, qui par ailleurs accumule les condamnations pour violences, outrages, conduite en état d'ivresse ou détention de stupéfiants, dit avoir tenu de tels propos en réaction «à des affiches anti-islamiques» qu'aurait diffusées le Front national à l'époque, montrant «des femmes en burqa avec des bazookas». «Moi, je suis musulman, a-t-il plaidé. Et je suis un peu la parole du peuple immigré qui veut s'intégrer».

Face à lui, Me Gilbert Collard a pour la première fois pris la parole pour défendre Marine Le Pen. «Vous avez voulu en vous servant de Marine Le Pen vous faire de la pub. C'est facile», a-t-il déploré. «Vous portez préjudice à l'image de ces jeunes des banlieues qui sont polis, qui travaillent et n'insultent pas les femmes», a encore regretté l'avocat, qui a annoncé il y a trois semaines son ralliement politique à la présidente du Front National.

Le ministère public a requis une «sanction», sans préciser le quantum de cette peine. Décision le 5 juillet.

(20 minutes avec lessentiel.lu)