France

12 octobre 2019 21:47; Act: 12.10.2019 21:47 Print

Il tue par «amour-propre»: 18 ans de prison

Un avocat parisien a été condamné à 18 ans de réclusion pour avoir poignardé à mort l'amant de sa compagne. Il les avait surpris dans le lit conjugal dans la nuit du 4 au 5 janvier 2017.

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(Photo: AFP)

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Ce n’est «pas un crime d’amour», mais « d’amour propre» ! Un avocat parisien a été condamné vendredi à 18 ans de réclusion criminelle aux assises de Paris pour avoir poignardé à mort l'amant de sa compagne après l'avoir surpris dans le lit conjugal dans la nuit du 4 au 5 janvier 2017.

A l'énoncé du verdict, légèrement inférieur aux réquisitions de l'avocate générale, qui avait réclamé 20 ans de réclusion à son encontre, l'accusé est resté immobile, les yeux dans le vague et le visage fermé.

«Je ne sais pas si je peux demander le pardon à des gens qui ne voudront peut-être pas me l'accorder. Alors je demanderais simplement la justice», avait réclamé le jeune homme, silhouette longiligne et barbe blonde finement taillée, avant que les jurés ne partent délibérer.

Il la connaissait depuis 15 jours

Charles S., 34 ans, ancien avocat au barreau de Paris et fils de magistrat, avait découvert sa compagne au lit avec un autre homme dans la nuit 4 au 5 janvier 2017, en rentrant de façon inopinée dans leur appartement parisien.
Le trentenaire était alors entré dans un état de «rage»: il avait saisi un long couteau dans la cuisine et avait poignardé sa victime, âgée de 22 ans, au niveau du coeur.
Les secours, rapidement alertés, n'étaient pas parvenus à réanimer le jeune homme. Cet étudiant en biologie, qui rédigeait une thèse, s'était engagé 15 jours plus tôt dans une relation avec la jeune femme. Il ignorait qu'elle avait encore un compagnon.

Une «effroyable détermination»

Quel niveau de conscience avait Charles S. lorsqu'il a poignardé sa victime? Dans son réquisitoire rendu vendredi matin, l'avocate générale a écarté toute perte de contrôle, estimant que l'accusé était «pleinement responsable» de son geste.
«Le passage à l'acte ne résulte pas d'un coup de folie. Il procède d'un sentiment de haine qui trouve sa source» dans les doutes «entretenus de manière obsessionnelle» par l'accusé, a-t-elle déclaré, en dénonçant l'«effroyable détermination» de l’accusé.

«Un crime d'amour propre»

Selon son ex-compagne, le trentenaire aurait lancé juste après avoir poignardé sa victime: «C'est un crime passionnel, cela se défend très bien aux assises». Des propos que le Charles S. a toujours nié avoir tenus. «Pour ma part, je tiens pour acquis que ces mots ont été prononcés», a affirmé l'avocate générale. Et d'ajouter: ce qu'il a fait «n'est pas un crime d'amour car il n'avait plus d'amour pour elle: c'est un crime d'amour propre, d'appartenance».

Une relation toxique

Lors de l'enquête, des proches de Charles S. et de son ancienne compagne ont décrit un couple conflictuel, avec des «infidélités réciproques» et un «ascenseur émotionnel» permanent. Leur fonctionnement était «toxique», a insisté leur entourage.

(20 minutes/afp)