Italie

01 juin 2011 14:38; Act: 01.06.2011 14:56 Print

Il y aura un référendum sur le nucléaire

La Cour de cassation italienne a confirmé mercredi la tenue d'un référendum sur le nucléaire les 12 et 13 juin malgré l'arrêt du projet de retour à l'atome décidé en avril par le gouvernement de Silvio Berlusconi.

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Convaincu que le nucléaire est l'«avenir», Berlusconi souhaitait que les Italiens soient prêts à y revenir dans un an ou deux. (Photo: Reuters)

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Cette décision, qui intervient deux jours après l'annonce de l'abandon du nucléaire par l'Allemagne en 2022, a été vivement saluée par l'opposition de gauche et les anti-nucléaire qui avaient obtenu en janvier la tenue de cette consultation référendaire.

A la suite de l'accident à la centrale de Fukushima au Japon, le gouvernement avait donné en avril un coup d'arrêt au programme de réintroduction du nucléaire lancé en 2008, en abrogeant les normes relatives à la localisation et à la construction des centrales.

Mais M. Berlusconi avait dit être toujours convaincu que le nucléaire était l'«avenir» et avait ouvertement souhaité que les Italiens soient prêts à y revenir dans un an ou deux.

Confirmant des soupçons de l'opposition, le Cavaliere avait d'ailleurs reconnu que l'abrogation du programme avait également pour objectif de faire annuler le référendum en le privant de sa raison d'être, de peur qu'il n'empêche de manière définitive le retour à l'atome, l'un de ses projets phare.

L'accident de Fukushima a renforcé l'opposition au nucléaire en Italie alors que le pays avait abandonné l'atome en 1987 après un référendum à la suite de la catastrophe de Tchernobyl.

La confirmation du référendum «est une excellente nouvelle». «Les entourloupes du gouvernement ont été encore une fois démasquées», s'est félicité Pier Luigi Bersani, leader du Parti Démocrate, principal parti de gauche.

«La Cassation a censuré l'arrogance du gouvernement et a remis dans les mains des citoyens le droit de décider sur le nucléaire», a renchéri le Comité «Vote oui pour arrêter le nucléaire», constitué de plus de 80 associations.

«C'est vraiment une semaine horribilis pour Berlusconi», a ironisé Riccardo Nencini du Parti socialiste italien, en référence à la cinglante défaite du Cavaliere aux élections municipales, en particulier dans son fief de Milan (nord).

Les 12 et 13 juin, les Italiens doivent également se prononcer par référendum sur le rejet de deux autres lois: une sur la libéralisation de la gestion de l'eau qui doit donner plus de place aux privés et la loi dite de «l'empêchement légitime» permettant à Silvio Berlusconi de ne pas se présenter devant les tribunaux pendant 18 mois en raison de ses fonctions de Premier ministre. Cette loi a déjà été fortement amendée par la Cour constitutionnelle.

Une annulation du référendum sur le nucléaire aurait entraîné une moindre mobilisation de l'électorat et atteindre le quorum aurait donc été plus difficile, ce qui aurait pu entraîner l'invalidité des deux autres consultations.

(afp)