Hongrie-Serbie

14 février 2011 18:42; Act: 14.02.2011 20:01 Print

Inculpation du criminel nazi le plus recherché

La justice hongroise a inculpé lundi Sandor Kepiro, qui figure en tête de la liste des criminels nazis les plus recherchés par le Centre Simon Wiesenthal.

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L'homme était recherché pour des crimes de guerre perpétrés en Serbie en 1942.

Selon le chef d'inculpation, Sandor Kepiro - qui aura 97 ans vendredi - a contribué lors d'une razzia entre les 21 et 23 janvier 1942 à l'exécution de civils en tant que commandant d'une patrouille, a annoncé la porte-parole de l'Office du Procureur, Gabriella Skoda, dans un communiqué.

Elle fait référence au massacre de Novi Sad, au nord de la Serbie, dans la province de la Voïvodine, perpétré pendant l'occupation nazie de l'ex-Yougoslavie.

Des gendarmes et des soldats hongrois, auxiliaires de la Wehrmacht nazie et affectés en Voïvodine en raison de la présence d'une forte minorité hongroise (environ 300'000 personnes aujourd'hui), avaient tué quelque 1200 civils, juifs et serbes, selon le Centre Simon Wiesenthal, et «au moins 2000», selon la justice serbe.

Responsable de la mort de 36 personnes

Sandor Kepiro n'est pas inculpé pour l'ensemble de la tuerie, a précisé la porte-parole, interrogée par l'AFP. Le Parquet examine «seulement les actes de la personne soupçonnée», précise-t-elle. Lors des faits, environ 200 patrouilles, toutes composées de 10 à 12 soldats ou gendarmes, ont été à l'oeuvre et «une de ces patrouilles était sous le commandement de M. Kepiro». Au total, il devra répondre de l'assassinat de 36 personnes, a-t-elle indiqué.

«M. Kepiro est en ce moment en liberté. Il devra obligatoirement comparaître devant le Tribunal lors du procès», de gré ou de force, a souligné la porte-parole. Aucune date n'est encore fixée pour le procès.

Déjà condamné deux fois

L'inculpation en Hongrie intervient 15 ans après le retour à Budapest de cet ancien capitaine de gendarmerie, exilé pendant cinquante ans en Argentine. Déjà condamné à deux reprises en Hongrie, en 1944 et 1946, il n'a jamais purgé sa peine et a toujours clamé son innocence.

La Fédération des communautés juives hongroises s'est déclarée «satisfaite». «Nous espérons que le tribunal hongrois va décider une sentence appropriée pour Sandor Kepiro», a-t-elle déclaré dans un communiqué.

L'an passé, le Centre Simon Wiesenthal, du nom du chasseur autrichien de criminels de guerre nazis (1908-2005), avait épinglé plusieurs pays, y compris la Hongrie, dénonçant leur «faillite complète» dans la recherche d'anciens nazis.

(ats)