Espagne

25 juin 2014 09:47; Act: 25.06.2014 18:17 Print

Inculpation maintenue pour la soeur du roi

Un juge espagnol a décidé mercredi de maintenir l'inculpation de l'infante Cristina pour «blanchiment de capitaux» entre autres, ouvrant la perspective d'un procès inédit.

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La princesse Cristina risque un éventuel procès. (Photo: AFP/Josep Lago)

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Un juge espagnol a décidé mercredi de maintenir l'inculpation de la soeur du roi, l'infante Cristina, pour «délits contre le Trésor public et blanchiment de capitaux». Cette décision ouvre la perspective d'un procès inédit dans l'histoire du pays.

Le juge José Castro, du tribunal de Palma de Majorque aux Baléares, a clos l'instruction qu'il mène depuis quatre ans sur l'affaire de corruption dont le principal accusé est Iñaki Urdangarin, l'époux de Cristina. Le gendre de l'ancien roi Juan Carlos reste lui aussi inculpé pour le détournement présumé de plusieurs millions d'euros d'argent public. Les différentes parties peuvent maintenant faire appel.

Depuis deux ans et demi, le couple, écarté des activités officielles de la Famille royale, est au coeur du scandale qui a contribué à faire plonger la popularité de la couronne d'Espagne, jusqu'au coup de théâtre le plus spectaculaire: l'annonce le 2 juin, par le roi Juan Carlos, de son abdication.

Ce 19 juin, Cristina, âgée de 49 ans, qui longtemps a incarné l'image d'une princesse moderne et insouciante, était la grande absente au Congrès des députés, à Madrid, où son jeune frère, Felipe, promettait en prêtant serment de défendre une monarchie «intègre, honnête et transparente».

Société ciblée

Pour Felipe, âgé de 46 ans, les retombées de cette affaire constitueront l'une des premières embûches d'un délicat début de règne.

Parce que malgré la distance qui s'est établie au sein de la famille, il reste à mesurer quel impact aura le scandale sur la popularité du roi.

La Maison royale a elle exprimé mercredi son «respect total» envers la justice après la décision du magistrat.

Le juge José Castro a rendu son arrêt final dans l'affaire de la société à but non lucratif que présidait, entre 2004 et 2006, Iñaki Urdangarin, un ancien médaillé olympique de handball reconverti dans les affaires.

L'infante faisait partie, à la même époque, de la direction de cette société qui passait des contrats avec les autorités régionales des Baléares et de Valence pour l'organisation d'événements liés au sport.

Division parmi les magistrats

Le juge a confirmé l'inculpation de Cristina, de son mari, âgé de 46 ans, et de l'ex-associé d'Iñaki Urdangarin, Diego Torres, estimant qu'ils doivent être jugés.

La décision finale, toutefois, sera prise par le tribunal provincial, une instance supérieure, une fois épuisés les différents recours.

Le procureur anticorruption, après avoir longtemps travaillé main dans la main avec le juge, s'était lui opposé à l'inculpation de Cristina, faute selon lui d'éléments à charge suffisants. Les avocats du couple et lui ont dit qu'ils allaient faire appel de la décision du juge.

Autre affaire évoquée

Mais le juge Castro, réputé intègre et infatigable, a déjà lâché plusieurs bombes: en inculpant Cristina, en janvier, puis en la convoquant dans son bureau le 8 février, du jamais vu pour un membre de la Famille royale.

Au printemps 2013, une première mise en examen, pour trafic d'influence, avait été annulée à la demande du Parquet.

Le magistrat s'était alors orienté vers des soupçons de fraude fiscale et blanchiment via Aizoon, une société détenue à parts égales par Cristina et son époux. Les caisses de Aizoon, soupçonnée d'avoir servi de société écran, auraient été alimentées, pour environ un million d'euros, par de l'argent public détourné par Iñaki Urdangarin.

(ats/afp)