Pérou

25 février 2020 22:17; Act: 25.02.2020 22:48 Print

Interdiction de corrida: recours rejeté

Les associations de protection des animaux demandaient l'interdiction de la tauromachie et des combats de coqs, très populaires au Pérou.

storybild

Les corridas et combats de coqs populaires continueront d'exister sous la protection de la loi péruvienne. (Photo: AFP/archive)

Une faute?

La Cour constitutionnelle péruvienne a rejeté mardi un recours déposé par des associations de protection des animaux qui demandaient l'interdiction de la tauromachie et des combats de coqs, très populaires dans le pays.

Après quatre heures de délibération, la plus haute juridiction péruvienne a estimé que la règle qui prévoit que les deux spectacles traditionnels n'entrent pas dans le cadre de la loi sur la protection des animaux est conforme à la Constitution.

«Il n'y a pas eu les votes nécessaires pour que cette règle soit déclarée anti-constitutionnelle», a annoncé la présidente de la Cour, Marianella Ledesma. Les corridas et les combats de coqs restent donc considérés comme des expressions de la culture péruvienne, comme prévu par la loi sur la protection et le bien-être des animaux votée en 2000.

La décision n'est pas susceptible d'appel. Le recours avaient été déposé en octobre 2018 par une Péruvienne, Maria Eguiluz, représentant 5286 de ses concitoyens qui souhaitaient que soit mis fin «à tout type de spectacles cruels impliquant des animaux». Pour être approuvé, cinq des sept juges qui composent la Cour constitutionnelle devaient se prononcer favorablement.

Corrida et combats de coqs

Arrivés au Pérou au XVIe siècle avec les conquistadors espagnols, la corrida et les combats de coqs sont restés très populaires dans le pays, où l'on compte plus d'arènes que de stades de football. Les arènes de Acho, à Lima, construites en 1766, sont parmi les plus anciennes du monde.

Des manifestations de pro et anti-corrida ont eu lieu ces derniers jours dans le pays. «En tant que Péruvienne, je ne considère pas que c'est une tradition péruvienne, parce que c'est quelque chose qui a été apporté par les Espagnols» pendant la période coloniale, a dénoncé auprès de l'AFP, Ingrid Chavarri, militante de la cause animale.

«Pour moi, ce n'est pas de la maltraitance animale, pour moi (le taureau) est un être qui a été créé pour cela, un être avec un corps fait pour cela et un être qui vit grâce à cela. S'il n'y avait pas de corridas, toute cette espèce disparaîtrait», estime de son côté, Juan Manuel Roca Rey, un éleveur.

De nombreuses familles, souvent pauvres, se consacrent également à l'élevage de coqs pour les combats. Il existe dans le pays environ 700 «gallodromes».

(nxp/afp)