Jérusalem

17 février 2019 18:49; Act: 17.02.2019 19:04 Print

Israël bloque 138 millions destinés aux Palestiniens

Selon les autorités israéliennes, ce montant correspond aux allocations versées en 2018 par l'Autorité palestinienne à des terroristes emprisonnés, à leurs familles, aux anciens détenus.

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Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé son intention après le meurtre d'une jeune Israélienne par un Palestinien à Jérusalem. (Photo: Keystone)

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Israël va geler 138 millions dus à l'Autorité palestinienne en rétorsion contre les allocations que cette dernière verse aux familles de prisonniers palestiniens. Une famille palestinienne a par ailleurs été expulsée de sa maison de Jérusalem-Est au profit de colons. "Selon les chiffres des services de sécurité, l'Autorité palestinienne a versé en 2018 138 millions de dollars aux 'terroristes' emprisonnés, à leurs familles et aux anciens détenus.

C'est pour cela que nous avons décidé de geler cette même somme de l'argent qu'Israël reverse au titre des taxes" prélevées par l'Etat hébreu sur les produits palestiniens importés, déclare le communiqué du bureau du Premier ministre.

Loi votée en 2018

Le gouvernement israélien doit reverser régulièrement à l'Autorité palestinienne la TVA et les droits de douane qu'il prélève sur les produits importés par les Palestiniens.

Mais en juillet 2018, le Parlement israélien a voté une loi visant à geler ces versements à hauteur du montant des allocations accordées par l'Autorité palestinienne aux auteurs d'attaques contre l'occupant israélien et à leurs familles.

Elle n'avait jamais été appliquée, mais la semaine dernière, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé son intention de le faire après qu'un Palestinien a abattu une Israélienne à Jérusalem.

Héros de la lutte contre l'occupation

L'Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas verse des allocations aux familles de Palestiniens détenus par Israël en fonction des peines qui leur ont été infligées par l'Etat hébreu.

Ces prisonniers sont en effet considérés par de nombreux Palestiniens comme des héros de la lutte contre l'occupation israélienne de leurs territoires. Israël occupe la Cisjordanie et Jérusalem depuis 1967.

Famille expulsée de sa maison

Dans la Vieille ville de Jérusalem, une famille palestinienne a été expulsée dimanche dans ce contexte de sa maison au profit de colons israéliens, a constaté un photographe de l'AFP.

Des affrontements ont éclaté entre les habitants du quartier, situé dans la partie palestinienne de Jérusalem, et la police peu après qu'une dizaine de colons israéliens ont investi la bâtisse, protégés par les forces de l'ordre.

La maison était habitée par sept membres de la famille Abou Assab qui avait reçu un ordre d'éviction lui laissant jusqu'au 12 février pour quitter les lieux, selon l'ONG israélienne Ir Amim. Les Abou Assab y vivaient depuis les années 1960, d'après l'ONG.

Loi israélienne

Le bâtiment appartenait à une famille juive avant la guerre de 1948, date de la création d'Israël, selon l'ONG israélienne La Paix Maintenant, qui lutte contre la colonisation par Israël des Territoires palestiniens.

Expulsée de leur maison dans un autre quartier de Jérusalem en 1948, la famille Abou Assab s'était alors installée dans cette maison dont les habitants juifs avaient fui, a indiqué l'ONG dans un communiqué.

Grâce à une loi israélienne permettant le retour des Juifs dans leurs propriétés à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville occupée et annexée illégalement par Israël, des colons israéliens ont pu s'installer au nom de la famille juive propriétaire avant 1948, selon l'ONG.

Deux poids deux mesures

L'annexion de Jérusalem-Est n'a jamais été reconnue par la communauté internationale. D'après la loi israélienne, les Palestiniens ne peuvent eux pas réclamer les propriétés qu'ils ont abandonnées ou dont ils ont été chassés en 1948.

Mme Abou Assab a indiqué que son fils de 15 ans et son mari avaient été arrêtés après leur éviction, ce qu'a confirmé la police israélienne.

A Jérusalem-Est, "presque toutes les propriétés qui appartenaient à des Juifs avant 1948 sont menacées" de voir leurs occupants palestiniens expulsés, a indiqué La Paix Maintenant. Des dizaines de maisons dans la Vieille ville ont ainsi fini depuis les années 1980 aux mains de colons israéliens.

Environ 70 familles palestiniennes dans le quartier de Sheikh Jarrah et quelque 700 personnes dans le quartier de Silwan sont menacées d'expulsion car leurs propriétés appartenaient à des Juifs avant 1948, selon l'ONG.

(nxp/ats)