Proche-Orient

29 décembre 2008 15:26; Act: 29.12.2008 22:23 Print

Israël déterminé à faire «tomber» le Hamas

Pour la troisième journée d'affilée, l'aviation israélienne a frappé lundi les activistes palestiniens de Gaza.

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Le Hamas a nié toute volonté de conclure un cessez-le-feu, alors que se profile la perspective d'attaques terrestres.

«Nous sommes en guerre totale avec le Hamas et leurs pareils», a déclaré le ministre israélien de la défense Ehud Barak, justifiant ce déchaînement de violence sans précédent depuis 1967.

Le vice-premier ministre Haïm Ramon, numéro deux du gouvernement, a affirmé que «le but de l'opération est de faire tomber le régime du Hamas». «Après l'opération, il ne restera plus aucun bâtiment du Hamas debout à Gaza», a renchéri le chef d'état- major adjoint, le général Dan Harel, dans des propos rapportés par les médias.

Soutien américain

Selon un porte-parole militaire, les opérations pourraient se poursuivre durant «des jours». Jusque-là, les dirigeants israéliens affirmaient que l'opération dite «plomb durci» visait à mettre fin aux tirs de roquettes sur le sud du pays depuis la bande de Gaza, contrôlée depuis juin 2007 par le Hamas.

Marquant clairement son soutien à son allié israélien, la Maison Blanche a affirmé comprendre qu'Israël «doive agir pour se défendre», faisant valoir que ce pays n'avait pas l'intention de reprendre le contrôle de la bande de Gaza.

18 morts en une journée

Au moins 18 personnes, dont un enfant, ont été tuées lors des raids de lundi, qui ont visé notamment les maisons d'un chef militaire du Jihad islamique et d'un autre du Hamas. Le premier a été tué, alors que le second ne se trouvait pas chez lui au moment de l'attaque.

Les bombardements ont aussi détruit le bureau du premier ministre du gouvernement du Hamas, Ismaïl Haniyeh, et ont visé le ministère de l'intérieur dirigé par le mouvement islamiste palestinien. Selon le dernier bilan des services d'urgence de la bande de Gaza, les opérations israéliennes ont fait au total 345 tués et 1550 blessés depuis samedi.

L'Agence des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) a pour sa part fait état de 57 civils tués depuis samedi. Après trois jours de pilonnages, l'étroite bande côtière surpeuplée offrait une vision de chaos et de ruines et ses hôpitaux étaient débordés par l'afflux de blessés. Une dizaine de blessés ont été évacués lundi de Gaza vers l'Egypte.

Pas de cessez-le-feu

Malgré ces opérations, le Hamas a démenti être disposé à signer un accord de cessez-le-feu pour mettre fin aux attaques israéliennes à Gaza et obtenir la levée du blocus, comme l'avait rapporté le Sénégal, président en exercice de l'Organisation de la conférence islamique (OCI).

«Toute discussion à l'avenir, sur quelque sujet que ce soit, n'est pas envisageable tant que durent les attaques et le siège», a déclaré le représentant du Hamas au Liban, Ossama Hamdan, citant le chef du Hamas en exil, Khaled Méchaal.

Le mouvement palestinien a par ailleurs continué à tirer des roquettes sur le sud de l'Etat hébreu, tuant trois Israéliens et en blessant quatorze autres. Au total, quatre civils israéliens ont été tués par des roquettes depuis le début des raids aériens contre Gaza samedi.

Protestations dans le monde

L'opération israélienne a suscité une vague de protestations au Moyen-Orient, où Israël et son allié américain ont été conspués et leurs drapeaux brûlés. Des dizaines de milliers de manifestants se sont notamment rassemblés à Beyrouth à l'appel du Hezbollah chiite.

Des manifestations de protestation ont également eu lieu dans plusieurs pays occidentaux. Un millier de personnes se sont ainsi rassemblées à Genève, 600 à Montpellier, 500 à Londres et 300 à Athènes, où des drapeaux israéliens et américains ont été brûlés.

Dans ce contexte, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a réitéré lundi son appel à la cessation immédiate des violences à Gaza, qualifiant l'»escalade» actuelle d'»inacceptable». Les ministres des affaires étrangères de l'UE doivent quant à eux se réunir d'urgence mardi à Paris pour examiner la situation.


Israël s'apprête à envahir la bande de Gaza:

(afp)