Sénat français

01 octobre 2011 17:18; Act: 01.10.2011 18:18 Print

Jean-Pierre Bel premier président socialiste

Jean-Pierre Bel a été élu samedi au «plateau» dès le 1er tour de scrutin, scellant la victoire historique de la gauche, majoritaire à la haute assemblée pour la première fois depuis 1958.

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Un président socialiste pour le Sénat: le sénateur de l'Ariège l'a emporté par 179 voix contre 134 au président sortant Gérard Larcher, sénateur UMP des Yvelines, et 29 voix à la centriste Valérie Létard, proche de Jean-Louis Borloo, sénatrice du Nord. La majorité absolue, requise pour l'emporter au premier tour, était de 172 voix, 342 suffrages ayant été exprimés.

Deuxième personnage de l'Etat

Après avoir laissé planer l'éventualité d'une candidature verte, le sénateur Jean-Vincent Placé avait annoncé samedi matin que les élus d'Europe Ecologie-Les Verts voteraient finalement pour le candidat socialiste dès le premier tour, ayant reçu des gages de son engagement en faveur de l'écologie.

A 59 ans, M. Bel devient le deuxième personnage de l'Etat, le président du Sénat remplaçant le président de la République en cas d'empêchement, démission ou décès de ce dernier.

Les sénateurs, au nombre de 348 depuis le renouvellement partiel de la haute assemblée, s'étaient retrouvés dans l'après-midi dans l'hémicycle pour élire leur président. Un vote au secret à la tribune, chaque sénateur montant tour à tour déposer son bulletin dans l'urne verte dans une effervescence médiatique inhabituelle.

La droite minimise sa défaite

Moins d'une semaine après la victoire «historique» de la gauche aux sénatoriales, le scrutin était particulièrement suivi. Depuis dimanche dernier, la gauche détient en effet 177 des sièges du Sénat contre 171 pour la droite, une révolution au palais du Luxembourg. Jamais dans l'histoire de la Ve République, le Sénat n'avait connu une majorité de gauche.

A l'approche de la présidentielle de 2012, ce basculement, fêté comme un heureux présage par le Parti socialiste, a poussé la feutrée chambre haute du Parlement sous le feu des projecteurs politiques.

La droite s'est employée à minimiser la portée de cette défaite «prévisible» après ses revers aux dernières élections locales, plusieurs responsables de l'UMP espérant même une revanche lors de ce «troisième tour» de la sénatoriale. «C'est là que se dessinera vraiment la majorité sénatoriale», avait averti le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé dès dimanche soir. En début de semaine, le sénateur de la Vienne Jean-Pierre Raffarin assurait que Gérard Larcher avait toutes ses chances.

Mais Nicolas Sarkozy avait mis fin mardi au «chipotage»: «Il faut prendre en compte les résultats» des sénatoriales, avait souhaité le président de la République lors d'une réunion avec des membres de la majorité à l'Elysée, d'après plusieurs participants. Le chef de l'Etat va désormais devoir composer avec un Sénat dans l'opposition.

(ap)