Présidentielle américaine

10 janvier 2016 07:16; Act: 10.01.2016 08:06 Print

Jeb Bush tente de sauver sa candidature

Jeb Bush était autrefois l'un des favoris de la course à la Maison Blanche. Donald Trump lui a brûlé la politesse.

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Donald Trump, entouré de sa famille à la Trump Tower à New York, réagit après sa victoire dans l'Indiana. (Mercredi 3 mai 2016). Donald Trump a étrillé ses adversaires. Clinton et Cruz en ont pris pour leur grade. (Dimanche 1er mai 2016) Le sénateur du Texas Ted Cruz a annoncé avoir choisi son ancienne adversaire Carly Fiorina comme colistière, le 27 avril à Indianapolis (Indiana). Fiorina, ex-PDG de Hewlett-Packard, était elle-même candidate plus tôt dans la saison. Si Cruz est élu président, Fiorina sera donc vice-présidente. (Mercredi 27 avril 2016). Le candidat républicain Donald Trump veut une politique étrangère moins interventionniste. (Mercredi 27 avril 2016) Ted Cruz à Casper, dans le Wyoming. Il a remporté tous les délégués lors de cette convention du parti local, qui n'organise pas de primaire à proprement parler. (Samedi 16 avril 2016). Corey Lewandowski, directeur de campagne de Donald Trump, ne sera pas poursuivi pour avoir empoigné une journaliste. (Jeudi 14 avril 2016) Fils et frère d'ex-présidents, Jeb Bush, âgé de 63 ans, s'est retiré de la course à l'investiture le 20 février. L'ex-candidat a apporté mercredi son soutien à Ted Cruz. (23 mars 2016) Des manifestants ont bloqué une route de Phoenix, aux Etats-Unis, protestant ainsi contre le candidat républicain Donald Trump, avant un meeting. (Samedi 19 mars 2016) Les quatre candidats restant lors du premier débat cordial et sérieux de cette campagne, le 10 mars à Coral Gables en Floride: Marco Rubio, Donald Trump, Ted Cruz et John Kasich. (10 mars 2016). Donald Trump dans son domaine de golf de Jupiter, en Floride, alors qu'il vient de remporter les primaires du Mississippi et du Michigan. (mardi 8 mars 2016). Marco Rubio a remporté la primaire de Porto Rico le 6 mars. Il est le seul candidat à avoir fait campagne sur place, ici près de San Juan le 5 mars. (dimanche 6 mars 2016). Ben Carson a confirmé, lors d'un meeting, son retrait de la course à l'investiture républicaine. Il avait évoqué sa décision il y a deux jours. (Image - 4 mars 2016) Lors du débat diffusé par Fox News, le ton a été particulièrement virulent entre Trump et Rubio, qui s'insultent par media interposés depuis une semaine. (3 mars 2016). Le débat, qui avait lieu à Detroit (Michigan, Midwest), rassemblait les 4 derniers candidats en lice. De gauche à droite : le sénateur de Floride Marco Rubio, l'homme d'affaires Donald Trump, le sénateur du Texas Ted Cruz et le gouverneur de l'Ohio John Kasich. (3 mars 2016). Le sénateur de Floride Marco Rubio, à gauche, et Donald Trum lors du débat télévisé sur Fox News le 3 mars 2016. (3 mars 2016). Mitt Romney est revenu sur le devant de la scène pour critiquer Donald Trump. Les conservateurs républicains ont en effet décidé de monter au créneau pour faire échouer le milliardaire. (Jeudi 3 mars 2016) Le candidat républicain Ben Carson a évoqué son retrait de la course à la Maison Blanche. (Mercredi 2 mars 2016) Jeb Bush a annoncé son retrait à la course à la Maison Blanche samedi, après un nouveau revers. (Samedi 20 février 2016) Le milliardaire américain Donald Trump avait déjà envisagé de se présenter aux élections de 1988, 2000, 2004 et celles de 2012 quand il a finalement soutenu Mitt Romney. Ben Carson, un proche du Tea Party, est le seul noir à concourir pour l'investiture républicaine. Il a débuté sa carrière politique récemment. Il était cependant connu comme un neurochirurgien respecté. Jeb Bush, ancien gouverneur de Floride entre 1999 et 2007, est le frère de l'ex-président George W. Bush. Il est passé ces dernières semaines de favori à outsider. Chris Christie, gouverneur du New Jersey depuis 2010, a vu son image ternie par le scandale du «bridgegate» à New York. Marco Rubio s'est fait découvrir du grand public lors de son élection au Sénat pour la Floride, surfant sur la vague du Tea Party, en 2010. Rand Paul s'est fait connaître du grand public en conduisant la vague «Tea Party» lors des élections de mi-mandat en 2010. Il est sénateur du Kentucky. Le sénateur du Texas Ted Cruz est un ultra-conservateur, figure du Tea Party et proche des évangélistes. Mike Huckabee, gouverneur de l'Arkansas de 1996 à 2007, s'est déjà présenté aux primaires pour les présidentielles de 2008. La Texane Carly Fiorina est la seule femme à concourir pour l'investiture républicaine. Elle est l'ancienne directrice générale de Hewlett-Packard (HP). Le candidat malheureux à la primaire républicaine de 2012 Rick Santorum a officialisé le 27 mai son intention d'accéder à la Maison Blanche. Le gouverneur de l'Ohio, John Kasich, s'est lancé dans la course le 21 juillet 2015. L'ancien gouverneur de Virginie Jim Gilmore est avocat de formation. George E. Pataki a occupé le siège du gouverneur de New York entre 1995 et 2006. Il s'est retiré de la course à l'investiture républicaine le 29 décembre 2015. Bobby Jindal, fils d'immigrés indiens et converti au catholicisme, est le gouverneur de l'Etat de Louisiane depuis 2008. Il a renoncé à se présenter le 17 novembre 2015. Lindsey Graham, le sénateur de Caroline du Sud, s'est déclaré candidat pour les primaires républicaines le 1er juin dernier. Il s'est retiré de la course le 21 décembre 2015.

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Le climat politique, anti-système et anti-sortants, n'est pas favorable à Jeb Bush, ex-gouverneur de Floride, fils et frère des deux derniers présidents républicains, George H. W. Bush (1989-1993) et George W. Bush (2001-2009).

Le milliardaire Donald Trump est en tête des intentions de vote des républicains au niveau national, suivi par le sénateur du Texas Ted Cruz, un ultra-conservateur qui mise lui aussi sur le rejet de l'establishment par les électeurs.

Trump ironise

Initialement, la candidature de Jeb Bush est partie sur les chapeaux de roues. C'était il y a un an environ, et les amis du républicain ont levé plus de 100 millions de dollars avant même sa déclaration formelle de candidature, le 15 juin 2015. Le lendemain, Donald Trump se déclarait, bouleversant la course des primaires.

Aujourd'hui, Jeb Bush recueille en moyenne entre 3 et 4% des intentions de vote, et Donald Trump (34%) se moque souvent de lui pour son manque d'énergie. Il est allé jusqu'à le tancer en l'encourageant à utiliser son nom de famille pour remonter.

«Il avoue ne pas comprendre ce phénomène», dit à l'AFP un grand donateur de Jeb Bush. Selon lui, le républicain est atterré face au succès d'un homme ayant une si faible maîtrise des enjeux de politique étrangère. Jeb Bush est choqué, dit-il, «qu'un homme comme Trump soit récompensé pour tant de déclarations intolérantes, scandaleuses et fausses».

Début dans l'Iowa

Les primaires se dérouleront sur plusieurs mois dans tous les Etats, mais le début, dans l'Iowa le 1er février, puis dans le New Hampshire le 9 février, est plus important car ces premières consultations sont les premiers tests électoraux concrets, après des mois de sondages virtuels. Les deux Etats servent souvent à éliminer, de facto, les candidats les plus faibles.

Jeb Bush a apparemment abandonné l'Iowa pour espérer un coup d'éclat dans le New Hampshire, où il a renforcé ses équipes. Sa cote y est meilleure qu'au niveau national, avec 9% des intentions de vote en moyenne, selon le site spécialisé RealClearPolitics.

«J'ai fini par me dire que pour Jeb, le New Hampshire était une affaire de vie ou de mort», dit le donateur. «Je n'aurais jamais imaginé ça. Il a mis énormément de ressources sur le New Hampshire, comme s'il mettait tous ses jetons au milieu de la table».

Fronde anti-Trump

Bush n'est pas seul à avoir été marginalisé par Donald Trump. Les gouverneurs du New Jersey, Chris Christie, et de l'Ohio, John Kasich, entendent aussi rassembler le camp des électeurs «sérieux» donc selon eux anti-Trump, et ils fondent leur stratégie sur un succès dans le New Hampshire.

«L'establishment républicain est apoplectique face à Trump et Cruz», dit le professeur Steffen Schmidt, de l'Université d'Etat de l'Iowa, qui suit les présidentielles depuis 40 ans. Selon ce politologue, il ne faut pas se focaliser sur le New Hampshire, et plutôt s'intéresser aux primaires suivantes, où Jeb Bush et d'autres pourraient amasser de nombreux délégués. New York, l'Illinois, l'Ohio, le Wisconsin, la Pennsylvanie voteront en mars et avril, et la Californie et le New Jersey en juin. Les républicains y sont jugés plus traditionnels et peut-être moins enclins à voter Trump.

Etat le plus peuplé

Pour tenir jusque-là, le trésor de guerre de Jeb Bush sera bien utile, note Steffen Schmidt. Pour gagner en Californie, l'Etat le plus peuplé, par exemple, les candidats devront dépenser des fortunes en publicités télévisées.

Les partisans de Bush regrettent cependant qu'il n'ait pas frappé plus fort, à la télévision, contre Donald Trump.

Une «tragédie»

Pour le consultant politique Stuart Stevens, conseiller du candidat républicain Mitt Romney en 2012, Jeb Bush aurait dû attaquer Donald Trump très fort dès le début, au lieu de s'en prendre à ses rivaux du centre-droit, notamment le sénateur Marco Rubio, troisième des sondages nationaux.

«Il n'y a rien de honteux à perdre une élection présidentielle», dit Stuart Stevens à l'AFP. «Mais faire campagne et perdre, tout en aidant la personne qui représente tout ce à quoi vous vous opposez dans le parti républicain et dans votre vie, ce serait une tragédie».

(nxp/afp)