France

28 février 2020 21:31; Act: 28.02.2020 21:32 Print

Jeune éborgné par un tir de LBD: policier inculpé

Soupçonné d'avoir grièvement blessé un jeune au visage par un tir de lanceur de balles de défense en Essonne, un policier est poursuivi par la justice.

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Le jeune homme a été touché par un tir de LBD lors d'échauffourées en marge d'un contrôle de police. (Photo: AFP/DR)

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Moins d'une semaine après la grave blessure d'un jeune éborgné par un LBD samedi dernier en Essonne, le policier soupçonné d'être l'auteur du tir a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire vendredi soir, comme l'avait requis le parquet d'Evry.

«Mutilation policière»

Le policier est poursuivi pour «violence volontaire ayant entraîné une infirmité permanente», une qualification criminelle passible des assises. Deux magistrats vont instruire l'affaire, a précisé le parquet dans un communiqué. Celui-ci avait précédemment ouvert une enquête préliminaire, confiée à l'Inspection générale de la police nationale, la «police des polices».

«On est au-delà d'un cas de violence policière, on est dans le coeur d'un dossier de mutilation policière» par un tir de Lanceur de balles de défense (LBD), avait affirmé plus tôt dans l'après-midi l'avocat du jeune homme de 19 ans, Me Eddy Arneton.

Son client a été grièvement blessé lors d'échauffourées en marge d'un contrôle de police qui a dégénéré dans le quartier sensible des Hautes-Mardelles à Brunoy samedi soir.

«Les exploitations d'enregistrement vidéo ont mis en évidence que, contrairement aux déclarations du policier évoquant un tir de riposte à des violences, ce tir ne semblait pas conforme aux règles d'engagement de cette arme», avait souligné plus tôt le parquet dans un autre communiqué.

Le parquet avait donc requis le placement sous contrôle judiciaire de ce fonctionnaire de la Brigade anticriminalité (BAC) du Val d'Yerres, avec interdiction d'exercer et interdiction de porter une arme.

Son avocat n'était pas joignable vendredi.

«Il n'avait rien fait»

Les syndicats policiers du département avaient dans l'après-midi tenu à rappeler le principe de présomption d'innocence, mais aussi, comme l'a indiqué Claude Carillo, secrétaire départemental d'Alliance, «les conditions difficiles dans lesquelles nos collègues interviennent dans le département de l'Essonne, notamment lorsqu'ils doivent faire face à de l'ultra-violence, comme ça a été le cas aux Hautes-Mardelles».

«Malheureusement dans notre profession, on peut commettre une erreur, (...). Malgré tout, on soutient notre collègue», a de son côté indiqué Olivier Michelet, secrétaire départemental Unité-SGP-Police 91.

Les faits ont eu lieu alors que des policiers essayaient de contrôler un groupe de jeunes samedi vers 23H00. A la vue des policiers, le groupe a pris la fuite en laissant sur place une chicha et un pass Navigo, saisis par les fonctionnaires.

Lorsque les jeunes ont cherché à récupérer la chicha, la situation a dégénéré et les premières échauffourées ont éclaté. Aux jets de projectiles divers, les policiers ont répondu à coups de gaz lacrymogène avant un bref retour au calme.

Plus tard dans la nuit, une dizaine de personnes s'en sont prises au dispositif de maintien de l'ordre mis en place dans le quartier. C'est à ce moment-là que le fonctionnaire de la BAC a touché la victime au visage avec son LBD.

Me Arneton ne s'explique pas pour autant l'incident qui a touché son client. «Il n'avait rien fait, il était présent sur les lieux, il n'a eu aucun comportement qui aurait pu légitimer une interpellation ou un tir de flashball à moins de dix mètres», a-t-il affirmé. «L'utilisation du LBD au bout d'un moment, on doit comprendre qu'il faut qu'elle soit interdite», a-t-il estimé.

Arme controversée du maintien de l'ordre, le LBD est accusé d'avoir provoqué de graves blessures en marge des manifestations des «gilets jaunes».

(nxp/afp)