France

07 juillet 2018 09:11; Act: 08.07.2018 07:06 Print

Jeune tué à Nantes: encore une nuit agitée

Une trentaine de voitures ont été incendiées à Nantes après la mort d'un jeune tué par la police mardi.

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Dans le quartier du Breil, à Nantes, la nuit a été calme pour la première fois depuis mardi soir et la mort d'une jeune homme de 22 ans tué par un policier. (Dimanche 8 juillet 2018) Le policier auteur du tir mortel contre un jeune de 22 ans, mardi soir lors d'un contrôle de police à Nantes, a changé sa version des faits lors de sa garde à vue, affirmant avoir tiré «par accident». (Vendredi 6 juillet 2018) De nouvelles violences ont secoué Nantes dans la nuit de jeudi à vendredi. La police a procédé à trois arrestations. (6 juillet 2018) La situation était toujours tendue, mercredi, dans la journée et dans la soirée, à Nantes. (Jeudi 5 juillet 2018) Le décès d'un jeune homme lors d'un contrôle de police a déclenché des violences urbaines dans plusieurs quartiers de Nantes avec des jeunes armés de cocktails Molotov, des voitures incendiées. (Mercredi 4 juillet 2018) Plusieurs quartiers sensibles de Nantes, comme celui de Breil, ont été touchés par les émeutes urbaines. . (Mercredi 4 juillet 2018). (Mercredi 4 juillet 2018) Des voitures ont été incendiées, comme ici dans le quartier de Malakoff. (Mercredi 4 juillet 2018) Les forces de l'ordre redoutent que les violences ne reprennent mercredi soir. (Mercredi 4 juillet 2018) Près de 200 policiers ont été mobilisés pour contenir les émeutes, selon la police. (Mercredi 4 juillet 2018) Un centre commercial dans le quartier de Dervallieres a en partie été ravagé par les flammes. (Mercredi 4 juillet 2018) La situation semblait apaisée peu avant 03h00 dans les trois quartiers touchés par les violences. Il n'y a pas eu d'interpellation, selon une source policière. (Mercredi 4 juillet 2018)

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De nouveaux incidents ont éclaté à Nantes dans la nuit de vendredi à samedi, pour la quatrième fois consécutive et peu après la mise en examen du CRS qui a tué Aboubakar F. mardi soir lors d'un contrôle de police.

Emaillée de feux de voitures, la nuit a cependant été plus calme que les précédentes, selon la police. On dénombre ainsi 35 véhicules incendiés sur toute l'agglomération, notamment à Saint-Herblain, Orvault, Rezé et dans les quartiers nantais du Breil et de Bellevue.

Les forces de l'ordre ont essuyé des jets de cocktails Molotov au Breil et à Bellevue et ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes. Un début d'incendie a touché un bâtiment du bailleur social Nantes Habitat dans le quartier du Breil. Les forces de l'ordre ont levé leur dispositif de sécurisation vers 04H30 du matin.

Juste avant ces nouvelles violences, le policier auteur du tir avait été libéré sous contrôle judiciaire, conformément aux réquisitions du procureur de Nantes Pierre Sennès. Il a été mis en examen pour «coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner», a précisé son avocat Laurent-Franck Lienard à l'AFP.

Placé en garde à vue jeudi midi, le policier a reconnu avoir menti lors de sa première audition libre mercredi, avait annoncé un peu plus tôt son avocat. Il affirme désormais avoir tiré «par accident» sur le jeune homme de 22 ans, originaire de Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise). Il avait auparavant indiqué «avoir tiré en raison de la dangerosité du conducteur et pour protéger les personnes qui pouvaient se trouver à proximité sur la trajectoire du véhicule», selon M. Sennès.

Déroulé des faits

Selon le procureur, le déroulement des faits s'est fait en trois phases: le contrôle de police d'environ «10 à 15 minutes», où M. Fofana va donner une fausse identité et où les policiers vont lui demander de se garer et de les suivre au commissariat.

Puis la deuxième où il va fuir en marche arrière, manoeuvre «particulièrement dangereuse puisque dans sa course le conducteur va frôler un fonctionnaire de police» avec «à ses côtés deux enfants». Le policier va «se projeter sur le bas-côté» emporter avec lui «une fillette qui aurait pu être heurtée par le véhicule du fuyard», précise le procureur. Le conducteur va ensuite percuter un véhicule en stationnement.

Enfin, après ce choc, le conducteur va de nouveau tenter de fuir en marche arrière. C'est alors que le policier mis en examen va tirer sur le conducteur.

«Corps-à-corps»

Il a indiqué «qu'en réalité il (avait) tenté de se pencher dans l'habitacle du véhicule pour saisir le volant et essayer d'arrêter la manoeuvre», a relaté le procureur. «C'est à ce moment là, indique-t-il, dans le cadre de ce qu'il appelle un corps-à-corps, que le coup de feu est parti accidentellement pour toucher mortellement le conducteur.» «Il ne m'appartient pas (...) d'arbitrer ce soir entre ces différentes versions. Je m'en tiens à la qualification pénale des faits», a ajouté M. Sennès.

Aboubakar F., sous le coup d'un mandat d'arrêt pour «vol en bande organisée, recel et association de malfaiteurs», a été touché au cou par le tir du policier mardi vers 20H30. Il est mort à l'hôpital deux heures plus tard. Sa mort a provoqué quatre nuits consécutives de violences urbaines dans les quartiers «sensibles» de Nantes.

Voiture de la maire brûlée

Dans la nuit de jeudi à vendredi huit bâtiments ont été dégradés et 52 véhicules incendiés principalement dans les quartiers dits «sensibles» de Nantes. La voiture personnelle de la maire (PS) Johanna Rolland a aussi été incendiée.

Plusieurs départs d'incendie ont touché des bâtiments publics, dont un lycée professionnel, une école, une maison de l'emploi et une maison des habitants. «Il faut que les troubles qui agitent la ville (...) cessent», avait lancé le procureur vendredi. «Qu'ils cessent pour respecter les attentes légitimes de la famille de M. Fofana de connaître les circonstances précises entourant la mort de son fils.»

Trois hommes de 20 à 31 ans ont été condamnés vendredi à quatre mois de prison avec sursis pour des violences commises au lendemain de la mort d'Aboubakar Fofana, des peines nettement en-deçà des réquisitions du ministère public. Vendredi, la préfète de Loire-Atlantique a pris deux arrêtés pour interdire l'achat et la vente au détail de carburant ainsi que la cession ou la vente d'artifices de divertissement jusqu'au 13 juillet sur l'agglomération nantaise.

(nxp/afp)