Démission de Morales

11 novembre 2019 03:58; Act: 11.11.2019 06:58 Print

Joie et violence dans les rues en Bolivie

Le départ d'Evo Morales a provoqué des explosions de joie un peu partout en Bolivie, mais aussi quelques violences.

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Les manifestations de samedi ont fait quatre morts. (Samedi 16 novembre 2019) Des affrontements opposent des partisans d'Evo Morales aux forces de l'ordre depuis que la sénatrice de droite Jeanine Añez a pris le pouvoir. (Samedi 16 novembre 2019) La crise qui secoue la Bolivie depuis fin octobre a fait 23 morts lors des manifestations. (Samedi 16 novembre 2019) La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Michelle Bachelet a dénoncé samedi «l'usage inutile et disproportionné de la force par la police et l'armée» en Bolivie. (Samedi 16 novembre 2019) Cinq cultivateurs de coca partisans du président bolivien déchu Evo Morales ont été tués vendredi au cours d'affrontements avec la police et l'armée à Cochabamba, dans le centre du pays. (Samedi 16 novembre 2019) Les partisans de l'ancien président bolivien Evo Morales manifestent à La Paz (14 novembre 2019). Des affrontements ont éclaté mercredi dans le centre de La Paz entre des manifestants partisans de l'ancien chef de l'Etat et les forces de l'ordre. (Mercredi 13 novembre 2019) Supporters of Bolivian ex-President Evo Morales demonstrate in La Paz on November 14, 2019. - Bolivia's exiled former president Evo Morales said Wednesday he was ready to return to 'pacify' his country amid weeks of unrest that led to his resignation. (Photo by RONALDO SCHEMIDT / AFP) Depuis Mexico, où il est arrivé mardi pour y bénéficier de l'asile politique, Evo Morales s'est dit prêt à rentrer dans son pays. «Nous reviendrons tôt ou tard», a-t-il assuré. (Mercredi 13 novembre 2019) La deuxième vice-présidente du Sénat, Jeanine Añez, s'est proclamée présidente par intérim de la Bolivie, malgré l'absence de quorum au Parlement. (Mardi 12 novembre 2019) Evo Morales le dirigeant bolivien déchu a atterri au Mexique qui lui a accordé l'asile. (Mardi 12 novembre 2019) Evo Morales annonce son départ pour le Mexique qui lui a accordé l'asile. (11 novembre 2019) La future présidente par intérim a annoncé lundi la prochaine convocation d'une présidentielle. Pendant ce temps-là, des partisans d'Evo Morales convergent vers La Paz. (11 novembre 2019) Le ministre mexicain des Affaires étrangères Marcelo Ebrard a annoncé lundi que le Mexique avait décidé d'accorder «l'asile politique» à Evo Morales. Un avion est en route pour aller le chercher. (11 novembre 2019) Des milliers de Boliviens sont descendus dans les rues de tout le pays pour fêter la démission d'Evo Morales. (Lundi 11 novembre 2019) Des milliers de Boliviens fêtaient dans la rue la démission du chef de l'État, au terme de trois semaines de manifestations. (Dimanche 10 novembre 2019) Les présidents cubain et vénézuélien ont dénoncé dimanche soir un coup d'État après la démission du président bolivien Evo Morales. (10 novembre 2019) Le président bolivien Evo Morales a jeté l'éponge face à la détermination de la rue. Il renonce à son «poste de président». (Dimanche 10 novembre 2019) Une foule de manifestants hostiles au président Evo Morales a occupé samedi à La Paz les sièges de deux médias d'État, la télévision Bolivia TV et Radio Patria Nueva. (Dimanche 10 novembre 2019) Les unités de police des villes boliviennes de Sucre (sud-est), Santa Cruz (est) et Cochabamba (centre) se sont mutinées vendredi. Elles refusent de réprimer des manifestations de l'opposition. (Vendredi 8 novembre 2019) Un manifestant bolivien dans le coma a succombé à ses blessures mercredi, ce qui porte à trois le nombre de décès depuis le début de la crise post-électorale. (6 novembre 2019) Les Nations Unies ont appelé à une pacification «immédiate» en Bolivie, après des «affrontements entre civils» et de «graves actes de violences en divers endroits du pays». (Mardi 29 octobre 2019) Au moins 30 personnes ont été blessées dans des affrontements au cours de manifestations pro et anti-Morales, plus d'une semaine après la réélection contestée du président. (28 octobre 2019) Le président bolivien Evo Morales, dont la réélection est contestée par l'opposition et une partie de la communauté internationale, a exclu toute «négociation politique» lors d'un discours à Cochabamba, dans le centre du pays. (26 octobre 2019) Le Tribunal suprême électoral (TSE) a officiellement déclaré vainqueur de la présidentielle de dimanche en Bolivie Evo Morales. (Samedi 26 octobre 2019) Les résultats officiels publiés jeudi soir donnent le président sortant Evo Morales réélu dès le premier tour en Bolivie. (24 octobre 2019) L'interminable dépouillement de la présidentielle se poursuivait dans la nuit de mercredi à jeudi en Bolivie, pays en proie à une grève générale émaillée d'affrontements entre partisans et détracteurs du socialiste Evo Morales qui brigue la réélection. (24 octobre 2019) Des organisations citoyennes proches de l'opposition ont appelé mardi à la grève générale en Bolivie pour protester contre les résultats électoraux partiels. (Mardi 22 octobre 2019) De violents incidents ont éclaté lundi à travers le pays, à l'annonce de nouveaux résultats partiels qui donnent le président sortant Evo Morales vainqueur au premier tour. (Lundi 21 octobre) Ces manifestations intervenaient après que les autorités électorales, sans aucune explication, ont repris lundi soir le décompte rapide des voix interrompu la veille. (Lundi 21 octobre) Dans la soirée, Carlos Mesa a dénoncé une «fraude» et annoncé qu'il ne reconnaissait pas les derniers résultats provisoires. (Lundi 21 octobre) Lundi à 21h00 (03h00 en Suisse mardi), la page web du Tribunal suprême électoral bolivien (TSE) donnait Evo Morales (photo) en tête, avec 46,87% des voix, creusant l'écart avec son principal adversaire Carlos Mesa. (Lundi 21 octobre)

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Des centaines de Boliviens ont rempli dimanche la place Murillo à La Paz, face au palais présidentiel, pour fêter la démission d'Evo Morales, qui a dirigé le pays durant près de 14 ans. «Ceci est mon seul drapeau!», criait un jeune manifestant portant un casque de chantier blanc et qui agitait l'étendard rouge, jaune et vert de la Bolivie.

Pendant ce temps, la police retirait des bâtiments officiels, dont le Parlement, le Tribunal électoral et le commandement de la police, la Whiphala, le drapeau andin indigène multicolore qu'Evo Morales a introduit comme symbole national en 2009. «Cet imbécile (Morales), qui ne sait pas réfléchir, est parti par la fenêtre, quelle bonne nouvelle ! On est heureux», confie Reggina Sojas, commerçante de 61 ans, venue célébrer l'événement sur l'avenue El Prado, principal axe de La Paz.

Peu avant, Luis Fernando Camacho, le dirigeant le plus visible et radical de l'opposition, s'était rendu au siège du gouvernement à La Paz pour y remettre symboliquement une lettre de démission à signer par Evo Morales, ainsi qu'un exemplaire de la Bible. «Quel moment de gloire pour nous ! On est vraiment contents, vive la démocratie», se réjouissait aussi Ricardo Revilla, employé de banque de 37 ans.

A quelques pas de là, à un des coins de la place Murillo, des policiers d'une unité qui s'était mutinée contre le président éclatait de joie au côté des manifestants à qui ils faisaient face il y a encore quelque jours.

Policiers qui prient

A l'autre bout du pays, à Santa Cruz, 900 km à l'est de La Paz, une femme agitait un drapeau bolivien en remerciant «Dieu de nous avoir libéré du dictateur», comme ses adversaires appelaient Evo Morales. «Nous sommes contents que la démocratie soit de retour après tant de tyrannie», s'est réjoui un jeune manifestant.

Des responsables locaux de la police ont prié à genoux devant les portes de la cathédrale. A Sucre, la capitale constitutionnelle de la Bolivie, un groupe de personnes s'est réuni sur la place d'Armes, où la république a été fondée en 1825, pour entonner l'hymne national. «Mourir avant de vivre en esclave», disent les paroles.

«Nous n'allons pas bouger de la rue jusqu'à ce que le dictateur, l'assassin quitte le palais», a déclaré l'ancienne candidate à l'élection présidentielle Ruth Nina, qui préside une association de femmes de policiers, aux portes d'une caserne de La Paz, où se trouvaient des policiers mutins.

Des troubles ont éclaté dans la nuit de dimanche à lundi à La Paz et à El Alto, une ville proche de la capitale bolivienne, à la suite de la démission du président Evo Morales. De nombreux autobus ont été incendiés ainsi que des domiciles de personnalités, selon les médias locaux.

A La Paz, des dizaines de manifestants «sont entrés dans nos installations et sont en train d'incendier les autobus», a déclaré sur Twitter le service municipal de transport public de La Paz. Les médias ont montré que quinze véhicules étaient en flammes dans le centre d'entretien des autobus. Le domicile d'un ancien ministre, Juan Ramon Quintana, a été pillé par des inconnus qui ont emporté tous ses documents, selon les déclarations de Juan Ramon Quintana lui-même à la télévision.

De plus, plusieurs dizaines de personnes semaient la peur au cours de la nuit dans le quartier aisé d'Achumani, dans le sud de La Paz. Au milieu de la nuit, des patrouilles de l'armée ont commencé à parcourir les rues de La Paz et d'El Alto. En revanche, les policiers, dont de nombreuses unités s'étaient mutinées ces derniers jours contre le président Maduro, n'effectuaient pas de patrouilles, sans que leur absence actuelle ne soit expliquée par leur commandement.

(nxp/afp)