Portugal

23 mars 2011 21:23; Act: 23.03.2011 22:46 Print

José Socrates a présenté sa démission

Le Premier ministre portugais José Socrates a présenté mercredi soir sa démission, moins de deux heures après le rejet par le parlement de son nouveau programme d'austérité.

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Le Premier ministre portugais José Socrates a annoncé mercredi soir sa démission, moins de deux heures après le rejet par le parlement de son nouveau programme d'austérité. Il a averti que la crise politique aurait des «conséquences gravissimes» pour le pays.

«Cette crise politique, en ce moment, aura des conséquences gravissimes sur la confiance dont le Portugal a besoin auprès des institutions et des marchés financiers», a dit M. Socrates, dont la démission est intervenue à la veille du sommet européen qui doit parachever la réponse de l'UE à la crise de la dette.

«Aujourd'hui, tous les partis de l'opposition ont rejeté les mesures proposées par le gouvernement (socialiste minoritaire, NDLR) pour éviter que le Portugal doive recourir à un programme d'aide extérieure», a-t-il aussi dit dans une communication au pays.

Le programme d'austérité était censé «garantir» le rééquilibrage des finances publiques et éviter un appel à l'aide extérieure.

Critique

Les cinq partis d'opposition, de la droite à l'extrême-gauche, ont voté à l'unanimité pour rejeter ce quatrième plan d'austérité en moins d'un an.

«L'opposition a retiré au gouvernement toutes les conditions pour gouverner. J'ai par conséquent présenté ma démission au président de la République», a dit le chef du gouvernement sortant, après avoir remis sa démission au président de centre-droit Anibal Cavaco Silva.

La démission du Premier ministre avait été annoncée peu auparavant par la présidence de la République dans un communiqué cité par l'agence LUSA.

Rencontre évoquée

Le président Cavaco Silva a chargé M. Socrates d'expédier les affaires courantes et a précisé qu'il recevrait vendredi les dirigeants des partis politiques.

Le vote du Parlement n'est lui pas une surprise, la principale formation d'opposition, le Parti social-démocrate, ayant fait savoir lundi qu'elle ne soutiendrait pas ces mesures.

Le coût de la dette portugaise s'est d'ailleurs inscrit en hausse avant le vote du parlement.

97 députés socialistes sur 230

S'exprimant après cinq heures de débats au Parlement, le ministre porte-parole du gouvernement Pedro Silva Pereira avait lui dénoncé l'»irresponsabilité» d'une «coalition négative» qui «rejette un instrument essentiel de l'action du gouvernement tout en sachant qu'il a obtenu l'appui et le vote de confiance des institutions européennes et des partenaires européens du Portugal».

Dans une intervention très dure, il a condamné une «coalition élargie au FMI, parce que c'est vers là que l'on va» alors que «jusqu'ici le Portugal avait été capable d'assumer le financement de son économie et à éviter le recours à une aide extérieure», a-t-il insisté.

Minoritaire au parlement depuis les législatives de septembre 2009, avec 97 élus socialistes sur 230, José Socrates avait annoncé avant le vote qu'il démissionnerait en cas de rejet de ce programme, déjà présenté et applaudi à Bruxelles lors du dernier sommet européen du 11 mars.

(ats)