Turquie

11 octobre 2018 12:25; Act: 11.10.2018 12:34 Print

Journaliste disparu: le film des événements

La pression monte sur Riyad après la disparition du journaliste, Jamal Khashoggi, dont on est sans nouvelle depuis son entrée au consulat saoudien à Istanbul le 2 octobre.

Sur ce sujet
Une faute?

Voici le film des événements depuis la disparition du journaliste Jamal Khashoggi après son entrée au consulat saoudien à Istanbul le 2 octobre. M. Khashoggi s'était exilé aux Etats-Unis l'année dernière, redoutant une arrestation après avoir critiqué certaines décisions du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'intervention militaire de Ryad au Yémen.

- 2 octobre: entre au consulat -

A 13H14 heure locale (10H14 GMT) Jamal Khashoggi entre au consulat saoudien à Istanbul, selon une image de caméra de surveillance publiée par le quotidien américain Washington Post, avec lequel il collabore.

Il a rendez-vous pour obtenir «un document saoudien certifiant qu'il n'était pas déjà marié», selon sa fiancée turque, Hatice Cengiz. Depuis, il n'a pas donné signe de vie. «Ses amis l'avaient mis en garde», raconte son ami Yasin Aktay, également conseiller du président Recep Tayyip Erdogan. «Mais lui disait que (les autorités saoudiennes) ne pouvaient rien lui faire en Turquie».

- 3 octobre: porté disparu -

Le rédacteur en chef de la rubrique opinion du Washington Post, Eli Lopez, indique être dans «l'incapacité de joindre Jamal (...) nous sommes très inquiets». Sa fiancée campe devant le consulat en quête de nouvelles. «Selon les informations dont nous disposons» il «se trouve au consulat», indique la présidence turque.

- 4-5 octobre: dénégations saoudiennes -

Ryad affirme que Jamal Khashoggi a disparu après avoir quitté le consulat. L'ambassadeur saoudien est convoqué par le ministère turc des Affaires étrangères. «D'après ce que j'ai compris, il est entré et est ressorti après quelques minutes ou une heure. Je ne suis pas sûr», déclare à l'agence Bloomberg le prince héritier saoudien, invitant les autorités turques à «fouiller» le consulat.

Dès que l'affaire éclate, des comptes Twitter pro-saoudiens accusent pêle-mêle le Qatar, rival régional de Ryad et allié d'Ankara, la Turquie, les Frères musulmans ou encore la fiancée de mener une machination pour discréditer l'Arabie saoudite.

- 6 octobre: tué dans le consulat? -

Des responsables turcs affirment que selon les premiers éléments de l'enquête, M. Khashoggi a été tué à l'intérieur du consulat par une équipe de Saoudiens arrivés à Istanbul par avion et repartis le jour même. Ryad dément fermement.

- 7 octobre : Erdogan attend -

Les autorités turques demandent à l'ambassadeur saoudien de pouvoir fouiller le consulat, selon la chaîne privée NTV. Le président turc Recep Tayyip Erdogan dit attendre le résultat de l'enquête avant de se prononcer. «Le corps de Khashoggi a été probablement découpé et mis dans des caisses avant d'être transféré par avion hors du pays» affirme le Washington Post, citant un responsable américain briefé par ses homologues turcs.

- 8 octobre: pressions sur Ryad -

Recep Tayyip Erdogan met les autorités saoudiennes au défi de «prouver» que le journaliste avait quitté le consulat.

Le président américain Donald Trump se dit «préoccupé» par sa disparition. Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo appelle Ryad à «soutenir une enquête approfondie» et à la transparence.

- 9 octobre: le consulat sera fouillé -

L'Arabie saoudite a donné son feu vert pour une fouille du consulat par les services de sécurité turcs, selon la diplomatie turque. La chaîne publique turque en langue anglaise TRT World rapporte que les autorités soupçonnent des Saoudiens d'être repartis avec les images de vidéosurveillance du consulat.

- 10 octobre: enlèvement? -

Des images de vidéo-surveillance, diffusées par des médias turcs montrent l'arrivée à Istanbul de Saoudiens soupçonnés d'avoir conduit l'opération contre le journaliste. Elles montrent aussi un van entrer dans le consulat le 2 octobre puis se rendre à la résidence du consul toute proche. La veille, certains médias avaient évoqué la possibilité que le journaliste ait été enlevé et amené en Arabie saoudite.

Le Washington Post affirme que les services de renseignement américains avaient connaissance d'un projet saoudien, impliquant le prince héritier, consistant à attirer le journaliste dans un piège pour l'arrêter.

«Nous n'étions pas informés à l'avance de la possible disparition de M. Khashoggi», affirme le département d'Etat. Donald Trump réclame des explications à l'Arabie saoudite sur le sort du journaliste. Il dit être en contact avec la fiancée de M. Khashoggi, qui a demandé son aide.

- 11 octobre: Erdogan s'impatiente -

Le président turc réclame de nouveau des images de surveillance du consulat prouvant que le journaliste est ressorti, alors que les Saoudiens affirment que leurs caméras ne fonctionnaient pas ce jour-là. La fouille du consulat n'a toujours pas eu lieu.

(nxp/afp)