Syrie

02 mai 2012 18:09; Act: 02.05.2012 21:59 Print

Journée meurtrière pour l'armée syrienne

Vingt-et-un soldats ont trouvé la mort mercredi dans des combats avec les insurgés. Il s'agit du bilan le plus meurtrier pour les forces armées depuis le début de la trêve.

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Malgré la trêve, les violences se poursuivent. (Photo: AFP)

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Les forces syriennes ont connu mercredi leurs plus lourdes pertes depuis l'instauration d'un cessez-le-feu il y a trois semaines. Vingt-et-un soldats ont péri dans des combats avec des rebelles près de Damas ainsi que dans la région d'Alep.

Quinze membres des forces de sécurité, dont deux colonels, ont péri dans une embuscade tendue par les rebelles - la plus meurtrière depuis le 12 avril - dans la province d'Alep (nord), selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Deux rebelles ont également trouvé la mort.

Six soldats ont en outre été tués dans des affrontements près de Damas alors que dans l'est, l'armée syrienne bombardait et brûlait des maisons de militants dans des localités de Deir Ezzor, a précisé l'ONG basée en Grande-Bretagne. Un civil a été également tué par les soldats à Deraa (sud).

Cette intensification des violences intervient en dépit du déploiement depuis le 16 avril d'une équipe restreinte d'observateurs de l'ONU chargés de surveiller la trêve, conformément au plan de paix de l'émissaire international Kofi Annan.

L'ONU accuse

Mardi, l'ONU a accusé aussi bien le régime que les opposants de violer la trêve, tout en notant que les 24 observateurs sur le terrain avaient constaté que des «armes lourdes» étaient toujours présentes dans les villes, en violation du plan Annan.

Le régime de Bachar al-Assad avait pourtant accepté cette initiative, de même que la rébellion armée, bien moins équipée que les troupes gouvernementales. Mais cette dernière avait prévenu qu'elle riposterait à toute attaque de l'armée contre les villes et les villages.

Les rebelles disent défendre les civils contre la répression de la révolte populaire qui a éclaté le 15 mars 2011. Pour sa part, le régime ne reconnaît pas l'ampleur de la contestation et affirme combattre des «bandes terroristes» accusées de semer le chaos.

«Crimes de guerre», selon HRW

Peu avant l'instauration de la trêve, les forces syriennes ont tué au moins 95 civils et brûlé des dizaines de maisons durant une offensive dans la province d'Idleb, a dénoncé Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié mercredi. L'ONG parle de «crimes de guerre».

«Alors que les diplomates discutaient des détails du plan Annan, les chars et les hélicoptères syriens attaquaient les villes», a souligné HRW.

Mardi, les violences ont fait 34 morts, mettant à mal encore davantage la trêve. Autre victime des violences, l'économie, qui devrait connaître une contraction «significative» en 2012, selon le Fonds monétaire international (FMI).

Plan humanitaire dans l'attente

Le mandat des 300 observateurs (MISNUS) du plan Annan, qui doivent être déployés rapidement, a été approuvé pour une période initiale de 90 jours par le Conseil de sécurité. Leur nombre devrait passer à 100 d'ici un mois avant d'atteindre les 300.

Le général norvégien Robert Mood dirige cette mission. Mercredi, il a affirmé que la présence des observateurs avait pour effet de «calmer» la situation sur le terrain, tout en constatant que le cessez-le-feu restait «précaire».

De son côté, Philippe Lazzarini, adjoint à la responsable des Affaires humanitaires de l'ONU Valerie Amos, a rencontré mercredi le vice-ministre des Affaires étrangères Fayçal Meqdad.

Ce dernier a souligné lors de l'entretien «l'importance de respecter la souveraineté syrienne et d'établir un climat de confiance, de coopération et de coordination entre la Syrie et l'ONU, afin de profiter pleinement des capacités onusiennes», selon l'agence officielle Sana.

Le responsable de l'ONU a lui affirmé la détermination de l'équipe de l'ONU à «coordonner son action avec le croissant rouge arabe syrien (CRAS) et le Comité international de la Croix rouge (CICR)», a ajouté Sana.

En avril, les Affaires humanitaires des Nations unies avaient dit attendre le feu vert de Damas pour lancer un vaste plan humanitaire destiné à aider un million de personnes en Syrie pendant six mois.

(ats)