Agression d'une transgenre à Paris

21 mai 2019 10:32; Act: 21.05.2019 13:18 Print

«Ce procès c'est vraiment pour la communauté»

En pleine manif anti-Bouteflika à Paris, une femme transgenre avait été malmenée. L'agresseur est devant la justice.

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La vidéo virale de son agression à Paris a rendu à nouveau visible les violences et les discriminations subies par les personnes transgenres: Julia Boyer s'apprête à confronter mercredi son agresseur au tribunal correctionnel de Paris.

En pleine manifestation contre l'ex-président algérien Adelaziz Bouteflika, Julia tente d'entrer dans une bouche de métro lorsqu'elle est agressée et insultée par plusieurs hommes. L'un d'eux lui assène plusieurs coups au visage, pendant que la foule chante un refrain humiliant.

Filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, la scène provoque l'indignation. La vidéo permet de retrouver l'auteur des coups et Julia dénonce la transphobie dans les médias.

Placé en détention provisoire, le jeune homme de 23 ans a reconnu les faits et est poursuivi pour «violences commises à raison de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre», un délit passible de trois ans d'emprisonnement et 45'000 euros d'amende.

«Ce procès c'est vraiment pour la communauté, pour toutes les personnes qui ont subi ce genre de violences et qui n'ont pas porté plainte ou dont l'agresseur n'a pas été arrêté», explique Julia à l'AFP. Elle espère «une peine exemplaire».

«Une année noire»

«Il faut faire de ce procès un symbole pour que les gens prennent conscience de ce qu'est la transphobie et changent leur mentalité», ajoute son avocat Étienne Deshoulières.

Le dernier rapport de SOS Homophobie a défini 2018 comme «une année noire» pour les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bis, trans): le nombre d'agressions physiques à leur encontre (231) recensées par l'association a augmenté de 66%.

Julia, transgenre, de nouveau insultée lors d'une manifestation contre la transphobie

«Dans l'espace public, les violences les plus fortes sont commises à l'encontre des personnes transgenre», souligne Me Deshoulières. En août, Vanesa Campos, une travailleuse du sexe transgenre, avait été tuée par balle dans le Bois de Boulogne.

Cible d'insultes

«Mon client a honte, il ne faut pas le punir pour l'exemple», défend l'avocate du prévenu, Mariame Touré. «Il m'a dit qu'il avait été bête et qu'il avait été entraîné par un effet de foule. Il a été touché par l'immense dignité de la victime et il espère qu'elle acceptera ses excuses.»

«Devant les policiers, il a assumé et il était visiblement très fier de ce qu'il avait fait», rétorque Julia. A 31 ans, cette vendeuse dans une boutique de luxe a entamé sa transition il y a huit mois. Depuis son agression et malgré les messages de soutien, elle raconte continuer à être la cible d'insultes.

(nxp/afp)