Royaume-Uni

11 avril 2019 16:11; Act: 11.04.2019 17:33 Print

Assange refuse d'être extradé aux Etats-Unis

Julian Assange a été reconnu coupable par un tribunal londonien d'avoir violé les conditions de sa liberté provisoire. Ce qui ouvre la voie à une possible extradition vers les Etats-Unis.

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Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange va «contester et combattre» la demande d'extradition américaine, a déclaré jeudi à des journalistes son avocate Jennifer Robinson à l'issue de la comparution de son client devant un tribunal londonien.

L'Australien de 47 ans a été arrêté jeudi en vertu d'une demande d'extradition américaine pour «piratage informatique», qui sera examinée au cours d'une prochaine audience le 2 mai, et d'un mandat délivré en juin 2012 par la justice britannique pour non présentation au tribunal, un délit passible d'un an de prison. Il a été reconnu coupable par une juge britannique d'avoir violé les conditions de sa liberté provisoire.

L'Australien de 47 ans est entré dans une salle d'audience du tribunal de Westminster, chemise et veste foncées, esquissant un salut, pouce levé, en direction de la presse. Il avait été arrêté le matin à l'ambassade d'Equateur à Londres où il était réfugié depuis près de sept ans, en vertu d'un mandat de juin 2012 délivré par la justice britannique pour non présentation au tribunal, et d'une demande d'extradition américaine.

Il a été reconnu coupable d'avoir violé les conditions de sa liberté provisoire. «Personne n'est au-dessus des lois», a déclaré devant les députés la Première ministre britannique Theresa May au sujet du fondateur de WikiLeaks Julian Assange.

Julian Assange «n'est pas un héros», a ajouté le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt. «Ce qu'on voit aujourd'hui c'est que personne n'est au-dessus des lois», a ajouté M. Hunt, estimant qu'Assange «a fui la vérité pendant des années et il est juste que son avenir soit décidé par le système judiciaire britannique».

Inculpé aux Etats-Unis

Julian Assange, a été inculpé aux Etats-Unis de «piratage informatique», a révélé le ministère américain de la Justice. Selon l'acte d'inculpation, qui était jusqu'ici sous scellé, l'Australien est accusé d'avoir aidé l'ex-analyste du renseignement américain Chelsea Manning à obtenir un mot de passe pour accéder à des milliers de documents classés secret-défense ensuite révélés au public.

Cette peine est passible d'une peine maximum de 5 ans de prison, précise le ministère dans un communiqué.

L'avocat dénonce

L'avocat américain de Julian Assange a dénoncé la volonté américaine d'extrader «un journaliste étranger» qui est poursuivi, selon lui, pour «avoir publié des informations véridiques».

La justice britannique «va devoir se prononcer sur ce qui semble être un effort sans précédent des Etats-Unis pour obtenir l'extradition d'un journaliste étranger afin qu'il soit inculpé pour avoir publié des informations véridiques», a déclaré Barry Pollack dans un communiqué diffusé sur le compte Twitter de WikiLeaks.

Plus d'asile ni de nationalité

L'avocat s'est également dit «amèrement déçu» que l'Equateur ait permis l'arrestation dans son ambassade de Julian Assange, «à qui il avait accordé la citoyenneté et l'asile». Mais le gouvernement a précisé que la nationalité équatorienne a été retirée à Julian Assange, qui a également perdu l'asile diplomatique que l'Equateur lui avait accordé, a annoncé à Quito le ministre des Affaires étrangères, José Valencia.

«Les effets de la concession (en 2017, ndlr) de la nationalité équatorienne à M. Assange ont été suspendus hier (mercredi) sur résolution du ministère des Affaires étrangères, en raison de plusieurs irrégularités découvertes dans sa procédure (...)», a déclaré M. Valencia au cours d'une conférence.

Une attitude critiquée par l'ONU. L'Equateur fait courir à Julian Assange, en l'expulsant de son ambassade à Londres, «un risque réel de graves violations de ses droits fondamentaux», a déclaré jeudi à l'AFP la rapporteur de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Agnès Callamard.

Le rapporteur spécial des Nations unies pour le droit au respect de la vie privée, Joe Cannataci, qui devait rencontrer Julian Assange le 25 avril à l'ambassade d'Equateur à Londres, a de son côté indiqué aux médias qu'il n'entendait pas annuler son voyage et prévoyait de «lui rendre visite et (de) lui parler dans un poste de police ou partout ailleurs au Royaume-Uni où il pourrait être détenu».

(nxp/afp)