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18 février 2019 23:52; Act: 18.02.2019 23:52 Print

Justin Trudeau perd son plus proche conseiller

En pleine affaire de corruption, l'éminence grise du Premier ministre canadien a annoncé la démission de son cabinet.

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Justin Trudeau le 4 février 2019 à Ottawa. (Photo: AFP)

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Le plus proche conseiller politique de Justin Trudeau a annoncé lundi sa démission du cabinet du premier ministre canadien afin de se «défendre» contre des «allégations» qu'il rejette dans une affaire explosive. Ce départ intervient à quelques mois d'élections législatives serrées.

Considéré comme l'éminence grise de Justin Trudeau et l'architecte de sa victoire en 2015, Gerald Butts nie être intervenu pour éviter un procès à la société SNC-Lavalin, impliquée dans un vaste scandale de corruption en Libye. Cette affaire constitue la pire crise politique au Canada depuis l'entrée en fonctions de Justin Trudeau. Elle met à mal son parti libéral avant les élections législatives d'octobre.

Selon le journal «Globe and Mail», le cabinet du premier ministre a exhorté Judy Wilson-Raybould, alors ministre de la justice, d'intervenir dans ce dossier afin que les procureurs concluent avec SNC-Lavalin, géant canadien de l'ingénierie, un accord à l'amiable pour lui éviter un procès long et potentiellement dévastateur.

«Intégrité, sagesse et dévouement»

Le quotidien de Toronto, qui a publié ces révélations il y a près de deux semaines, assure que Mme Wilson-Raybould a «ignoré» les demandes du cabinet de Justin Trudeau, ce qui lui aurait coûté son poste. A la mi-janvier, elle avait été rétrogradée ministre des anciens combattants. Elle a claqué la porte du gouvernement mardi dernier.

«Je nie catégoriquement les allégations selon lesquelles moi ou un membre de ce cabinet aurait tenté d'influencer Mme Wilson-Raybould. Nous respectons le rôle unique qu'est celui de procureure générale», a fait valoir M. Butts dans sa lettre de démission transmise à la presse.

Justin Trudeau a immédiatement réagi sur Twitter en déclarant que «Gerald Butts a servi notre gouvernement - et notre pays - avec intégrité, sagesse et dévouement. Je tiens à le remercier pour son service et son amitié indéfectible».

La gendarmerie royale (police fédérale) avait déposé en 2015 des accusations formelles contre la maison-mère du géant canadien SNC-Lavalin ainsi que ses filiales de BTP et de développement international pour «corruption d'agents publics étrangers» et pour «fraude» en Libye, du temps du dictateur Mouammar Kadhafi.

(nxp/ats)