Présidentielle en RDC

09 décembre 2011 21:28; Act: 09.12.2011 21:28 Print

Kabila vainqueur, heurts dans Kinshasa

Le président sortant de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a été proclamé vendredi vainqueur de l'élection présidentielle à un tour du 28 novembre.

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L'annonce de la victoire de Kabila a été faite par la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Son rival Etienne Tshisekedi a rejeté ces résultats provisoires et s'est déclaré «président élu».

Selon les résultats provisoires communiqués par le président de la Céni, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, Joseph Kabila, 40 ans, élu une première fois en 2006, l'a emporté avec 48,95% des voix, devant l'opposant de 78 ans Etienne Tshisekedi qui a totalisé 32,33% des suffrages.

Le taux de participation est de 58,81%, a ajouté le pasteur au siège de la Céni. Quelque 32 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour ce scrutin couplé aux élections législatives pour élire 500 députés.

Joseph Kabila a obtenu 8'830'994 voix, soit 3'016'219 voix de plus qu'Etienne Tshisekedi (5'864'775 voix), qui avait boycotté les élections de 2006.

La troisième place revient à l'ex-président de l'Assemblée nationale et opposant, Vital Kamerhe (7,74%), devant le président du Sénat et mobutiste Léon Kengo, 4e avec 4,45% des suffrages. Les sept autres candidats réalisent des scores inférieurs à 2%.

Scrutin illégal pour Tshisekedi

«Je considère (ces résultats) comme une véritable provocation à notre peuple et je les rejette en bloc», a réagi Etienne Tshisekedi. «Par conséquent, je me considère depuis ce jour comme le président élu» de la RDC.

M. Tshisekedi a refusé de recourir à la cour suprême, compétente pour toute contestation électorale, sur la chaîne France 24. «Il n'y a pas de justice chez Kabila. On parle de la Cour suprême. Cette Cour, c'est une institution privée de M. Kabila. On ne peut pas leur faire l'honneur de recourir à eux (les juges de la Cour). Ce serait leur reconnaître une certaine légitimité. Je ne le ferai jamais», a déclaré M. Tshisekedi.

Dans quelques quartiers de Kinshasa, sous haute surveillance policière et militaire depuis mardi, quelques incidents ont éclaté et des tirs ont été entendus vendredi peu après l'annonce de la victoire de Kabila par la Céni, ont constaté des journalistes de l'AFP. Quelques pillages ont également eu lieu.

Aucun incident majeur n'avait été signalé jusque-là dans le reste du pays.

Interrogé sur des heurts et coups de feu entendus dans la soirée à Kinshasa, le leader de l'opposition a affirmé: «Depuis une semaine, chaque jour, la police de Kabila tue des Congolais. Il y en a des dizaines qui sont morts ou bien blessés à l'hôpital. Au moment où nous parlons, il y a encore des coups de feu dans mon quartier».

Inquiétudes internationales

Signe de l'inquiétude ambiante, la Belgique, ancienne puissance coloniale, a appelé à éviter la violence, tandis que Paris a exhorté les autorités congolaises à «assurer l'ordre public dans le respect de l'Etat de droit», sans mentionner nulle part dans son communiqué la victoire de Joseph Kabila.

Les Etats-Unis ont appelé mardi les dirigeants politiques en RDCongo à se mettre d'accord pacifiquement. «Nous continuons à appeler les dirigeants politiques et leurs soutiens à agir de façon responsable, à renoncer à la violence et à résoudre les désaccords qu'ils peuvent avoir à travers un dialogue pacifique et les moyens légaux existants», a déclaré la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland.

Le Royaume-Uni s'est de son côté dit «préoccupé» par des soupçons d'»irrégularités» et a appelé la CSJ à examiner tous les recours «rapidement et de façon transparente».

Serment avant Noël

La cour suprême de justice doit proclamer officiellement le vainqueur le 17 décembre, après traitement des éventuels recours et contentieux. Le nouveau président élu pour cinq ans doit prêter serment le 20 décembre.

En 2006, Joseph Kabila avait été largement élu (58,05%) au second tour de la présidentielle devant le vice-président Jean-Pierre Bemba, devenant alors le premier président de RDC élu au suffrage universel direct.

(ats)