Israël

08 mai 2012 06:36; Act: 08.05.2012 07:17 Print

Kadima entre au gouvernement

Le chef du Kadima Shaul Mofaz a rallié dans la nuit de lundi à mardi la coalition gouvernementale de Benjamin Netanyahu. Du coup, le Premier ministre a renoncé à des élections anticipées.

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Selon la radio publique, MM. Mofaz et Netanyahu ont secrètement négocié un accord en vue d'un gouvernement d'union nationale, alors que la Knesset avait déjà voté lundi soir un projet de loi de dissolution de la Chambre en première lecture qu'elle s'apprêtait à voter en deuxième et troisième lectures.

Mais après plusieurs heures de débat, le parlement a annoncé dans la nuit que le vote n'aurait pas lieu mardi. Les services de la Knesset ont indiqué que le Likoud de M. Netanyahu et les dirigeants de Kadima «se sont rencontrés en urgence pour discuter de développements politiques majeures, visiblement des discussions en vue d'un gouvernement d'unité nationale».

Service militaire des juifs religieux

Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès des deux partis. Kadima est la première force politique à la Knesset, avec 28 députés. S'il s'alliait au gouvernement, M. Netanyahu obtiendrait la stabilité politique qu'il pensait initialement trouver via une dissolution et des élections anticipées.

Les prochaines législatives ne doivent pas avoir lieu avant octobre 2013, mais un projet de loi visant à supprimer les dispositions qui permettent aux juifs ultraorthodoxes d'échapper au service militaire de même que le débat budgétaire à venir menaçaient de déstabiliser l'actuelle coalition. M. Netanyahu s'était prononcé dimanche en faveur de la tenue d'élections dans quatre mois.

Selon la radio, en vertu de l'accord conclu, MM. Netanyahu et Mofaz sont notamment convenus qu'un nouveau texte plus égalitaire remplacera cette loi d'ici l'été.

Mofaz au gouvernement

M. Mofaz doit devenir vice-Premier ministre et ministre sans portefeuille du nouveau cabinet en gestation. Des membres du Kadima vont disposer de postes importants, notamment à la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense et à celle des Affaires économiques.

L'accord prévoit encore une relance du processus de paix avec les Palestiniens et assure le vote du budget de l'Etat pour le prochain exercice fiscal.

Un «faucon»

Le Kadima est en chute libre dans les sondages, qui ne lui prévoient au mieux qu'une douzaine de mandats dans le futur parlement. Autant dire que M. Mofaz, 63 ans, apparaît comme un «sauveur» aux yeux de ses camarades de parti.

Ce transfuge du Likoud est un ancien chef d'état-major et ex- patron de la Défense. A la faveur d'élections primaires entièrement axées sur son image sécuritaire, ce «faucun» a évincé en fin mars l'ancienne ministre des affaires étrangères Tzipi Livni à la tête du parti.

Ses sympathisants mettent en avant sa riche expérience militaire et portent notamment à son crédit l'écrasement de la seconde Intifada palestinienne (2000-2005). Ils font valoir que ses qualités pourront être mises à profit alors que M. Netanyahu reproche à l'Iran de faire planer «une menace existentielle» sur Israël en poursuivant son programme nucléaire à des fins militaires, ce que Téhéran dément.

(ats)