Tunisie

23 octobre 2019 16:13; Act: 23.10.2019 21:17 Print

Saied promet de respecter le droit des femmes

Lors de sa prestation de serment, le nouveau président tunisien Kais Saied a annoncé ses priorités.

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Respect de la loi, égalité entre tous les Tunisiens, renforcement des droits des femmes: le nouveau président de la Tunisie Kais Saied a annoncé mercredi ses priorités, en prêtant serment devant le Parlement, avant de prendre ses fonctions.

Kais Saied succède au chef de l'Etat par intérim Mohamed Ennaceur, nommé pour 90 jours après le décès en juillet du premier président élu démocratiquement au suffrage universel en Tunisie, Béji Caïd Essebsi.

Lors de sa prestation de serment devant le Parlement, il a remercié «en ce moment historique (...) tous les Tunisiens et Tunisiennes aux quatre coins du monde» qui ont voté pour lui et ceux aussi qui ont «voté librement» pour son adversaire, l'homme d'affaires controversé Nabil Karoui.

Les Tunisiens «ont besoin d'un nouveau rapport de confiance avec les politiciens et ceux qui gouvernent», a-t-il estimé.

Après avoir prêté serment, Kais Saied s'est dirigé vers le palais présidentiel de Carthage, dans la banlieue nord de Tunis, où il a pris ses fonctions.

Quasi inconnu jusque-là sur la scène politique, cet ancien universitaire de 61 ans spécialiste du droit constitutionnel, et candidat sans parti, a été élu président le 13 octobre avec 72,71% des voix, prenant de court la classe politique.

«Réunir»

Promettant de «réunir tous» et d'être «au-dessus des conflits» internes, le nouveau président a précisé devant le Parlement que chacun «est libre de ses convictions et ses choix, mais les services de l'Etat doivent être à l'abri de tous les calculs politiques».

Parce que «ce peuple qui a tant attendu (...) veut passer du désespoir à l'espoir», a-t-il ajouté dans un arabe châtié.

Martelant son attachement au respect de la loi, il a également assuré qu'«il n'est pas question de porter atteinte aux droits de la femme», sous les applaudissements des députés, des responsables du gouvernement et des invités diplomatiques.

Kais Saied a aussi souligné le besoin «de renforcer les droits de la femme tunisienne, notamment socio-économiques».

Pourtant il s'était prononcé clairement, lors des interviews accordées à des médias locaux, contre l'égalité en matière d'héritage, une question délicate car elle touche à un principe dicté par le Coran, selon lequel une femme hérite le plus souvent moitié moins qu'un homme du même degré de parenté.

Décrit comme inflexible sur ses principes, Kais Saied est ouvertement conservateur sur les questions de société mais, selon des analystes, son discours politique ne s'appuie pas sur des références religieuses.

«Lourde responsabilité»

Au niveau international, Kais Saied a affirmé l'engagement de l'Etat tunisien «à respecter les différents accords internationaux, mais aussi à les réviser conformément à l'intérêt et à la volonté du peuple».

Il a aussi insisté sur le soutien de la Tunisie à la cause palestinienne précisant que «notre position n'est pas du tout contre les Juifs mais contre la colonisation et le racisme». «Il est temps que toute l'humanité mette fin à cette injustice qui se poursuit depuis plus d'un siècle», a ajouté Kais Saied.

Après son investiture mercredi, Kais Saied aura une semaine pour charger le parti vainqueur des élections législatives du 6 octobre, le mouvement d'inspiration islamiste Ennahdha, de former un gouvernement.

«En attendant d'y voir plus clair, on ne peut que lui souhaiter bonne chance et (...) qu'il sera à la hauteur de ses nombreuses charges et sa lourde responsabilité», a écrit le journal francophone «Le Quotidien».

Le quotidien francophone «La Presse» a de son côté estimé que «les 72,71 de voix qu'a recueillies le président Saied marqu(ai)ent un appui massif de la part des Tunisiens, qui fait figure d'un véritable plébiscite».

Visage de cire, posture rigide, Kais Saied s'est fait connaître en décryptant depuis 2011 les premiers soubresauts de la démocratie tunisienne sur les plateaux télévisés. Considéré comme irréprochablement «propre», ce néophyte en politique a fait campagne régulièrement entouré de jeunes, notamment des étudiants.

Huit ans après la révolution qui a mis fin à la dictature de Zine El Abidine Ben Ali, la Tunisie, berceau du Printemps arabe, reste confrontée à de nombreux défis.

Si la sécurité s'est nettement améliorée ces dernières années, après une série d'attentats djihadistes dévastateurs en 2015, le chômage continue de ronger les rêves, notamment des jeunes, et l'inflation grignote un pouvoir d'achat déjà faible.

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Sandra el Nasri le 23.10.2019 16:27 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    et les minorités persécutées

    ? tous les tunisiens égaux ??? et les minorités qui sont poursuivies, parfois exécutées comme les homosexuels....le droit des femmes, mais selon quelle base juridique ?

  • BadCox57 le 23.10.2019 19:54 Report dénoncer ce commentaire

    Problème de fond

    Tant que les musulmans croiront que le Coran est l'oeuvre de Dieu, de la première ligne à la dernière, je ne vois pas comment ils pourront respecter les lois de la république qui seraient en contradiction avec leur croyance.

  • Albert le 24.10.2019 08:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Réalité

    De plus en plus de femmes voilées en Tunisie, c'est ça la réalité.

Les derniers commentaires

  • Ouèsava le 24.10.2019 16:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Souhait.

    Je souhaite qu'il soit aussi bon à cette fonction qu'il semble l'être. Ça nous changerait agréablement.

  • Albert le 24.10.2019 08:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Réalité

    De plus en plus de femmes voilées en Tunisie, c'est ça la réalité.

  • BadCox57 le 23.10.2019 19:54 Report dénoncer ce commentaire

    Problème de fond

    Tant que les musulmans croiront que le Coran est l'oeuvre de Dieu, de la première ligne à la dernière, je ne vois pas comment ils pourront respecter les lois de la république qui seraient en contradiction avec leur croyance.

    • abdel le 23.10.2019 20:27 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @BadCox57

      C'est le principe de la croyance

    • Suisse De Tunisie le 23.10.2019 22:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @BadCox57

      Parceque lea chrétiens croient que la bible est l'oeuvre du parlement?? Ca n'a pas de sens! Le tout c'est de séparer la religion de l'etat. Ce que la Tunisie a fait dans sa derniere constitution

  • Sandra el Nasri le 23.10.2019 16:27 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    et les minorités persécutées

    ? tous les tunisiens égaux ??? et les minorités qui sont poursuivies, parfois exécutées comme les homosexuels....le droit des femmes, mais selon quelle base juridique ?

    • Milette Vareille le 23.10.2019 16:48 Report dénoncer ce commentaire

      Les droits de la femme?

      Lesquels? Ceux qui luis sont reconnus en Suisse et en Europe, ou ceux qui lui sont accordés par les frères musulmans? En particulier, seront-elles obligées de porter le foulard islamiste? Si non, alors peut-être que la Tunisie redeviendra une destination touristique agréable.

    • Linda le 23.10.2019 19:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Milette Vareille

      Mais ne soyez pas si négatifs. Il y a beaucoup de femmes émancipées en Tunisie. Et pour l'instant beaucoup ne portent pas le voile. On peut espérer que l'évolution continue dans ce sens et non dans l'autre.

    • lidwa le 23.10.2019 19:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Sandra el Nasri

      face news les minorités ne sont pas exécutées en Tunisie. ce pays a plus à plus de liberté que la France.

    • Jane le 23.10.2019 21:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Milette Vareille

      Je suis d'accord si il applique la loi sa loi est la loi Islamic donc la charria dans 20 ans la Tunisie sera comme l'Iran voir pire

    • Suisse De Tunisie le 23.10.2019 22:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Sandra el Nasri

      Parle t-on du meme pays? Quelles minorités persécutées en Tunisie? Parmi les candidats a l'élection présidentielle, il y avait meme un candidat homosexuel revendiqué.... Et puis le droit des femmes en Tunisie est inscrit dans le code du statut personnel ainsi que la constitution. La femme tunisienne a eu le droit de vote, de divorce et meme d'IVG bien avant certains pays européens

    • Milette Vareille le 23.10.2019 22:13 Report dénoncer ce commentaire

      @Linda

      Vous avez vu ce qu'ils ont fait en Europe? Interdiction d'entrer dans un café pour les femmes, et le reste? Et vous croyez qu'ils vont laisser la Tunisie leur passer sous le nez?

    • Linda le 23.10.2019 22:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Milette Vareille

      Et le reste? C'est quoi le reste ? Il faut nuancer et savoir de quoi vous parlez. En Tunisie les femmes sont parfois plus libres qu'ici et elles ont acquis le droit de vote avant les Suissesses. Alors arrêtez de vous croire supérieures à ces femmes là

    • Milette Vareille le 23.10.2019 22:44 Report dénoncer ce commentaire

      @Linda

      Vous ne savez pas ce qu'est le reste? C'est une découverte, pour moi, qu'il puisse exister quelqu'un qui ne soit pas au courant des contraintes illégales exercées pratiquement partout sur les femmes musulmanes. Je crois que, puisque vous avez réussi à vivre dans l'ignorance, je vais vous laisser le découvrir par vous-même quand ça vous arrivera à vous, parce que, à partir d'un certain point, ce ne sont plus seulement les femmes musulmanes qui sont visées, mais toutes.

    • Moti le 23.10.2019 23:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Sandra el Nasri

      N'importe quoi en Tunisie

    • Lydia le 24.10.2019 01:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Linda

      Soyez réaliste.

    • Lydia le 24.10.2019 01:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Linda

      "Parfois" ça veut dire quoi ?