Sommet de Hanoï

26 avril 2019 01:03; Act: 26.04.2019 08:23 Print

Kim: les USA ont été de «mauvaise foi»

Le leader nord-coréen accuse les Etats-Unis d'avoir été de «mauvaise foi» lors du sommet de Hanoi en février.

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Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a confié au président russe Vladimir Poutine, jeudi à Vladivostok, que les Etats-Unis avaient été «de mauvaise foi» lors du sommet Kim-Trump de Hanoï en février, rapporte vendredi l'agence nord-coréenne KCNA.

Cette toute première rencontre Poutine-Kim dans l'Extrême-Orient russe était l'occasion pour le leader nord-coréen, en quête de soutien, de pouvoir raviver «les liens historiques» avec Moscou pour arriver à une «relation plus stable et plus solide».

Mais tard dans la nuit, l'agence d'Etat de Pyongyang a publié des commentaires faits par le dirigeant nord-coréen auprès de son homologue russe, affichant une tonalité offensive à l'égard des Etats-Unis, alors que MM. Kim et Trump avaient opéré une spectaculaire détente de leurs relations ces derniers temps, certes quelque peu plombée par le retentissant fiasco de Hanoï.

«La situation dans la péninsule coréenne et dans la région se trouve actuellement dans une impasse et a atteint un point critique», a déclaré le dirigeant nord-coréen, selon KCNA. M. Kim a dit à M. Poutine que la paix et la sécurité dans la péninsule coréenne dépendent entièrement de l'attitude des Etats-Unis et que son pays «se préparera à toutes les situations possibles», toujours selon KCNA.

Discussions écourtées à Hanoï

M. Kim a aussi averti dans le même texte que la situation «pourrait retrouver son état initial, les Etats-Unis ayant adopté une attitude unilatérale de mauvaise foi lors du second sommet Corée du Nord-Etats-Unis récemment», tenu dans la capitale vietnamienne en février.

A Hanoï, théâtre du deuxième sommet Trump-Kim après celui de juin 2018 à Singapour, la Corée du Nord avait cherché à obtenir un allègement immédiat des sanctions internationales décidées pour la contraindre de renoncer à ses armes atomiques. Mais les discussions avaient été écourtées en raison de désaccords profonds avec Washington, notamment sur les concessions que Pyongyang était prêt à faire.

La semaine dernière, Pyongyang avait haussé le ton en se livrant à une attaque d'une rare violence contre Mike Pompeo, exigeant que le secrétaire d'Etat américain ne participe plus aux discussions sur la dénucléarisation. «Ça va être mouvementé. Ça va être difficile», avait réagi M. Pompeo sur la chaîne américaine CBS mercredi, se montrant prudent sur la suite du dialogue.

«Interlocuteur dense»

Mais entre MM. Kim et Poutine, c'était plus simple jeudi. «Je suis content du résultat: Kim Jong Un est quelqu'un d'assez ouvert, prêt à parler de tout», s'est félicité M. Poutine devant la presse à la fin de la rencontre, première à ce niveau depuis celle en 2011 entre l'ex-président Dmitri Medvedev et Kim Jong Il. «C'est quelqu'un d'assez intéressant, un interlocuteur dense».

Le leader nord-coréen, qui a qualifié d'«ouverte et amicale» la rencontre de Vladivostok, a invité M. Poutine à lui rendre visite dans son pays «au moment opportun», et cette offre a été «promptement acceptée», selon KCNA.

Accueilli par une longue poignée de main et avec une ponctualité rare pour Vladimir Poutine, le dirigeant nord-coréen a passé au total cinq heures avec le président russe: deux heures de tête-à-tête suivies de pourparlers entre délégations puis d'un dîner pendant lequel le maître du Kremlin a reçu une épée en cadeau. Les deux hommes ont été servis, selon l'agence TASS, avec du borchtch, une salade de crabe et des raviolis sibériens à la viande de renne.

«Dénucléarisation totale»

Malgré ses invitations répétées à M. Kim, la Russie était restée jusqu'à présent à l'écart de la détente observée sur la péninsule coréenne depuis début 2018. Mais le dirigeant nord-coréen cherche des soutiens dans son bras de fer avec Washington et un certain rééquilibrage de ses relations entre Pékin, son plus proche soutien, et Moscou, son ancien allié de la Guerre froide. C'est l'URSS qui avait placé au pouvoir son grand-père et fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Il Sung.

En fin de rencontre, le président russe s'est dit favorable comme les Etats-Unis à une «dénucléarisation totale» et jugé un règlement «possible», à condition de faire «des premiers pas» et d'offrir à Pyongyang des «garanties de sécurité et de souveraineté» de la communauté internationale. «Le plus important est de restaurer (...) la force du droit international et de revenir à une situation où le droit international, et non pas le droit du plus fort, détermine le cours des affaires dans le monde», a-t-il plaidé.

Moscou prône un dialogue avec Pyongyang sur la base d'une feuille de route définie par la Chine et la Russie. Cette dernière a déjà demandé la levée des sanctions internationales, tandis que les Etats-Unis l'ont accusée d'aider Pyongyang à les contourner.

Après des années de montée des tensions, la péninsule connaît cependant une détente spectaculaire et M. Kim a rencontré depuis mars 2018 quatre fois le président chinois Xi Jinping, trois fois le président sud-coréen Moon Jae-in et deux fois M. Trump.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Nain Classable le 26.04.2019 08:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est pas possible

    Quoi? Trump de mauvaise foi? On n'y crois absolument pas.

  • Def le 26.04.2019 08:29 Report dénoncer ce commentaire

    Abc

    Les usa de mauvaise fois, nan je n y crois pas. Ce gourvernement est le plus integre du monde haha. Ainsi sont ils moralisateur sans moralitée

  • Igor von Robespierre le 26.04.2019 08:28 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Au son du tambour

    Lentement mais sûrement, des alliances sont entrain de s'établir entre tous les pays sanctionnés par, ou sous pression des USA. L'Iran va s'allier à la Chine. L'Amérique du Sud va s'allier au Mexique. Tous ces pays, et peut-être même l'Europe, vont faire front contre Trump qui aura une fin de mandat très difficile.

Les derniers commentaires

  • Invité le 27.04.2019 12:21 Report dénoncer ce commentaire

    Non prolifération nucléaire

    On demande au Coréen du nord de se dénucléariser et Trump révoque un par un les traités de non prolifération nucléaire signés dans les années 1990/2000. Cherchez l'erreur, l'ONU devrait forcer l'ensemble des nations à renoncer à ces armes.

  • Eric Lecteur le 26.04.2019 18:06 Report dénoncer ce commentaire

    Stratégies internationales

    La Russie soutient quelques dictatures, au nom de ses intérêts (Syrie, Venezuela par exemple). Idem les USA (Arabie Saoudite), pour les mêmes raison. Par contre, M. Poutine est, à mon humble et dérisoire avis, bien plus futé et stratège que M. Trump.

    • Jean Luc le 26.04.2019 18:38 Report dénoncer ce commentaire

      Poutine plus malin

      C'est pas bien difficile, Trump est aussi diplomate qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine, il faut bien entendu lâcher du lest sur les sanctions contre la corée du Nord, Cuba et la Russie dans les domaine qui ne concerne pas le militaire.

  • thierry morges le 26.04.2019 15:26 Report dénoncer ce commentaire

    reflexion

    kim est un communiste , les russes aussi ,ils ont plus d'affinités et probablement plus de respect mutuel .USA ils veulent diriger le monde , c'est pas gagné loin de là, de quel droit c'est gens là peuvent nous interdire d'acheter ou vendre à un pays

  • Marco le 26.04.2019 12:11 Report dénoncer ce commentaire

    Kim.

    Dixit Kim le roi des entourloupes... faut être naïf pour croire un mot ce celui-la, au moins Trump doit répondre a quelquun et il ne sera que pour un temps bien défini.

  • Paul Hution le 26.04.2019 10:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Heureux les simples d'esprit

    Bien naïf celui qui croit à la sincérité de la parole des USA! Ils ont une langue de vipère.