Conférence de Durban

07 décembre 2011 18:36; Act: 07.12.2011 18:45 Print

Kyoto «appartient au passé» pour le Canada

Pour le Canada, le protocole de Kyoto «appartient au passé», a déclaré mercredi le ministre de l'Environnement canadien, Peter Kent, à la conférence de l'ONU sur le climat à Durban.

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«Nous avons dit depuis longtemps que nous ne prendrions pas une deuxième période d'engagement dans le protocole de Kyoto. Nous ne bloquerons pas ni ne découragerons ceux qu'ils le font, mais pour le Canada, Kyoto appartient au passé», a déclaré M. Kent lors du premier jour de la partie ministérielle de la conférence. La conseillère fédérale Doris Leuthard est elle aussi arrivée à Durban.

Le Canada avait annoncé que, à l'instar de pays comme le Japon ou la Russie, il ne prendrait pas de nouveaux engagements de réduction des gaz à effet de serre dans le cadre du protocole de Kyoto dont la première période s'achève fin 2012.

Le protocole de Kyoto est le seul outil juridique contraignant qui limite les émissions de gaz à effet de serre, à l'origine du réchauffement de la planète.


Suggestion lancée par Annan

Il impose aux 36 pays industrialisés qui l'ont ratifié et à l'Union européenne des réductions d'émissions des six principales substances responsables du réchauffement de l'atmosphère, au premier rang desquelles le CO2. Le Canada n'a pas, loin s'en faut, atteint ses objectifs.

Seule l'Union européenne s'est montrée ouverte à l'idée de s'engager pour une seconde période.

La crise économique a montré qu'»attendre un désastre avant d'agir» pouvait avoir des «conséquences graves», a souligné mercredi l'ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, appelant à une mobilisation plus forte dans la lutte contre le changement climatique.

«Il n'y a pas de doute que ces discussions sur le changement climatique se déroulent dans un contexte difficile», a-t-il souligné en référence à la crise économique, en marge de la conférence de Durban.


Rapport attendu

Parmi les mesures à mettre en oeuvre, M. Annan a estimé que les pays développés devaient «respecter leur engagement de mobiliser 100 milliards de dollars d'ici 2020» pour alimenter le futur «Fonds vert» qui devra permettre d'aider financièrement les pays en développement.

Il participait, avec notamment le président sud-africain Jacob Zuma, au lancement d'une initiative, soutenue par la Banque mondiale, appelant «à l'action» pour permettre l'agriculture de s'adapter au changement climatique.

Certaines voix suggèrent d'attendre la publication du prochain rapport du Groupe d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), (le 5e), en 2014, avant de prendre des décisions fortes.

«Le 4e rapport (publié en 2007) comporte suffisamment d'éléments sur lesquels s'appuyer pour agir. Il n'est pas imaginable d'attendre sans fin de nouvelles preuves», explique Rajendra Pachauri dans un entretien à l'AFP, en marge des négociations qui s'achèvent vendredi.


Souhait

«Si le monde accepte cette réalité scientifique, alors la communauté internationale doit réagir», dit-il.

Et le patron de cet incontournable organe intergouvernemental de se féliciter que M. Zuma ait souligné cette semaine à Durban que «le niveau d'ambition (dans les réductions d'émissions de gaz à effet de serre) devait être déterminé par la science».

Créé il y a plus de 20 ans, le GIEC a obtenu le Prix Nobel de la paix 2007 conjointement avec l'ancien vice-président américain Al Gore.


Plus de 190 pays

Dans un rapport spécial publié juste avant le rendez-vous de Durban, le GIEC a souligné que le réchauffement global allait intensifier la fréquence et l'intensité des événements météorologiques extrêmes: inondations, sécheresses ou vagues de chaleur.

Selon une étude allemande présenté à Durban, les promesses de réduction de gaz à effet de serre mise aujourd'hui sur la table par les différents pays placent la planète sur la trajectoire d'un réchauffement de 3,5 degrés celsius, loin de l'objectif de 2 degrés maximum adopté par la communauté internationale.

Plus de 190 pays au total sont réunis jusqu'à vendredi à Durban sous l'égide de l'ONU.

(ats)