Séisme en Albanie

27 novembre 2019 10:13; Act: 28.11.2019 14:01 Print

«L'espoir est la dernière chose qui meurt»

Les secouristes qui fouillent les décombres après le violent séisme qui a frappé l'Albanie mardi ont retrouvé dix nouvelles dépouilles, portant à 40 le nombre de victimes.

Sur ce sujet
Une faute?

L'Albanie, en deuil suite au violent tremblement de terre qui a frappé le pays mardi, continuait jeudi d'extraire des corps maculés de poussière d'immeubles en ruine. «Nous avons retrouvé dix nouvelles victimes dans la nuit», a déclaré jeudi le Ministère de la défense dans un communiqué.

«Le nombre de morts passe à 40», a-t-il ajouté alors que les espoirs s'amenuisent de retrouver vivantes les victimes piégées dans les décombres.

Le séisme de magnitude 6,4, le plus puissant dans ce pays des Balkans depuis plusieurs décennies, a frappé avant l'aube mardi, rasant des immeubles entiers et piégeant les victimes sous les décombres.

Les secours ont retrouvé 46 survivants qui ont été hospitalisés à Tirana, mais les espoirs de retrouver d'autres victimes encore en vie diminuent au fil des heures. Environ 650 personnes ont également été blessées dans la catastrophe, dont dix grièvement, selon le ministère de la Santé.

Une trentaine d'immeubles endommagés

Les secours aidés d'équipes de spécialistes venus de toute l'Europe continuaient jeudi de fouiller les décombres à Durres, localité touristique de 400'000 habitants sur l'Adriatique, où une trentaine d'immeubles ont été gravement endommagés.

Malgré la difficulté d'une tâche compliquée par des centaines de répliques sismiques, les secouristes comme les familles gardent l'espoir de retrouver des survivants. Pour l'heure, une cinquantaine de personnes ont été retrouvées en vie.

Séisme de 6,4 en Albanie

«Il peut y avoir de l'espoir jusqu'à huit ou dix jours» après un séisme, explique à l'AFP le capitaine Joël Leroy, qui fouille avec une cinquantaine d'autres membres de l'unité militaire de la sécurité civile de Brignoles, dans le sud de la France, un immeuble très endommagé de Durres.

Les victimes peuvent se trouver dans des «poches de survie», des poches d'air qui leur permettent de respirer sous les gravats, explique-t-il. «C'est pour cela qu'on travaille d'arrache-pied, on y croit».

Les recherches avaient en revanche cessé dans l'autre localité très touchée, la ville de Thumane, au nord de la capitale Tirana, où les autorités jugent qu'il n'y a plus de disparus après y avoir retrouvé une vingtaine de corps.

Appel au don

Les secouristes ont reçu le concours de plus de 200 experts italiens, grecs, suisses et français aidés de chiens et d'appareils spécialisés dans la détection de victimes. Mais de nouvelles répliques sismiques compliquaient leur tâche.

Les autorités ont décrété l'état d'urgence à Thumane et Durres. Des milliers de personnes n'ont plus de logement, soit que leur immeuble ait été rasé complètement, soit qu'il soit désormais trop dangereux d'y habiter.

Caritas Suisse a lancé un appel au don pour les victimes du tremblement de terre. L'organisation humanitaire va engager une contribution de 500'000 francs suisses, a-t-elle annoncé dans un communiqué. Une équipe de Caritas Suisse du bureau du Kosovo est sur place pour clarifier les besoins et coordonner l'aide.

Relogement

Lors d'une visite dans la ville portuaire, le Premier ministre Edi Ramaa annoncé que les familles sans abri seraient relogées dans des hôtels, alors que des milliers de personnes ont passé la nuit dans des tentes. «On ne peut passer l'hiver à ciel ouvert ou sous la tente», a-t-il déclaré, promettant de nouveaux logements pour chaque famille d'ici 2020.

Selon Rrapo Ormen, un sismologue albanais, le séisme de mardi est le plus puissant dans la région de Durres depuis 1926. Mercredi, une réplique de magnitude 5,3, selon le Centre sismologique euro-méditerranéen, a encore fait trembler les bâtiments et semé la panique.

Les Balkans connaissent une forte activité sismique du fait des mouvements des plaques tectoniques africaine et eurasienne, ainsi que ceux de la microplaque Adriatique. Les tremblements de terre y sont fréquents. En 1963, un séisme a fait un millier de morts à Skopje, la capitale de la Macédoine du Nord.

(nxp/ats)