Bactérie mortelle

07 juin 2011 17:06; Act: 07.06.2011 17:40 Print

L'Allemagne critiquée par l'Europe

Suite à des conclusions allemandes inexactes et prématurées, toutes les informations liées à l'origine de la bactérie E.Coli doivent impérativement être vérifiées scientifiquement avant publication, selon un commissaire européen.

Sur ce sujet
Une faute?

Le commissaire européen à la Santé John Dalli a critiqué mardi la gestion par l'Allemagne de la crise sanitaire provoquée par la bactérie ECEH, mettant en garde Berlin contre la publication de conclusions prématurées et inexactes sur l'origine de la contamination.

Ce type d'information, avant d'être rendue publique, doit s'appuyer sur des conclusions scientifiques solides, a insisté M. Dalli qui s'exprimait devant le Parlement européen à Strasbourg.

Le commissaire européen à l'Agriculture Dacian Ciolos a de son côté proposé à Luxembourg une aide de 150 millions d'euros pour les producteurs frappés par les conséquences économiques de l'épidémie due à la bactérie ECEH. Les ministres de l'Agriculture de l'Union européenne tenaient une réunion d'urgence consacrée à l'impact de la crise.

Le mystère persiste

L'origine de la contamination par la bactérie ECEH reste pour le moment mystérieuse. Les résultats initiaux des analyses en laboratoire effectuées sur les graines germées d'une ferme biologique du nord de l'Allemagne sont négatifs, a annoncé lundi le ministère de l'Agriculture du Land (Etat régional) de Basse-Saxe, en reconnaissant ne pas attendre de clarification «à court terme».

Dimanche, les mêmes autorités régionales avaient pourtant annoncé que les premiers tests mettaient en cause 18 types de germes de graines -notamment de soja, de haricots, de brocolis, de lentilles ou encore de radis- produits dans une exploitation de Bienenbüttel, située entre Hambourg et Hanovre (nord).

Selon les analyses pratiquées en laboratoire, il s'agit apparemment d'une nouvelle fausse piste, après celle des concombres espagnols, désignés à tort par les autorités sanitaires allemandes.

Les résultats initiaux, portant sur 23 des 40 échantillons de germes de graines analysés, montrent qu'il ne s'agit pas de la souche virulente qui a fait selon un dernier bilan 24 morts et intoxiqué 2.325 en Europe, principalement en Allemagne. Cette bactérie Escheria coli entérohémorragique (ECEH) fabrique des toxines pouvant provoquer des diarrhées sanglantes et dans les cas les plus graves un syndrome hémolytique-urémique (SHU) parfois mortel. Selon l'Institut allemand Robert-Koch, établissement de référence en matière de recherche et de santé publique, le nombre de nouveaux cas apparaît en diminution, mais il est encore trop tôt pour savoir si l'épidémie a atteint ou non un pic.

Des tests complémentaires sont en cours pour les 17 autres échantillons de germes de graine, selon le ministère régional de l'Agriculture. «La recherche de l'origine de l'épidémie est très difficile et plusieurs semaines se sont écoulées depuis son début présumé», note le ministère en soulignant que d'autres analyses seront nécessaires. La «conclusion des enquêtes et une clarification de l'origine de la contamination ne sont pas attendus à court terme», reconnaît-il.

Des réunions au sommet

Lundi à Luxembourg, les ministres de la Santé de l'UE ont fait le point sur la situation. Sur la défensive, la secrétaire d'Etat allemande Annette Widmann-Mauz a justifié la gestion de la crise par son pays, et notamment sa décision de désigner des concombres produits en Espagne comme l'origine possible de la contamination. Les analyses ont montré par la suite que les concombres ont été contaminés par une autre souche de la bactérie E.coli, et non par la variété pathogène pour l'homme.

Les producteurs espagnols soulignent avoir subi un préjudice considérable, et Madrid demande des explications à l'Allemagne.

(ap)