Espagne

20 octobre 2011 20:13; Act: 20.10.2011 21:37 Print

L'ETA annonce «l'arrêt de son activité armée»

L'organisation terroriste ETA a décidé jeudi de ne plus continuer son activité armée.

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L'ETA a annoncé renoncer à son combat armé. (Photo: AFP)

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Le groupe basque armé ETA a annoncé jeudi «l'arrêt définitif de son activité armée», après plus de 40 ans de lutte pour l'indépendance du Pays basque. Ce tournant historique a été salué comme une «victoire de la démocratie» par le chef du gouvernement espagnol José Luis Zapatero.

Trois militants de l'ETA cagoulés, vêtus de noir, ont fait cette annonce assis à une table portant l'emblême de l'ETA, la hache entourée d'un serpent, dans une vidéo diffusée par le journal basque Gara.

«L'ETA a décidé l'arrêt définitif de son activité armée», a déclaré le communiqué, traduit en espagnol, français et anglais, qui appelle l'Espagne et la France à ouvrir un dialogue.

«Victoire de la démocratie»

«L'ETA lance un appel aux gouvernements d'Espagne et de France pour ouvrir un processus de dialogue direct qui aura comme objectif la résolution des conséquences du conflit et, en conséquence, le dépassement de la confrontation armée», ajoute le texte.

M. Zapatero a immédiatement salué «la victoire de la démocratie, de la loi et de la raison», «conscient de l'importance capitale de l'annonce» de l'ETA. Favori des élections législatives du 20 novembre, le chef de l'opposition de droite Mariano Rajoy a lui aussi salué «un pas très important» de l'ETA, mais a réclamé «la dissolution irréversible» du groupe armé.

Le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, est allé dans le même sens. Il a «salué» l'annonce de l'ETA, jugeant qu'elle devait désormais «désarmer et être dissoute». Le juge espagnol Baltasar Garzon a pour sa part lancé un appel à l'organisation armée pour qu'elle cesse «toute activité» et se dissolve.

Plusieurs gestes

Très affaiblie, alors que sa vitrine politique au contraire gagnait en crédibilité, l'organisation séparatiste née sous la dictature franquiste n'avait pas commis d'attentat en Espagne depuis 2009.

Ces derniers mois ont été jalonnés de gestes de la part de l'ETA semblant indiquer que se profilait la fin de la lutte armée, sous la pression de la gauche indépendantiste qui a peu à peu pris ses distances avec la violence, préférant défendre ses idéaux par les urnes.

Un responsable au Pays basque français de Batasuna, bras politique de l'ETA interdit en Espagne mais légal en France, a salué une «décision historique» de l'organisation séparatiste.

«La solution politique du conflit (...) reste à construire», a cependant estimé Jean-François Lefort, membre du bureau national de Batasuna en demandant à toutes les parties de «se mettre autour d'une table et à mettre en place des solutions».

Le premier pas notable remonte au le 5 septembre 2010 lorsque l'organisation clandestine avait annoncé qu'elle «ne mènerait pas d'actions offensives armées». Plus significative encore, l'étape du 10 janvier 2011: l'ETA annonce un cessez-le-feu «permanent et général», mais jugé insuffisant par le gouvernement.

Voie politique privilégie

Parallèlement, son bras politique Batasuna, illégal en Espagne depuis 2003 mais désireux de sortir de son ostracisme électoral, faisait monter la pression pour que le groupe armé déclare une trêve.

En novembre 2010, Batasuna annonçait la création d'un nouveau parti rejetant la violence, préambule à la légalisation de Bildu, alliance électorale autour de la mouvance Batasuna, qui a remporté un succès écrasant aux élections locales du mois de mai, devenant la deuxième force politique du Pays basque derrière les nationalistes de centre-droit du PNV.

Et lors des législatives du 20 novembre, les partisans de l'indépendance espèrent encore élargir leur audience, réunis dans une nouvelle coalition sous l'étiquette Amaiur.

Ces derniers mois, l'ETA avait encore fait plusieurs gestes, annonçant par exemple fin avril qu'elle mettait fin aux extorsions, une pratique historique visant les entrepreneurs du Pays basque qui constituait l'une de ses principales sources de financement.

Le 23 septembre, un collectif rassemblant les 700 prisonniers de l'ETA annonçait son intention d'adhérer à un accord réclamant l'abandon des armes.

(ats/afp)