Espagne

16 mai 2012 10:45; Act: 16.05.2012 15:22 Print

L'ETA tente de relancer le dialogue

L'organisation séparatiste basque affirme avoir désigné une délégation pour amorcer un dialogue direct avec les gouvernements d'Espagne et de France.

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L'organisation séparatiste basque ETA a déclaré mercredi avoir «désigné une délégation pour amorcer un dialogue direct avec les gouvernements d'Espagne et de France». L'Espagne a de nouveau exigé la «dissolution sans conditions» de l'organisation.

«La communauté européenne et l'ensemble des institutions européennes se trouvent devant un défi qui consiste à soutenir et à promouvoir un processus ouvert visant une solution définitive au conflit qui persiste au coeur de l'Europe», conclut l'organisation dans un «communiqué à la communauté européenne» transmis à l'AFP.

L'ETA avait annoncé le 20 octobre abandonner définitivement son activité armée en appelant, sans succès jusqu'à présent, Paris et Madrid au dialogue.

«La seule nouvelle que nous attendons est celle de sa dissolution sans conditions», a déclaré de son côté au Parlement espagnol le ministre de l'Intérieur, Jorge Fernandez Diaz, en réponse à cette annonce. Il a réaffirmé que l'Espagne refusait de négocier et d'amnistier les prisonniers de l'ETA.

Souhait par Madrid

Le gouvernement conservateur espagnol a toujours jugé insuffisante l'annonce faite le 20 octobre 2011 par l'ETA. Le groupe avait alors mis fin définitivement à la violence, mais n'avait pas déposé les armes et n'avait pas non plus annoncé sa dissolution.

«Il n'y a pas eu et il n'y aura pas de négociation politique. Il n'y a pas eu et il n'y aura pas d'amnistie», a déclaré M. Fernandez Diaz.

«Il n'y aura pas de rapprochement massif des prisonniers de l'ETA dans les prisons du Pays basque. Il ne sera pas mis fin à la politique de dispersion tant que l'ETA ne prononcera pas sa dissolution sans conditions», a-t-il encore ajouté.

Mesure récemment

Les familles de prisonniers réclament depuis longtemps le regroupement au Pays basque des détenus, au nombre d'environ 700, aujourd'hui dispersés dans des prisons d'Espagne et de France.

Le gouvernement refuse également un tel regroupement. Il avait annoncé le 26 avril un nouveau plan destiné à faciliter la réinsertion de certains détenus qui accepteraient de renoncer à la violence.

L'ETA est considérée comme responsable du décès de 829 personnes en plus de 40 ans de lutte armée pour l'indépendance du Pays basque.

(afp)