Etats-Unis

01 février 2019 02:24; Act: 02.02.2019 07:31 Print

L'Eglise continue son opération transparence

L'Eglise catholique américaine a dévoilé les noms de près de 300 prêtres accusés d'actes pédophiles, au Texas.

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Le cardinal Daniel DiNardo a dévoilé les noms de 300 prêtres, accusés d'actes pédophiles, parfois depuis les années 50. (Photo: AFP)

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L'opération transparence de l'Eglise catholique américaine se poursuit avec la publication jeudi par les diocèses du Texas de près de 300 noms de prêtres accusés d'actes pédophiles depuis 1950. Ceux de Californie sont appelés à en faire de même.

Après l'Etat de Washington, l'Illinois ou l'ordre des jésuites, ce sont les 15 diocèses du deuxième Etat le plus peuplé du pays qui ont rendu publics les noms de prêtres ayant été visés par des «accusations crédibles d'agression sexuelle sur mineur» au cours des dernières décennies.

Le diocèse de San Antonio a publié 57 noms, celui de Houston 42, Dallas 31... Certains noms figurent dans plusieurs listes et, au total, près de 300 prêtres prédateurs sont cités, dont un grand nombre sont décédés.

«Au nom de tous ceux qui ont échoué à le faire, j'adresse mes plus sincères excuses» aux victimes, a écrit le cardinal Daniel DiNardo dans un communiqué. «Notre Eglise a été lacérée par cette blessure et nous devons agir pour la soigner», a ajouté le président de la conférence des évêques américains.

En Californie, le diocèse de San Bernardino avait déjà révélé en octobre les noms de 35 religieux impliqués dans des abus sexuels, tous morts ou exclus de l'Eglise. Mais ils seraient en réalité 84 au total, selon un cabinet d'avocats représentant l'une des victimes, qui a compilé articles de presse, documents judiciaires et informations provenant d'autres diocèses afin d'établir une liste. Il réclame à présent aux autorités religieuses californiennes la publication de l'intégralité des noms.

Sur ces 84 prêtres, 53 sont morts, mais on ignore si les autres font toujours partie du clergé, s'ils sont toujours présents aux Etats-Unis et s'ils sont tenus à l'écart de tout contact avec le public, expliquent les avocats. «Le reste de l'information est en possession des autorités cléricales. Nous exhortons les évêques à faire ce qui est juste» pour montrer «aux victimes qu'elles ne sont pas seules, qu'elles n'ont rien fait de mal», a lancé lors d'une conférence de presse Mike Reck, avocat au cabinet Jeff Anderson & Associates.

Au nom de l'une des victimes, Tom Emmens, il a entamé une action en justice à Los Angeles pour exiger que chacun des onze diocèses de Californie divulgue le nom des religieux accusés d'agression sexuelle. «Je n'étais pas protégé, le moins que je puisse faire est d'essayer de protéger les autres», a expliqué M. Emmens.

Parole libérée

L'Eglise catholique américaine a été ébranlée en 2002 par une série d'articles de presse sur des abus commis à Boston pendant des décennies. Ces révélations ont libéré la parole des victimes dans tout le pays. Depuis, de nombreux prêtres ont été exclus du clergé et poursuivis en justice. L'Eglise a aussi versé des sommes importantes pour dédommager les victimes.

Cet été, les services du procureur de Pennsylvanie ont porté un nouveau coup dur à l'Eglise, en détaillant les abus perpétrés par plus de 300 prêtres de cet Etat sur un millier d'enfants au cours de plusieurs décennies.

La justice a depuis ouvert des enquêtes dans de nombreux Etats et plusieurs diocèses ont ouvert leurs archives. Mais plusieurs voix se sont interrogées sur la valeur des listes proposées. La procureure de l'Illinois a ainsi accusé fin décembre le clergé local d'avoir publié une liste omettant «les accusations contre au moins 500 prêtres». «L'Eglise catholique n'est pas capable de faire sa police elle-même», avait estimé Lisa Madigan.

(nxp/afp)