Proche-Orient

15 juillet 2014 06:01; Act: 15.07.2014 07:10 Print

L'Egypte propose un cessez-le-feu

Le Caire a présenté lundi une initiative destinée à mettre fin au conflit entre Israël et les activistes palestiniens, proposant une trêve suivie de négociations.

Sur ce sujet
Une faute?

Benyamin Netanyahou va réunir son cabinet de sécurité mardi pour pour «examiner sérieusement» la proposition égyptienne, a indiqué un membre de son administration. Selon un correspondant du quotidien «Haaretz», le premier ministre israélien serait disposé à l'accepter.

Mais le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a d'ores et déjà rejeté tout cessez-le-feu qui n'inclurait pas un accord complet sur le conflit l'opposant à Israël. Peu après, sa branche armée s'y est également opposée et a menacé d'intensifier ses attaques.

Le Hamas exige l'arrêt des bombardements, la fin du blocus de Gaza en place depuis 2006, l'ouverture du poste frontalier de Rafah avec l'Egypte et la libération des prisonniers à nouveau arrêtés après avoir été relâchés dans le cadre de l'accord d'échange du soldat israélien Shalit.

Obama soutient la trêve

La proposition égyptienne, qui prendrait effet mardi à 6h GMT (8h en Suisse), appelle un «arrêt total des hostilités aériennes, maritimes ou terrestres» dans les 12 heures suivantes, suivi par des discussions au Caire entre les deux parties dans les 48 heures, précise l'agence de presse égyptienne Mena.

L'initiative a immédiatement reçu de nombreux soutiens, dont celui du président américain Barack Obama et de son homologue palestinien Mahmoud Abbas. La Ligue arabe a elle salué une proposition «destinée à sauver la vie d'innocents».

L'émissaire du Quartette pour le Proche-Orient, Tony Blair, a félicité l'offre du Caire qui pourrait «arrêter la perte tragique de vie humaine, les roquettes sur Israël».

Selon l'agence de presse égyptienne Mena, le secrétaire d'Etat américain John Kerry est attendu dans la capitale égyptienne ce mardi pour discuter du conflit avec les autorités égyptiennes. Il s'était à nouveau dit dimanche prêt à faciliter une cessation des hostilités.

Drone palestinien intercepté

Sur le terrain, l'armée israélienne a annoncé avoir abattu un drone tiré de la bande de Gaza. C'est la première fois qu'est signalée l'utilisation d'un avion sans pilote par les mouvements palestiniens de ce territoire côtier.

Les débris du drone sont retombés près d'Ashdod, ville portuaire israélienne située à 25 kilomètres de la bande de Gaza. L'armée s'emploie à déterminer s'il emportait des explosifs.

Avions et navires israéliens ont ouvert le feu lundi sur plusieurs dizaines d'objectifs situés dans l'enclave palestinienne tandis que, selon l'armée israélienne, plus de 115 roquettes ont visé le territoire israélien, blessant un garçon dans la ville d'Ashdod, où une maison a été endommagée, ainsi que deux filles, de 11 et 13 ans, près de Beersheba.

Roquettes sur Tel Aviv

Après une accalmie dans la matinée, les roquettes ont recommencé à s'abattre dans la soirée sur Tel Aviv, à l'heure de sortie des bureaux. Le système d'interception des missiles «Dôme de fer» est entré en action. Les autorités israéliennes n'ont pas fait état de victimes ou de dégâts dans la ville.

Selon l'armée israélienne, plus de 800 roquettes ont atteint le territoire de l'Etat hébreu en une semaine. Elles ont fait quatre blessés graves. En 2012, six Israéliens avaient été tués.

En Israël, trois personnes ont avoué avoir brûlé vif début juillet un jeune Palestinien de 16 ans pour venger le meurtre de trois Israéliens en juin, que les autorités israéliennes attribuent au Hamas.

Ces deux affaires ont contribué à exacerber les tensions qui ont abouti au déclenchement mardi dernier des hostilités, les plus meurtrières dans la bande de Gaza depuis novembre 2012, lorsque 180 Palestiniens et six Israéliens avaient péri.

(afp)