Europe

16 mai 2012 15:39; Act: 16.05.2012 15:53 Print

L'Espace Schengen «fonctionne bien»

La Commission européenne a présenté, mercredi, un premier bilan de l'espace européen sans frontières. Malgré certains petits défauts, le système est jugé satisfaisant.

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«Ce premier bilan de santé montre que le système fonctionne bien, malgré quelques faiblesses mineures», a affirmé la commissaire chargée des Affaires intérieures, Cecilia Malmström, sur son compte twitter.

La Commission souligne que «la pression aux frontières extérieures de Schengen se concentre sur un nombre limité de points sensibles, en particulier sur l'axe de la Méditerranée orientale qui passe par la Turquie et la Grèce».

Le rapport, consultable via un lien fourni par Mme Malmström, dénonce «de graves insuffisances identifiées en Grèce» et recommande de «soutenir les actions entreprises par ce pays pour gérer ses frontières extérieures».

Autre rapport moins enthousiaste

Dans un récent rapport, Frontex, l'agence européenne responsable de la gestion des frontières extérieures de l'UE, se montrait beaucoup plus réservée sur le fonctionnement de Schengen.

«La frontière entre la Grèce et la Turquie va demeurer l'une des zones avec le plus grand nombre de passages clandestins de la frontière extérieure sur la Méditerranée orientale», a ainsi mis en garde cette agence de l'UE. Frontex précise que le nombre de passages clandestins --55.000 bloqués en 2012 -- a augmenté de 12% en un an sur cet axe.

«De plus en plus d'immigrants vont profiter de la politique de visas de la Turquie et de la multiplication des liaisons aériennes pour transiter par la Turquie et tenter de gagner illégalement l'UE», a estimé Frontex.

L'agence met en avant par ailleurs une autre faille dans le contrôle des frontières extérieures de l'UE: «les coupes budgétaires imposées à de nombreux Etats par les plans d'austérité risquent d'accélérer la corruption et de rendre vulnérables certaines frontières extérieures».

«La commission publie toujours des synthèses molles»

La Commission européenne a reconnu que «ces questions n'étaient pas abordées» dans son bilan de santé, qui concerne seulement «l'application de l'acquis de Schengen».

«C'est un document assez lisse», a commenté une source européenne. «La Commission publie toujours des synthèses molles, dans lesquelles on ne se retrouve pas», a-t-elle déploré.

Cette manière de procéder est l'illustration des divergences opposant la Commission européenne à de nombreux Etats membres. «Schengen n'est pas un outil pour gérer les migrations», soutient en effet Cécilia Malmström.

La France et l'Allemagne, pays de destination de nombre de migrants illégaux, ont une toute autre approche et considèrent que Schengen doit également être «une protection contre les entrées irrégulières».

(afp)