Elections

25 mai 2019 12:33; Act: 25.05.2019 22:12 Print

L'Europe en week-end électoral

Lettons, Maltais et Slovaques sont entrés dans la danse des élections européennes samedi pour choisir les nouveaux membres du Parlement européen.

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Frans Timmermans, candidat à la succession de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne.

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Trois nouveaux pays sont passés aux urnes samedi, avant une vingtaine dimanche, pour élire les députés au Parlement européen. Les sondages laissent présager une montée en puissance de l'extrême droite et des partis eurosceptiques.

Lettons, Maltais et Slovaques ont voté samedi, tout comme les Tchèques qui avaient déjà commencé la veille avec les Irlandais. Le vote dans la plupart des 28 pays de l'UE, dont la France, l'Allemagne et l'Italie, n'aura lieu que dimanche.

Les scores des partis d'extrême droite du Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen en France et de La Ligue de Matteo Salvini en Italie, ennemis déclarés des projets européens du président français Emmanuel Macron, font partie des résultats qui seront scrutés.

Tout comme celui de l'europhobe Nigel Farage. Son parti du Brexit est attendu largement en tête au Royaume-Uni, où des élections ont été organisées en catastrophe jeudi après le report du Brexit à fin octobre.

Globalement, l'ensemble des forces eurosceptiques, populistes et nationalistes devraient selon les sondages enregistrer une nette progression au sein du Parlement européen, où siègent pour cinq ans 751 eurodéputés jouant un rôle clé dans l'élaboration des lois européennes.

Reste à connaître l'ampleur de cette poussée et son impact sur l'équilibre des forces politiques au sein de l'hémicycle européen. Le taux d'abstention parmi les 427 millions d'électeurs estimés sera lui aussi un enjeu.

Pro-européens en tête en Irlande

En Irlande, où le vote a eu lieu vendredi sur fond d'inquiétudes liées au Brexit, le parti pro-européen du Premier ministre Leo Varadkar était selon des sondages en tête du scrutin.

«La vague Verte a déferlé sur les côtes irlandaises», s'est par ailleurs réjoui samedi Bas Eickhout, candidat des Verts à la présidence de la Commission européenne, satisfait des résultats pressentis, après des sondages déjà encourageants aux Pays-Bas.

Le vote des Néerlandais jeudi a surtout été remarqué en raison d'une percée surprise des travaillistes (PvdA), selon un sondage. Le parti de Frans Timmermans, candidat à la succession de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, devancerait les libéraux (VVD), ainsi que les populistes (FvD) qui étaient pourtant attendus en force.

En Autriche, l'impact pour l'extrême droite (FPÖ) du scandale autour de son patron et ex-vice chancelier Heinz-Christian Strache reste incertain. Dans une vidéo en caméra cachée datant de 2017 et diffusée mi-mai, il s'était montré disposé à offrir d'importants marchés publics à un oligarque russe en échange de financements occultes.

Discours anti-migrants porteur

En revanche, la Ligue du ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini, portée par son discours anti-migrants, devrait être l'un des grands gagnants en sièges des élections européennes.

Quant au RN de son alliée Marine Le Pen, cheffe de l'extrême droite française, il est en tête des intentions de vote en France, devant la liste soutenue par le président Emmanuel Macron, qui ambitionne pourtant de jouer un rôle pivot au sein du nouveau Parlement européen.

Le groupe politique commun de la Ligue et du RN, l'ENL, qui compte actuellement 37 élus, devrait sortir renforcé des élections, avec plus d'une soixantaine d'élus selon les sondages.

Le groupe populiste EFDD, où siège de son côté le Mouvement Cinq Etoiles italien et que devrait rallier le nouveau parti europhobe de Nigel Farage, devrait lui aussi progresser.

Divergences sur la Russie

Mais même en additionnant les gains envisageables pour ces groupes avec les sièges du groupe ECR (où se trouvent les Tories Britanniques et les Polonais du parti PiS au pouvoir à Varsovie), les forces eurosceptiques et europhobes sont loin de pouvoir envisager une majorité au Parlement européen.

Et ce d'autant plus que leurs velléités d'alliance se heurtent à de profondes divergences, comme sur l'attitude à avoir face à la Russie.

Les jeux de recomposition des alliances au Parlement européen seront cruciaux dans la course aux postes clés des institutions européennes, en particulier celui du successeur de Jean-Claude Juncker, membre du PPE, à la tête de la Commission européenne.

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(nxp/ats)