France

05 février 2019 18:33; Act: 05.02.2019 18:45 Print

L'Hexagone se dote d'une loi «anticasseurs»

L'Assemblée nationale s'est prononcée en faveur d'une proposition pour limiter les manifestations, mardi.

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Les interdictions de manifester peuvent être prises par les préfets, sous peine de six mois d'emprisonnement et 8560 francs d'amende. (Photo: AFP)

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Par un très large vote, l'Assemblée nationale a adopté mardi la proposition de loi LR controversée «anticasseurs» remaniée par la majorité. Mais 50 députés LREM, un record, ont marqué par l'abstention leur refus des interdictions préventives de manifester.

Dans une ambiance chahutée, la grande majorité des députés LREM et MoDem, ainsi que des LR et UDI ont voté pour, l'ensemble de la gauche s'est prononcé contre, de même que les élus RN. Déjà approuvé par les sénateurs en octobre, le texte a été validé au Palais Bourbon en première lecture par 387 voix contre 92, et 74 abstentions.

«Il n'y a pas de malaise»

Cinquante «marcheurs», dont le vice-président de l'Assemblée Hugues Renson, la présidente de commission Barbara Pompili, ainsi que Matthieu Orphelin, Aurélien Taché et encore Sonia Krimi ont fait le choix de l'abstention, un chiffre jamais atteint depuis 2017 sur un texte soutenu par le gouvernement. Mais aucun n'a voté contre.

Sur la loi asile-immigration il y a quelques mois au même stade, les abstentionnistes étaient 14 (et un contre).

«Le texte a été voté» et «il n'y a pas de malaise», a balayé le patron du groupe majoritaire Gilles Le Gendre, qui tablait pourtant lundi sur une vingtaine d'abstentions sur un texte «équilibré».

Principe du casseur-payeur

Outre les interdictions de manifester pouvant être prises par les préfets, sous peine de six mois d'emprisonnement et 7500 euros (8560 francs) d'amende, il est également prévu la possibilité de fouilles pour trouver des «armes par destination», sur réquisition du procureur, et encore le principe du «casseur-payeur».

La proposition de loi retournera au Sénat dès le 12 mars pour une deuxième lecture, le gouvernement, qui l'a reprise à son compte début janvier, souhaitant une adoption définitive rapide dans le contexte des manifestations récurrentes des «gilets jaunes».

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, qui entend donner des gages à certains syndicats policiers, a répété mardi que ce n'est «pas une loi de la peur», «pas une loi de circonstance mais une loi de bon sens» à l'égard des «brutes» qui empêchent de manifester.

(nxp/ats)