Attentat déjoué en France

04 juillet 2018 23:53; Act: 06.07.2018 06:38 Print

L'Iran accuse les Moudjahidine du peuple

Téhéran soupçonne les Moudjahidine du peuple d'être derrière le projet d'attentat à l'explosif prévu à Villepinte, mais déjoué.

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Le rassemblement du MEK a tout de même eu lieu, samedi dernier à Villepinte, près de Paris. (Photo: AFP)

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Les personnes arrêtées en Belgique en lien avec un projet d'attentat contre un rassemblement organisé près de Paris par les Moudjahidine du peuple (MEK) appartiennent en fait à ce groupe d'opposition iranien, affirme le site internet du ministère des Affaires étrangères iranien.

«Sur la base des informations disponibles, les individus arrêtés en Belgique sont des éléments opérationnels connus du MEK», écrit le ministère mercredi en citant le porte-parole des Affaires étrangères, Bahram Ghassemi. L'Iran considère comme des «terroristes» les membres de ce groupe d'inspiration marxiste fondé en 1965 et interdit par Téhéran depuis 1981.

Les autorités françaises et belges ont annoncé lundi l'arrestation en Belgique d'un couple de Belges d'origine iranienne soupçonnés d'avoir voulu commettre un attentat à l'explosif contre un rassemblement du MEK organisé samedi à Villepinte près de Paris, et auquel ont pris part plusieurs personnalités politiques américaines, comme l'ancien maire de New York, Rudy Giuliani, aujourd'hui avocat personnel du président américain Donald Trump.

Tournée européenne pour Rohani

Cette annonce a coïncidé avec le début d'une tournée européenne de trois jours du président iranien Hassan Rohani, venu chercher en Suisse et en Autriche des garanties économiques que Téhéran réclame pour pouvoir continuer d'adhérer à l'accord international sur le nucléaire iranien de 2015, après le retrait des Etats-Unis de ce pacte, annoncé en mai.

Ironisant sur cette coïncidence, le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, qui accompagne M. Rohani en Europe, a affirmé lundi que l'affaire de l'attentat déjoué de Villepinte était une machination destinée à nuire à l'Iran et proposé l'aide de son pays pour faire émerger la vérité.

Alors que M. Rohani doit avoir des entretiens officiels à Vienne mercredi, les autorités autrichiennes ont demandé à l'Iran de lever l'immunité d'un diplomate iranien en poste dans la capitale autrichienne et arrêté en Allemagne sur des soupçons d'implication dans ce projet présumé d'attentat à Villepinte.

L'ambassadeur de France en Iran convoqué

Les autorités iraniennes n'avaient pas réagi publiquement à cette demande mercredi. Selon l'agence officielle iranienne Irna, l'ambassadeur de France en Iran, François Sénémaud, a été convoqué au ministère des Affaires étrangères iranien pour entendre le directeur adjoint aux affaires européennes «protester vivement contre les activités du groupe terroriste MEK en France».

Pour le ministère, ajoute Irna, «les groupes terroristes extrémistes ne devraient pas être autorisés à trouver refuge (dans un pays) sous prétexte de la liberté d'expression et à promouvoir» ainsi leur idéologie.

La convocation de l'ambassadeur de France a été confirmée à l'AFP de source française. Mardi, le journal ultraconservateur Kayhan s'était indigné que le MEK ait pu tenir «une nouvelle fois» un rassemblement à Paris. Critiquant l'attitude indifférente selon lui des Affaires étrangères sur ce dossier, le journal avait appelé à l'«expulsion» de M. Sénémaud, qui doit bientôt quitter ses fonctions après avoir été nommé il y a quelques jours représentant personnel du président de la République française pour la Syrie.

(nxp/afp)