Nucléaire iranien

15 février 2020 05:16; Act: 15.02.2020 07:32 Print

«Nous n'avons pas exclu de faire machine arrière»

Téhéran a posé ses conditions pour revenir sur ses mesures prises pour se désengager de l'accord sur le nucléaire.

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L'Iran est disposé à annuler tout ou partie des mesures qu'il a prises pour se désengager de l'accord sur le nucléaire. Mais seulement si l'Europe lui assure en échange des avantages économiques «significatifs», a indiqué vendredi à Munich le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif. (Samedi 15 février 2020) Alors que la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni tentent le tout pour le tout afin que l'Iran respecte l'accord, Boris Johnson joue les trouble-fête. Le premier ministre britannique a lancé sur la BBC: «Le président Trump est un excellent négociateur (...). Travaillons ensemble pour remplacer (l'accord de 2015) et le remplacer par l'accord de Trump». (14 janvier 2020) Dans le cadre de son plan de réduction de ses engagements en matière nucléaire, l'Iran a affirmé qu'il ne se sentait désormais plus tenu par aucune limite «sur le nombre de ses centrifugeuses». (Dimanche 5 janvier 2020) Les États-Unis vont mettre fin à leur dérogation liée à l'installation nucléaire de Fordo, en Iran. (Lundi 18 novembre 2019) L'Iran a repris jeudi ses activités d'enrichissement d'uranium à l'usine souterraine de Fordo, conformément à sa décision annoncée mardi. (7 novembre 2019) Vue de l'entrée de l'usine de Natanz, en Iran. Téhéran a retiré il y a quelques jours l'accréditation d'une inspectrice onusienne à la suite d'un incident à l'entrée. (7 novembre 2019) Le ministre des Affaires étrangères allemand a exhorté mercredi l'Iran à revenir sur sa décision «inacceptable», prise la veille, de relancer ses activités d'enrichissement d'uranium. (Mercredi 6 novembre 2019) Sergueï Lavrov affirme que Téhéran a informé l'AIEA, que le pays réduisait ses obligations en matière de non-prolifération nucléaire. (6 novembre 2019) Washington dénonce un «chantage nucléaire» après l'annonce du président Rohani de la reprise des activités d'enrichissement d'uranium. (Mardi 5 novembre 2019) Après l'usine de Nataz, Téhéran a relancé l'enrichissement d'uranium sur son site de Fordo. (Mardi 5 novembre 2019) L'Iran réduit peu à peu ses engagements pris par son pays devant la communauté internationale en rapport avec son programme nucléaire. (Lundi 4 novembre 2019)

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L'Iran est disposé à annuler tout ou partie des mesures qu'il a prises pour se désengager de l'accord sur le nucléaire. Mais seulement si l'Europe lui assure en échange des avantages économiques «significatifs», a indiqué vendredi à Munich le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

Malgré les efforts des Européens pour le sauver, l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 menace de voler en éclats depuis que les États-Unis l'ont dénoncé unilatéralement en 2018. En riposte au retrait américain, l'Iran a renoncé à appliquer plusieurs engagements clés qu'il avait consentis aux termes de l'accord conclu à Vienne entre Téhéran et le groupe P5 1 (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne).

La crise du nucléaire iranien en images

Mohammad Javad Zarif a déclaré que l'Iran pourrait accepter à certaines conditions de revenir à une application plus stricte de l'accord. «Nous avons dit que nous étions prêts à ralentir ou à revenir sur ces mesures» de désengagement vis-à-vis de l'accord «en proportion de ce que l'Europe fera», a déclaré Mohammad Javad Zarif à des journalistes à la Conférence de Munich sur la sécurité.

«Nous déciderons si ce que l'Europe fait est suffisant pour que nous ralentissions ou que nous annulions certaines décisions - nous n'avons pas exclu de faire machine arrière en ce qui concerne certaines mesures que nous avons déjà prises».

«Dernière étape» de désengagement

Le 5 janvier, l'Iran a annoncé la «dernière étape» d'un plan de réduction de ses engagements, en affirmant s'affranchir désormais de toute limite sur le nombre des centrifugeuses qu'il s'autorise à faire tourner pour enrichir l'uranium.

L'accord de 2015 offre à l'Iran la levée d'une partie des sanctions internationales qui asphyxiaient son économie en échange de garanties destinées à prouver la nature exclusivement civile de son programme nucléaire. Mais le retrait des États-Unis et le rétablissement des sanctions américaines contre l'Iran prive la République islamique des bénéfices économiques qu'elle attendait de cet accord.

Le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell, avait eu début février des entretiens avec les dirigeants iraniens lors d'une visite à Téhéran destinée à tenter d'apaiser les tensions internationales autour de la question nucléaire iranienne.

(nxp/ats)