Iran

21 mai 2019 03:49; Act: 21.05.2019 07:02 Print

Téhéran ne fléchit pas face aux menaces américaines

Le ministre des Affaires étrangères iranien a répondu aux menaces de Donald Trump et n'est pas impressionné.

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Mohammad Javad Zarif, le ministre des Affaires étrangères de l'Iran. (Photo: AFP)

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Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif a répondu lundi aux menaces de Donald Trump en affirmant que les «railleries génocidaires» du président américain ne mettraient «pas fin à l'Iran».

L'hôte de la Maison Blanche «espère réussir là où Alexandre (le Grand), Gengis (Khan) et les autres agresseurs ont échoué», a écrit M. Zarif sur Twitter en référence à deux conquérants étrangers ayant dominé la Perse, l'ancien nom de l'Iran, à une période donnée de son histoire plurimillénaire.

«Les Iraniens sont restés debout pendant des millénaires alors que leurs agresseurs (sont) tous partis. Le #TerrorismeEconomique et les railleries génocidaires ne mettront pas fin à l'Iran », a-t-il lancé. «#NeJamaisMenacerUnIranien. Essayez le respect - ça marche», a aussi rétorqué M. Zarif.

La veille, M. Trump avait écrit sur le même réseau social: «si l'Iran veut se battre, ce sera la fin officielle de l'Iran. Plus jamais de menaces à l'encontre des Etats-Unis».

Lundi soir, le président américain, qui ne cesse de souffler le chaud et le froid, a pourtant semblé tempérer la réalité de la menace iranienne: «Nous n'avons aucune indication que quelque chose s'est passé ou va se passer», a déclaré M. Trump à des journalistes à la Maison Blanche, tout en renouvelant ses menaces en cas d'attaque.

Les relations entre Washington et Téhéran connaissent un nouvel accès de fièvre, après le renforcement début mai de la présence militaire américaine au Moyen-Orient pour faire face à de présumées «menaces» iraniennes. Elles ont réveillé les craintes d'un affrontement entre l'Iran et les Etats-Unis ou certains des alliés régionaux de Washington comme l'Arabie saoudite, que M. Zarif accuse de pousser M. Trump à adopter une ligne dure contre son pays.

«Encourager les crimes de guerre»

Face au renforcement militaire américain dans la région, l'Iran ne cesse de répéter qu'il ne veut pas la guerre tout en prédisant une «défaite» à l'Amérique si celle-ci décide de céder à l'«illusion» de vouloir l'attaquer.

M. Zarif a accusé dans un tweet certains responsables américains de «fouler aux pieds la diplomatie» et «d'encourager les crimes de guerre avec des ventes d'armes massives à des despotes».

Alors que la communauté internationale s'inquiète de ces tensions croissantes, le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a lui donné un conseil «aux Iraniens: ne sous-estimez pas la résolution de la partie américaine».

Les Américains «ne cherchent pas le conflit, ils ne veulent pas la guerre avec l'Iran, mais si des intérêts américains sont attaqués, ils riposteront et c'est une chose à laquelle les Iraniens doivent réfléchir très, très attentivement», a-t-il ajouté en faisant porter la responsabilité de la situation actuelle aux «activités déstabilisatrices» de l'Iran.

Historiquement mauvaises, les relations entre la République islamique d'Iran et les Etats-Unis se sont nettement détériorées depuis que M. Trump a décidé, en mai 2018, de dénoncer unilatéralement l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015. Par cet accord, censé apaiser les craintes de la communauté internationale relatives à une éventuelle fabrication par l'Iran de la bombe atomique, Téhéran a accepté de brider drastiquement son programme nucléaire en échange de la levée d'une partie des sanctions internationales.

«Fausse information»

Mais conséquence de la dénonciation de ce texte par Washington, l'administration de Donald Trump a rétabli les sanctions économiques américaines contre l'Iran. Cette politique, qualifiée de «terrorisme économique» par Téhéran, empêche l'Iran de bénéficier des avantages qu'il escomptait de l'accord nucléaire.

Engagé dans une politique de «pression maximale» vis-à-vis de Téhéran, M. Trump entend amener l'Iran à négocier un accord «meilleur» que celui de Vienne. Excluant toute négociation «avec le gouvernement américain actuel», l'Iran menace de se désengager progressivement de l'accord nucléaire si ses partenaires encore parties au texte (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) ne lui permettent pas de contourner les sanctions américaines et de bénéficier des avantages promis par ce pacte.

Après s'être dit ouvert à des discussions avec Téhéran, Donald Trump a aussi affirmé lundi que son administration n'avait pas cherché à engager un dialogue avec ce pays, ajoutant que Téhéran devrait faire le premier pas s'il souhaitait négocier avec Washington.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Boris G le 21.05.2019 07:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Make america weak again

    Le processus de fabrication de la guerre par les usa est en route. Cependant vu leurs forces en afghanistan et irak qui n'ont réussi à ne rien faire si ce n'est le chaos, je doute d'une victoire américaine. Ils dépenseront de l'argent et la chine et les russes regarderont s'embourber les usa, ils en profiteront pour l'affaiblir à distance et pour s'enrichir quand le géant s'affaiblit.

  • Mireille Maqueue le 21.05.2019 08:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L'Europe soumise

    On ne peut malheureusement pas en dire autant des dirigeants européens qui vivent à genou avec leur froc baissé devant les américains par peur de représailles économiques leur obéissant au doigt et à l'oeil. Combien de temps cette soumission malsaine va-t-elle encore durer ?

  • Candide le 21.05.2019 09:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Iran

    Respect pour l'Iran! Ces yankees, à force de se prendre pour les maîtres du monde commencent par me courir sur le fil.

Les derniers commentaires

  • Tom Granger le 21.05.2019 16:50 Report dénoncer ce commentaire

    Ahhh!

    Nouvelle humiliation en vue pour les U.S... Quand on aime, on ne compte pas.

  • Gabi le 21.05.2019 12:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Fini la parlotte

    Parfait, que les USA balayent l'état voyou iranien. Prochaine étape, la corée du nord.

    • Tabasco de gamma le 21.05.2019 17:26 Report dénoncer ce commentaire

      Le sens du mot voyou vous échappe

      Avant de raconter des sornettes, jetez un coups d'oeil sur ceci, comme cela vous comprendrez où sont les voyous :

  • Tristesse le 21.05.2019 12:08 Report dénoncer ce commentaire

    Le chien aboie et la caravane passe

    En fait, c'est nous qui sommes trop primaire, car à chaque intervention verbale de Trump, le prix du baril de pétrole remonte aussitôt. Avant son élection il était à 35$, et maintenant à 60-70$ Faut juste comprendre qu'aux states, beaucoup de puits de pétrole de schiste, qui ne sont pas rentables à extraire en dessous des 50$. Tout cela pour ça...

  • Lincoln le 21.05.2019 12:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Le monde change

    L'Iran, la Chine, la Russie et bientôt la Turquie maîtres du monde. Je vous laisse le soin de deviner le dénominateur commun de ces pays chers démocrates. Trump est seul à oser les contrarier.

    • Jean Luc le 21.05.2019 15:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Lincoln

      La Chine, la Russie et la Turquie ne sont un problème que pour les USA....

  • Tel guillaume & Co. le 21.05.2019 11:53 Report dénoncer ce commentaire

    Intérêts américains...

    Les USA s'imaginent que la planète leur appartient et, en conséquence, tout représente leurs intérêts ! Les pays, les entreprises, etc tout y passe ! je pourrais écrire des pages... Pourquoi nous laissons faire ?