Droits humains

12 avril 2019 19:39; Act: 12.04.2019 19:40 Print

L'ONU appelle la Libye à libérer les migrants

L'ONU a lancé vendredi un «appel urgent» pour la «libération immédiate» et «l'évacuation» de plus de 1500 réfugiés et migrants détenus en Libye.

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Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés a demandé des «couloirs humanitaires» pour évacuer les plus vulnérables du pays qui sont actuellement détenus et «pris entre deux feux» en Libye.

«Plus de 1500 réfugiés et migrants seraient piégés dans des centres de détention où les hostilités font rage», a indiqué le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) dans un communiqué. «Les risques pour leur vie augmentent d'heure en heure. Il est urgent de les mettre à l'abri. C'est une question de vie ou de mort», a déclaré le chef du HCR, Filippo Grandi, cité dans le communiqué.

«A la lumière de l'aggravation dramatique de la situation sécuritaire dans la capitale libyenne», le HCR «demande de toute urgence la libération immédiate» de ces réfugiés et migrants qui se trouvent dans des lieux de détention, dont «bon nombre (...) se trouvent dans des zones où les combats se poursuivent». «Le HCR lance un appel urgent pour la libération et l'évacuation des réfugiés détenus pris entre deux feux en Libye», a-t-il insisté.

Migrants rapatriés

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a pour sa part annoncé avoir rapatrié par avion 160 migrants à destination de trois pays africains depuis Tripoli.

Jeudi soir, «un vol charter à destination du Mali, puis la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso, a transporté 160 migrants (...) dont 16 enfants et 20 femmes», a indiqué vendredi un communiqué de l'OIM en Libye.

Plus de 16'000 migrants ont été rapatriés de Libye en 2018 grâce au programme «Retour volontaire» de l'OIM, présente dans ce pays nord-africain en plein chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. «Depuis le début de l'année, 3175 migrants, détenus dans des centres et des zones urbaines, ont été rapatriés (...) grâce à des vols charter au départ de Benghazi, Sebha, Misrata et Tripoli», a indiqué l'OIM.

Offensive contre Tripoli

Le maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'est libyen, a lancé le 4 avril une offensive pour s'emparer de Tripoli, siège du gouvernement d'union nationale (GNA), dirigé par Fayez al-Sarraj et reconnu par la communauté internationale. Avec son Armée nationale libyenne (ANL), non reconnue sur le plan international, le maréchal Haftar espère étendre son emprise sur l'ouest de ce pays pétrolier, alors qu'il contrôle déjà l'est et -plus récemment- le sud.

En face, les forces pro-GNA affirment être déterminées à mener une contre-offensive généralisée. Depuis l'escalade du conflit en Libye la semaine dernière, plus de 9500 personnes ont été contraintes de fuir leur foyer, selon le dernier décompte du HCR.

«A ce jour, une seule réinstallation facilitée par le HCR de 150 réfugiés vulnérables du centre de détention d'Ain Zara» vers un centre de rassemblement, appelé GDF, a été possible, a indiqué le HCR. Les efforts déployés par le HCR pour obtenir des transferts supplémentaires de réfugiés vulnérables en provenance d'autres centres de détention ont été entravés par des problèmes d'accès et de sécurité.

En outre, 728 réfugiés et migrants détenus dans le centre de Qasr Bin Ghasheer, et que le HCR souhaitait transférer vers le centre de détention de Zintan, loin des affrontements, ont refusé d'être déplacés. Ils ont demandé à être évacués hors de Libye.

(nxp/ats)